Quand on ne parle pas sécurité dans la campagne électorale

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Mardi 14 janvier 2014

Hier, juste après minuit, les pompiers et la police sont intervenus au bout de la Rue Franklin côté zone maraichère pour éteindre l’incendie d’un véhicule en flamme. Difficile d’avoir des doutes sur la nature de l’incendie à cette heure et dans un lieu aussi discret ; on peut légitimement supposer qu’il est volontaire. Un incendie de véhicule à Vaulx-en-Velin ne constitue pas en soit un fait divers exceptionnel ; ce qui est plus surprenant et ce dont on avait perdu quelque peu l’habitude c’est de les voir ôtés aussi vite de la vue des Vaudais. Il serait utile de voir nos Polices Nationale et Municipale aller aussi vite pour démanteler les trafics de drogue ou fermer les commerces illégaux ayant pignon sur rue, mais nous sommes en période électorale et ceci explique peut-être cela.

Qu’en est-il de la sécurité et de la tranquillité publique dans le programme des candidats ? Même si le maire s’est félicité lors d’un des derniers conseils municipaux, avec une pique à l’attention de Philippe Moine élu d’opposition UMP, des bons chiffres de la délinquance, il n’en demeure pas moins que nous sommes après quelques quartiers de Lyon le plus mauvais élève du Grand Lyon dans ce domaine avec un taux qui fluctue légèrement en plus ou en moins années après années. C’est ce qui nous a conduit à être classé en Zone de Sécurité Prioritaire pour une très grande partie de la ville (60 % de la ville, 25 000 habitants pour les quartiers de la Grappinière, du Mas du Taureau, du Centre-Ville, des Vernay-Verchères et de la Thibaude). Pas de quoi être fier et jouer les tartarins. En ce qui concerne les propositions de Bernard Genin, il ne faut pas s’attendre à une révolution. C’est sûrement la recette de la vidéo surveillance qui va être mise en avant. Mais avec une vingtaine de caméras, dont de nombreuses en panne, il n’est pas certain que la volonté ne soit couverte par l’image d’un dispositif qui ne produit aucun effet. D’autant que la coordination entre les polices nationale et municipale ne semble pas être de mise. Bernard Genin vise plutôt l’évitement des conflits quitte à laisser filer les problèmes tels les stationnements, les incivilités, etc… Nous ne sommes même pas certain que la ville dépose des plaintes lorsque du matériel public est saccagé comme ce fut le cas au mois d’aout à la Rize. Même le contrôle dans les transports en commun parait plus light à Vaulx. Pour Lutte Ouvrière, la sécurité et les incivilités n’ont jamais fait partie de leur programme. Leur crédo c’est le « national » : haro sur les gouvernements et le patronat responsables de tous les maux. Hélène Geoffroy quant à elle peut se prévaloir de la mise en place par le gouvernement socialiste des Zones de Sécurité Prioritaire. Comme il est un peu tôt pour en mesurer les effets à Vaulx-en-Velin, elle aurait tord de se priver de cet avantage. Pour l’UMP, la sécurité est une vrai priorité, mais sans donner pour l’instant des pistes sur les solutions préconisés. La liste « Agir pour Vaulx-en-Velin » lors de son lancement de campagne a abordé le sujet dés son exposé sur les finances indiquant que lors des rencontres en porte à porte avec les Vaudais, les questions des incivilités et de la sécurité étaient régulièrement soulevées. Stéphane Bertin à souligné quand à lui qu’avec 7 policiers municipaux pour une ville de 40 000 habitants il n’était pas possible d’assurer un rôle de proximité et de prévention, insistant sur le fait que ce sont 40 policiers municipaux qui sont nécessaires. Attendons donc le détail des mesures préconisées par nos candidats dans ce domaine.

Pour finir nous voudrions souligner un autre point. C’est l’état des locaux de notre commissariat. Notamment la partie qui accueille le public qui se trouve dans un état déplorable. Nous n’avons pas eu le plaisir de monter à l’étage, mais si le ramage est égal au plumage on ne peut pas dire que c’est un lieu qui respire la joie. Lorsque que l’on fait l’objet d’une incivilité ou pire et que l’on doit patienter dans l’espace réservé à cet usage, le sentiment d’hostilité vis-à-vis des protagonistes du délit ne fait que grandir tant les locaux sont d’une tristesse à rendre neurasthénique. L’Etat n’a pas les moyens d’entretenir les locaux et pour l’exécutif municipal même si ce n’est pas de son ressort, mettre un euro pour aider à les rafraichir est contre ses principes. Si cela pouvait donner une idée aux candidats....