Quand la politique prête à sourire…

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Dimanche 20 janvier 2014

Il y a de quoi avaler de travers à la lecture de certains articles de presse concernant la politique politicienne de la campagne des élections municipales Vaudaises. Même le cirque Imagine ne provoque pas de telles crise de rires. « Formidable »…comme dirait Stromae nous vivons un moment formidable et riche d’enseignements.

Ca commence par Philippe Zittoun qui revendique une juste place. Il y avait l’émission télévisé le juste prix, Philippe Zittoun invente la juste place. C’est cela se mettre au service des Vaudais, revendiquer une place. Il ne met pas en avant les compétences qui sont les siennes, ni une volonté d’œuvrer pour la ville dans un domaine bien précis, mais le droit à une place. Son poids politique sur la scène Vaudaise l’impose. Mais pas un poids qui justifie de prendre le risque de créer sa propre liste, pas folle la guêpe. Une juste place.

D’ailleurs c’est pour une place qu’il a été exclu du PS en 2009, et il pensait que tel le messie, Hélène Geoffroy allait le rappeler pour discuter car il souhaite un large rassemblement à gauche. Comme si les 11,3% qu’il revendique lui en donne la légitimité. Il y a des personnes qui décidément ne doutent de rien. Mais bon, il ne faut pas briser les illusions, on voit tellement de revirements en politique politicienne que cela fini par être naturel.

Quand Philippe Zittoun évoque le fait d’avoir formulé des exigences, alors là, c’est un feu d’artifice. Démarche participative dans l’élaboration du programme demande-t-il. Quel programme ? Sans doute la reprise des 123 propositions de 2008 en inversant l’ordre des mots, le changement dans la continuité. De toute façon, le bilan est bon dit-il. A Médiavaulx, nous dirions excellent même, avec une gestion financière calamiteuse, un taux d’échec scolaire record, des projets annoncés et reportés. Heureusement qu’il y a les plaquettes et les projets immobiliers du Grand Lyon pour apporter un peu de couleur et continuer contrairement à ce qu’annonce Bernard Genin à faire progresser le taux de logement sociaux. Quant à dire à Bernard Genin de faire une campagne locale et non nationale, ce n’est pas gagné. D’une part il faudrait qu’il ait des choses à dire au plan local et d’autre part il faudrait l’aider à compiler un discours qui n’assassine pas le PS, les patrons, la météo,…. Il va surement faire peser sa démission si Bernard Genin ne respecte pas ses engagements.      

Il a également dit à Bernard Genin qu’il fallait revoir la gouvernance en terme de démocratie participative démontrant par la même ce que nous disons depuis des mois. Il commande même à Bernard Genin de sortir de son bureau et de ne plus prendre les décisions uniquement avec les membres de son cabinet mais de manière collégiale avec les adjoints. Philippe Zittoun va avoir là un gros travail de formation, de pédagogie, un véritable sacerdoce en prévision. Taclant Hélène Geoffroy sur sa décision de cumuler les mandats Bernard Genin se demande si en tant que maire il doit siéger au Grand Lyon. Sur ce point, nous pouvons lui donner la réponse pour lui éviter une intense réflexion. Non ce n’est pas la peine. Pour deux raisons. La première, il n’y mettait déjà pratiquement jamais les pieds en touchant quand même ses indemnités; la seconde c'est pour qu’il évite de voter différemment entre le discours qu’il tient aux Vaudais et ce qu'il dit au Grand Lyon (voir la délibération concernant la délégation sur la gestion de l’eau). Cette place de choix qui se libère, n’est-elle pas la juste place que Philippe Zittoun ou Said Yahiaoui revendiquent ?  

Un autre grand moment constitue le rapprochement des verts avec Bernard Genin. Elvan Uca se cherche une piste d’atterrissage car il n’est pas certain de retrouver son poste de Conseiller Régional. Car les Verts à Vaulx-en-Velin ce n’est officiellement qu’une seule personne dont il se murmure que c’est grâce à l’adhésion massive des membres de sa famille qu’il a pris les rênes des Verts vaudais, Verts dont bien sûr nous n’entendons jamais parler ni ne voyons jamais la moindre action mais qui sortent du bois dès que des élections approchent. Il n’y a qu’à suivre l’assiduité de notre Conseiller Régional dans les commissions auquel il participe pour émettre quelques doutes quant à sa volonté de s’impliquer pour les Vaudais. Mais peut être qu’en tant que Conseiller Régional mérite-t-il également une juste place. Nous attendons tout comme la presse qu’il fasse entendre sa voix et ses justifications. Les Verts ont depuis leur machiavélisme aux législatives et leur participation silencieuse au gouvernement démontrés combien l’intérêt individuel prime sur des idées auxquelles on se demande bien aujourd’hui si ce n’était pas qu’une simple argumentation politique.

Bernard Genin, est décidément un rassembleur, L’union des Voix, mouvement politique lancé à grand fracas par un fidèle conseiller municipal, Laurent Patry, longtemps absent des séances du conseil municipal mais aussi des commissions, et par quelques fidèles employés municipaux, devait constituer un grand rassemblement citoyen. Cette initiative s’est éteinte avant même de faire entendre son écho. Quelle surprise ! Ils vont maintenant soutenir maintenant Bernard Genin. On dirait les Amis de Saïd… A qui ont-ils voulu faire croire leur indépendance ? C’est sûr, ils vont renforcer l’équipe de Bernard Genin. Avec un peu de chance, vu son poids politique, Laurent Patry peut également revendiquer une juste place. Et si il est élu, en tant que poète intersidéral, remplacer Paul Boghossian à la lecture des vœux.  

Une autre liste pourrait également entrer en course, l’Union des Vaudais indépendant (UVI). Il semblerait à priori qu’elle se veut vraiment indépendante et s’agite dans son quartier général situé dans l’Hôtel Henni (ex-Kyriad) pour mobiliser des électeurs. Ils sont les tenants d’une méthode révolutionnaire qui pourrait leur garantir un score fulgurant lors du premier tour. Voir rassembler les 4500 voix qui leur permettraient de passer avec surprise au premier tour. Attendons un communiqué de presse de leur part et l’assurance qu’il ne s’agit pas d’une volonté de peser auprès de Bernard Genin pour revendiquer à leur tour des justes places.

Bernard Genin pourra appeler sa liste « La liste sparadrap », « La liste du colmatage de brèche », « La liste où il faut préserver tout un chacun sans brusquer les autres ». Du grand art et sans doute des journées passées à négocier plutôt que de s’occuper des Vaudais. C’est comme prendre un poteau EDF en béton et greffer des branches de pommiers en étant persuadé que cela va fructifier. Il a plus de chance de voir pousser du lierre et nous faire passer pour des poires.

TP