Moi Je….. par Hélène Geoffroy

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Jeudi 19 décembre 2013

La campagne avance, lentement mais sûrement. En attendant les projets des différents candidats aux élections municipales, c’est, après Bernard Genin, au tour d’Hélène Geoffroy de s’adresser au Vaudais à travers une lettre-tract.

Avant de commenter sa prose, le premier constat que nous faisons, c’est le « presque abandon » du logo qui symbolise son appartenance au Parti Socialiste. Elle qui affichait fièrement la rose et ne manquait jamais une occasion pour rappeler son combat aux côtés de François Hollande, oublie de le mettre en avant. Peut être que les roses ne fleurissent pas en hiver ou tout simplement s’est-elle fanée au point de ne plus être présentable aux yeux des Vaudais, déçus comme beaucoup par la logique des mesures gouvernementales. Pourtant, ce logo se trouve en bas de la deuxième page, si petit qu’il faut presque une loupe pour le voir. Si elle avait pu le mettre sur la tranche de la feuille, elle l’aurait sûrement fait.

Madame Geoffroy commence sa lettre ouverte aux Vaudais dont nous sommes, en soulignant sur la première page le manque de sérieux de l’exécutif municipal actuellement en place et son « bilan globalement négatif » dont elle ne fera pas de commentaires. Revenons pourtant sur ce bilan tant décrié dont nous vous avons fait partager l’analyse chaque mercredi. Effectivement, il est négatif. Cependant Hélène Geoffroy ne peut s’en exonérer ainsi par une pirouette. Elle oublie plusieurs choses.

  • La première, c’est qu’en votant à 99 % toutes les délibérations depuis des années, elle a validé et encouragé les choix de l’exécutif ; à ce titre elle est donc également responsable des conséquences qu’elle dénonce.
  • La seconde, c’est que lorsque B. Genin héritier de la fonction comme elle le souligne, lui a proposé de rejoindre l’exécutif en 2009, ce n’est pas pour une question de projet que l’union ne s’est pas concrétisée. Non ! Là-dessus pas de désaccord. C’est pour une question de personne et nous ne vous referons pas l’historique des tensions qui s’en sont suivi au sein du parti socialiste où certains ont accepté la proposition de B. Genin (lire nos articles sur le sujet).
  • La troisième, c’est qu’en jouant aujourd’hui les vierges effarouchées, elle oublie de dire qu’elle est comptable de la situation que pourtant elle dénonce. En étant dans le mandat précédent l’adjointe de Maurice Charrier, elle a contribué à mettre en place et soutenir une politique dont celle que suit le maire actuel n’est que la continuité.

Hélène Geoffroy nous fait part de la souffrance qu’elle a éprouvé à travers son engagement et sa participation à la vie politique Vaudaise, que ce soit au niveau local ou national, soulignant « les errements de la politique municipale, ses improvisations, ses divisions … la gestion conduite avec trop de dilettantisme, amateurisme » et pour «  des intérêts personnels ». Elle rappelle que ce discrédit total a été relayé par la presse. Pourtant, en professionnelle avisée, tout ce que nous avons hérité de son opposition socialiste à la politique de Bernard Genin, c’est quelques bons mots au sein du conseil municipal lors de délibérations ponctuées par son soutien inflexible à ce dernier en votant « pour », y compris les budgets et les actes de gestion. Aujourd’hui, elle s’affiche en libératrice de la stigmatisation Vaudaise, voulant lutter contre la pression dictée par la loi du marché, la pression des promoteurs immobiliers et les chantiers du Grand Lyon. Mais que ne l’a telle fait, ne serait-ce qu’en soutien aux associations qui se sont régulièrement mobilisés pour faire des recours, obtenant la transformation des projets initiaux pour le bien des Vaudais. Qui a fait preuve de professionnalisme et d’engagement en subissant les affres de l’exécutif Vaudais et des promoteurs ? Ce n’est pas Mme Geoffroy qui cherche aujourd’hui à sortir du dogmatisme érigé en front antitout et d’une gouvernance qui implique que l’on soit au service des habitants et pas l’inverse. Il est certain qu’après plus d’une dizaine d’années passées à côtoyer l’exécutif municipal, de l’intérieur comme dans l’opposition, elle doit bien connaître les rouages d’une mécanique qu’elle dénonce. Aujourd’hui, elle sort du bois pour revendiquer le suffrage des électeurs mais sans exposer des faits. Nous, nous l’avons fait par exemple concernant la flotte des véhicules mise à disposition des adjoints. Lorsqu’on revendique une certaine droiture, est-il nécessaire d’attendre des élections pour dénoncer des pratiques que l’on juge aller à l’encontre de l’intérêt des Vaudais ? Avons-nous reçu au cours de ce mandat écoulé, un seul tract émanant d’Hélène Geoffroy ou du parti socialiste nous faisant part de son indignation sur tous les sujets qu’elle dénonce aujourd’hui?

Sur la seconde page de sa lettre, Hélène Geoffroy passe en revue les atouts de l’exception Vaudaise en termes de géographie, sociologie, histoire et souligne qu’il nous faut « vaincre cette forme d’inertie » qui a négligé nos potentialités. Pourtant si nous allons dans le mur aujourd’hui, c’est bien parce qu’hier, elle a contribué avec les socialistes de l’époque à tracer le chemin sur lequel nous sommes aujourd’hui car ce n’est pas du jour au lendemain que la transformation de la ville s’est muée en désastre. Nous attendons donc avec impatience le projet que veut nous faire partager Hélène Geoffroy. Puisqu’il semble qu’elle ait compris les enjeux de demain, nous espérons ne pas être déçus par un projet sans aspiration autres que celles annoncées dans le passé.

Quelques mots sont tabous dans le tract de Mme Geoffroy. Celui de « PS » qu’elle ne cite qu’une fois et dont le logo n’apparait qu’en tout petit-petit. Le mot de « cumul des mandats » car chacun l’aura compris elle veut cumuler Députée et Maire.Il y a un autre mot tabou dans son tract, c’est le mot « gauche ». Mot qui dans sa bouche pourtant sortait régulièrement comme un élément important de son engagement, soulignant même que la gauche n’avait pas pour vocation d’affaiblir la gauche pour expliquer son soutien à la politique de Bernard Genin. Elle appelle à un rassemblement républicain autour de son nom. Petit signe à destination des autres listes d’opposition au bilan négatif de Bernard Genin. De l’UMP à la liste citoyenne « Agir pour Vaulx-en-Velin » ? Lorsque l’on se pose en rassembleur en revendiquant le rôle de leader, cela ne peut que conduire à l’échec. Dans la logique des choses lorsqu’on prône un rassemblement, il semble nécessaire d’abord de mettre en avant le projet pour les Vaudais, les compétences, et peut-être reconnaitre que quelqu’un est mieux placé pour le conduire au lieu de nourrir son propre désir et sa certitude. Il est certain aujourd’hui que les Vaudais sont ouverts à un rassemblement de toutes celles et ceux qui partagent des valeurs et idées républicaines, laïques, écologiques, sociales, progressistes et citoyennes mais il n’est pas évidant qu’ils aient envie de suivre un responsable politique déçus années après années par des promesses non tenues.

Donc Hélène Geoffroy se sent la force de, cumuler le poste de maire dans une ville qui va demander un investissement énorme pour la redresser, assurer sa mission à l’Assemblée Nationale, et, peut être aussi occuper un poste de Vice-Présidente au Grand Lyon ou à la future métropole. N’est-ce pas prétentieux lorsqu’on parle de professionnalisme de multiplier les fonctions et ainsi se disperser ? C’est peut-être de ce professionnalisme politique dont se meurt notre pays à tous les échelons dont elle parle : celui qui conduit à en faire un métier, à ne penser qu’à sa propre réélection et à être déconnectée des réalités du terrain.

Pour conclure, elle appelle à « des élections éthiques et responsables » en indiquant que « les citoyens ne devront pas « se laisser intimider », « juger librement…. sans pression de l’avenir de notre ville ». Que signifie cette remarque ? Que des pressions existent de la part de la municipalité ? Que des pratiques conduisent à de l’intimidation ? Si tel est le cas, comment être certain de la sérénité de la campagne municipale. Ce sont des faits qu’il aurait fallu dénoncer à grand renfort d’information et avec des exemples pour montrer aux Vaudais la réalité de la situation qu’elle condamne ! A moins que Mme Geoffroy n’ose pas, puisqu’elle a annoncé avoir, elle-même, mis en place des « contre-pouvoirs » (lire l’article du Progrès sur le sujet). Qui sont ces contre-pouvoirs ? Des associations, des officines qu’elle a organisé et qu’elle finance pour lutter contre celles de son  adversaire communiste ? Nous attendons d’en savoir plus…