EXCLU MEDIAVAULX : le rapport d'audit sur le "Monde Réel"

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Revenons rapidement sur la publication des rapports d’audit. Le meilleur moyen de lever toute ambigüité, c’est de rendre public les rapports d’audit ou au moins de répondre favorablement et rapidement à ceux qui souhaitent les consulter… même aux élus qui ne peuvent y avoir accès lorsqu’ils en font la demande. Mais c’est une galère car la municipalité traine des pieds. Nous avons donc dû faire intervenir la CADA (Commission d'Accès aux Documents Administratifs) pour les obtenir.  Et nous avons donc pu nous procurer le rapport ce qui nous permet de vous en donner une synthèse commentée (cliquez ici).

Les données concernant « Le Monde Réel » ont été en grande partie reconstituées car l’association n’avait pas fourni tous les éléments nécessaires (l’organigramme, les fiches de postes, les rapports d’activité 2008, 2009, les comptes de résultats analytiques et les outils de pilotage budgétaires étaient manquant). Le cabinet soulève le manque de clarté dans la structuration des activités, une analyse compliquée de la participation des adhérents aux activités notamment par la divergence de certaines données chiffrées sans parler de la difficulté de connaitre le nombre d’adhérents. Il fait part d’échanges fréquents tant au niveau politique que technique entre la Ville et Monde Réel contractualisés de manière minimaliste. Une convention entre la ville et Le Monde Réel s’impose pour permettre à chacun de poursuivre ses objectifs.

En 2011, suite au dépôt d’une demande de renouvellement d’agrément, l’association s’est vu notifier une suspension de son agrément CAF. Le financement CAF, lié à l’agrément, représentait annuellement environ 90.000 € sur un budget global de 357.000 €. Dans l’audit l’association expliquait cette suspension par :

- La vacance de la direction.

- L’absence de qualification de la coordinatrice

- Le déficit financier

La CAF, elle avançait une diversité de raisons :

- Un manque de concertation avec les partenaires sur les difficultés financières

- Des décisions de gestions discutables étant donné la situation financière rencontrée

- Un problème de qualification de personnel sur plusieurs postes, sans plan de formation élaboré.

- Un nouveau projet d’agrément pas à la hauteur des enjeux sur le territoire.

L’audit fait aussi état d’une coordinatrice qui cumule une multitude de fonctions sans documents de délégation, ni de définition de ses missions formalisés, sans même posséder les qualifications exigées par la CAF.

L’analyse financière s’avère chaotique et le rendu de certaines analyses et comparaison impossible.

Le cabinet d’audit évoque en conclusion un modèle économique à repenser, autour d’un projet actualisé et d’un mode de gouvernance adapté ; c’est un signe d’une mauvaise gestion. En gros, le bateau prend l’eau de toutes parts et il faut arrêter d’écoper pour réparer durablement et s’interroger sur ce qui a conduit à une telle dérive. Notamment, comment la municipalité, alors qu’elle subventionne de manière importante l’association, n’a pas porté une plus grande attention à sa situation alors qu’elle a des membres présents au Conseil d’Administration. La personnalité de la « dirigeante » n’est surement pas pour rien à la position de la majorité sur dossier. Au-delà de son soutien affiché au Maire et à son équipe (meeting, collage d’affiches), elle est en plus omniprésente dans tous les domaines et a donc peut-être manqué du recul nécessaire à la pérennité de l’association. Pourtant des articles de presse ont fait état de la situation difficile de cette association ; mais plutôt que de faire profil bas et de corriger, elle a dénigré le quotidien en cause et ses représentants. Il semble que la liberté de la presse ne soit pas non plus son fort !

Concernant l’agrément CAF, des règles existent et elles doivent être respectées. Si la direction de l’association et les élus de la majorité ont des divergences entre ce qui est requis par la CAF pour un centre social et le modèle que l’association souhaite voir appliquer, cela ne peut que conduire qu’à un refus et à la perte de la subvention. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière. Peut-être est-ce dû à l’habitude affichée et revendiquée par la municipalité de verser ses subventions sans contrôle ni objectif qui permet un tel laisser-aller. Nous aurions voulu aussi avoir un bilan par activité, difficile dans ce contexte de dire ce que coûte une leçon de cuisine, de couture, d’informatique, une lettre d’écrivain public ou tout autre activité réalisée par cette association.

Espérons que suite aux remarques et préconisations de la société de conseil, « Le Monde Réel » soit rapidement en capacité de répondre à l’idéal qui a vu son éclosion : « construire un projet avec les habitants à partir des besoins réels et des attentes des habitants ». L’étonnant c’est que devant la difficulté de répondre aux activités déjà en place et à la charge de travail pour en assurer la gestion, en dépit du manque de ressources et d’information, la municipalité a confié il y a quelques mois, par le biais d’une subvention de 30.000 euros, une mission qui n’entre pas dans le champ de compétence de l’association. Nous indiquions plus haut qu’il fallait arrêter d’écoper pour réparer ; les élus actuels ne l’ont pas encore compris.