Tract quand tu nous tiens.

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Mardi 3 décembre 2013

Quand les élections arrivent, c’est comme l’éveil de la végétation au printemps. On voit d’abord les tracts comme les premiers bourgeons, puis les propositions et les promesses qui se fanent par la suite comme autant de fleurs éphémères. De cet embryon de pensée des premiers instants qui va se muer en projet final, l’échéance fatale arrivant, chacun en fonction de son inspiration ou de son imagination va décliner sur le papier ses arguments. A une époque où militer était dans l’ordre des choses, des hordes de supplétifs étaient disponibles pour nourrir les boites aux lettres, ou tendre au chaland sur le coin d’un marché la feuille tant chérie tout en l’accompagnant de bonnes paroles. Aujourd’hui, faute de combattants et de promesses non tenues, c’est bien souvent à grand frais pour le contribuable que le facteur ou une société privée se charge de cette mission, envoyant encore plus dans l’anonymat ceux qui portent le désir d’œuvrer pour les habitants. Il subsiste encore quelques nostalgiques capables de sortir de leur besace avec discrétion, comme on se transmettait dans le temps un texte censuré, le fameux sésame qui est censé conquérir le vote de l’électeur.

Ces derniers jours, la photo de Bernard Genin a investi nos boites aux lettres avec le journal des communistes de Vaulx-en-Velin, précédée auparavant par sa photo sur la lettre du Front de Gauche. Besoin impératif de communiquer mais pour dire quoi ? Annoncer la fête de l’humanité, pour faire de la politique nationale en tapant sur le gouvernement, la droite et le FN. Et enfin pour dire que la solution contre l’austérité et l’inquiétude des Vaudais, c’est lui, Maire de Vaulx-en-Velin et chef du Parti Communiste local. Sur ce, il sort le mouchoir pour sécher ses larmes et nous parler du mandat écoulé. Snif…le bilan des transports en commun est relativement médiocre, nous dit-il ! «On ne nous transporte pas ! » et d’insister «On nous roule !». Hé oui, mais ce n’est pas Bernard Genin, avec sa voiture de fonction, mais c’est nous les Vaudais qui sommes floués et que l’on roule dans la farine. Et ce n’est pas faute d’avoir attiré son attention pendant des années maintenant. Quelles en sont les conséquences ? Hé bien, comme le dit si bien M le maire, «La ville reste considérée comme un cul de sac ». Fort de ce constat, cela ne l’empêche pas de continuer à laisser le Grand Lyon « urbaniser » notre ville sans mettre en face les moyens en termes de transports. Rien de prévu pour les Vaudais dans le plan de mandat du Sytral avant des lustres (2030 c’est presque demain pour le maire mais loin pour les habitants). Oui nous savons, la municipalité s’indigne, ronchonne, Mais en finalité, rien n’avance. Pourtant de l’argent, le Grand Lyon en a trouvé pour le Stade des Lumières (que M le Maire a soutenu en échange du tramway au Mas) mais le tram n’arrivera pas de sitôt au Mas du Taureau : ce n’est pas un besoin d’intérêt général semble-t-il.

Bernard Genin nous parles ensuite de pistes cyclables et encore une fois, c’est de la faute du Grand Lyon si c’est la misère à Vaulx-en-Velin. D’ailleurs, pour ne pas montrer la réalité Vaudaise, plein de pudeur, il a mis une photo d’une piste cyclable située à Rillieux. C’est sans doute ce que Bernard Genin aurait « rêvé » pour les Vaudais, mais à MédiaVaulx nous avons consacré un article sur le sujet cliquer ici . C’est une question de choix : soit on finance les feux d’artifices et associations amies, soit on fait comme Décines et on dit au Grand Lyon, voilà 50 000 euros de plus et vous nous faites une belle piste cyclable.

Concernant les avions d’affaires qui polluent notre ciel, encore une fois, Bernard Genin s’indigne, tape du poing sur la table et parle d’une pétition lancée par un de ses fidèles du parti communiste dont on ne connaît ni les tenants, ni les aboutissants, car aucune signature n’a été déposée dans le cahier de doléances de l’enquête publique, contrairement aux 13 associations, qui elles, se sont mobilisées en déposant 1500 signatures. Bernard Genin veut organiser des actions en grand mais ne nous dit pas comment il compte s’y prendre. Nous n’avons vu ni Monsieur Gilbert Rémond, ni aucun élu Vaudais lors de la manifestation organisée le 30 Novembre. Il est vrai que ce jour-là, il y avait un vent glacé et la Fête de l’Humanité. A un moment donné il faut faire preuve de sincérité et arrêter de s’accaparer le travail des autres. Quand on a fauté, il faut le dire car faute avouée est à moitié pardonnée. Sur ce sujet du bruit des avions, une dernière question suscite notre interrogation et reste en suspens : pourquoi avoir signé autant de permis de construire juste avant la modification des règles d’isolation phonique en sachant les conséquences financières pour les futurs habitants ? La logique aurait voulu, afin de disposer d’un moyen de pression efficace, que Bernard Genin, Maire de Vaulx-en-Velin représentant l’intérêt des Vaudais, les refusent. Mais peut être qu’un intérêt supérieur a été prioritaire à la dernière minute : nous le saurons peut-être un jour…