Social démocrate ou social libéral ?

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Samedi 18 janvier 2014

Au fur et à mesure que le quinquennat de François Hollande avance, notre président normal nous montre le grand écart qui existe entre les promesses et la réalité de terrain. Pendant la campagne, il ni avait aucun problème, ses équipes étaient prêtes, Moscovici imbu de sa personne en tête ; aujourd’hui après 18 mois de mandat et quelques errements, il reconnait ne pas avoir mesuré l’ampleur de la situation. Mea Culpa !

Les économies promises pour réduire le déficit budgétaire se traduisent en réalité par des prélèvements supplémentaires. Incapable de nous dire cependant dans quels domaines les 50 milliards d’économies annoncées vont être réalisés, notre président compte sur les collectivités pour réduire leur train de vie. Cela se traduira surement par des baisses de dotation. Vaulx-en-Velin se trouvera alors en première ligne dans cette perspective car plus des deux tiers de son budget est issu de subventions. Quant à un regroupement de régions ou d’autres collectivités, c’est un rêve, une illusion. Qui peut croire que des élus vont accepter de perdre un poste, du pouvoir ou des prérogatives ? C’est toujours la multiplication des pains dans ce domaine avec des couches qui se superposent à tous les niveaux. Attendons l’arrivée de la Métropole de Lyon, future collectivité locale et nous verrons la nature des économies que nous allons faire. Il y aura bien une excuse pour nous dire de mettre la main au porte monnaie. C’est pour notre bien c’est certain. Par contre, tout est bon pour raboter un petit avantage. Les salariés contraints de souscrire à une complémentaire santé à travers un contrat d’entreprise obligatoire vont devoir déclarer cet avantage en nature et les frais de scolarisation des enfants sont supprimés. Les grosses têtes de Bercy carburent à plein quand il faut gratter et c’est toujours les classes moyennes qui trinquent. Mais quid des niches fiscales dont bénéficient les plus riches. Il faut le dire, entre augmentation de TVA et réductions de charges aux entreprises, le PS se calque finalement sur les mêmes propositions que celles de l’UMP.

Pourquoi cet aparté sur la politique nationale, alors que nous avons toujours convenu dans Médiavaulx de nous occuper que de politique locale ? Cela est destiné à dire que parler aujourd’hui du clivage droite-gauche est une ineptie. C’est aujourd’hui quelque chose de dépassé qui ne sert d’argument qu’aux tenants d’une conception politique d’arrière-garde. Qui peut prétendre dans une ville comme Vaulx-en-Velin avoir le monopole du vivre ensemble, de la solidarité vis-à-vis des plus défavorisés ? Personne. Ceux qui s’investissent dans les associations, ceux qui font des dons pour des œuvres caritatives ne le font pas par rapport à une étiquette ni par rapport à une communauté mais dans un souci d’entraide ou de don de leur temps bénévolement pour développer une activité qui leur tient à cœur. Bien sûr, il y a bien des travers dans certaines associations ou le militantisme prime sur l’intérêt collectif ; rien n’est parfait et les mauvaises habitudes issues de pratiques ancrées dans les gènes idéologiques de certains ont la vie dure. C’est notamment cette notion de clientélisme de l’exécutif municipal qui est dénoncé dans les tracts des divers candidats aux élections municipales.  

Pour relever une ville en difficulté comme la nôtre c’est une logique de compétences qui s’impose. Vaulx-en-Velin troisième ville la plus pauvre de France, aux finances exsangues, ne peut consacrer dans la réalité qu’une faible part de son budget à la solidarité malgré les effets d’annonces de Bernard Genin. Bernard Genin qui dans ses vœux aux entreprises dénonce le capitalisme exacerbé, n’arrivant même plus au passage a ce souvenir du nom de Veolia, la plus grosse entreprise en cours d’installation sur la commune pense toujours que la grande majorité des patrons est composée de voyous et ne comprend pas que ce sont ces entreprises qui créés les emplois dont les Vaudais ont besoin. Même pendant la commémoration du 11 novembre il a tenu un discours politique contre le patronat et les entreprises au lieu de profiter de cet instant de recueillement pour rassembler. C’est la réunion des compétences qui devrait être le mot et quand on revendique le fait de vouloir servir sans ce servir on doit être aussi capable de mettre de coté son égo et savoir adapter ses prétentions à l’intérêt général. Bien sûr il y a toujours des électrons qui gravitent autour du pouvoir avec le seul objectif d’obtenir un poste, le graal étant un poste d’adjoint, d’autres la promesse de ceci ou cela. Mais c’est une conception qui ne peut que prétendre renforcer 85 ans d’une politique au bout du rouleau et à la déontologie douteuse.

Tout le monde veut gagner et devient coupable en portant des œillères de laisser échapper une chance de transformer la gestion à vue que pratique notre adjoint aux finances en objectifs planifiés et construits afin de limiter l’explosion de la dette et des projets qui faute de projections suffisantes sont reportés d’année en année, voir jamais réalisés. Laisser échapper une chance de véritablement cultiver le vivre ensemble, de construire une ville équilibrée synonyme de réussite pour nos enfants, d’emplois pour les habitants, de solidarité pour les anciens et ceux en difficultés. Pourquoi veut-on gagner et gagner quoi ? Si c’est pour nourrir une ambition personnelle et remplacer un système par un autre c’est une mauvaise raison. L’ambition est une nourriture qui peut être amère dans un cadre qui ne se veut pas altruiste. Si c’est le souhait de donner à une ville et ses habitants plus que ce qu’elle nous a apporté alors c’est une raison qui se veut constructive et cette raison peut conduire à une convergence. Nous entendons dire ça et là et dernièrement encore par Hélène Geoffroy dans une interview radio combien le mandat de Bernard Genin a été une preuve d’incompétence et d’amateurisme. Elle le sait, avec certitude puisque en tant que conseillère générale, puis actuellement députée elle a connaissance de certains dossiers. Elle le sait encore plus en ayant été adjoint de Maurice Charrier pendant un mandat et avoir vu concrètement les pratiques qu’elle dénonce aujourd’hui mais pas en son temps. Cependant dans un esprit de contradiction difficile à comprendre elle vote favorablement toutes les décisions du maire.

L’objectif déclaré de tout un chacun est de mettre fin à un modèle dont Bernard Genin se veut la continuité et c’est une volonté unanime et argumentée. Tous conviennent que Bernard Genin n’est pas en capacité d’apporter des réponses aux problèmes de notre ville et n’a pas d’alternatives à annoncer. D’ailleurs dans son souhait d’excellence pour les Vaudais la décence aurait voulu qu’il se retire discrètement. Et pourtant, pour des raisons politique rien n’exclue la probabilité d’une alliance de second qui serait incompréhensible vu l’étendue des divergences. Mme Geoffroy ne le nie pas. Il suffirait pourtant d’un communiqué de presse disant qu’elle ne s’associera en aucun cas à Bernard Genin. Mais le fera t-elle. Et puis en politique, il faut toujours se laisser une porte.

Quand on appelle à un rassemblement républicain, peut-on également appeler à la modération et réfléchir ? Qu’est ce qui est important quand on a le sens des responsabilités, entre la possibilité de faire avancer la ville et les Vaudais et la continuité d’une politique dont on connait les tenants et les aboutissants. Le vrai clivage qui existe est justement celui entre un projet que l’on connait pour le voir échouer et celui qui peut être commun car les idées ne diffèrent qu’à la marge ; de même que les pratiques que l’on veut clarifier. Qu’est ce qui est plus important, être second d’une équipe qui est une véritable alternative et mettre en œuvre un projet, ou, être leader d’un groupe d’opposition sans plus-value pour les Vaudais ? Nous demandons aux protagonistes qui se veulent opposés au bilan de Bernard Genin de se poser la question.