La France en crise sociétale.

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Samedi 8 décembre 2018

Alors que Lyon s’apprête à célébrer le traditionnel 8 décembre et Vaulx-en-Velin sa fête des cardons, la France semble être traversée par un esprit de fronde.

Samedi dernier dans les rues des principales artères parisiennes, une forme de chaos s’est instaurée. Des voitures en flamme, des vitrines brisées, des magasins pillés et des affrontements avec des forces de l’ordre visiblement débordées par les déplacements constants des manifestants parmi lesquels se trouvaient des personnes visiblement venues pour en découdre.

Samedi dernier, je me trouvais à Paris. Dès vendredi, le long des champs Élysée, les commerçants commençaient à protéger les vitrines redoutant la manifestation qui devait se dérouler le lendemain. Le dispositif mis en place par le ministère de l’Intérieur à conduit à déplacer la foule en divers lieu de la capitale au lieu de la canaliser à un seul endroit. C’était prévisible et démontre l’amateurisme du ministre de l’Intérieur et du préfet. Je n’irais pas jusqu'à dire que c’était l’effet voulu.

Parmi les manifestants des personnes en colères, mais respectueuses qui ne sont pas venues pour casser quoi que ce soit, seulement pour se faire entendre du gouvernement. Malheureusement ce sont greffés aux différents cortèges des groupes bien organisés de casseurs. Extrême droite, extrême gauche, et banlieusards descendus des cités environnantes, dont beaucoup de mineurs. D’autres guidées par l’effet de foule ont mal réagit.

Il en est ressorti les images largement commentées et les analyses des « pseudo-experts ». Un désastre pour l’image de la France, mais un malaise bien profond qui mérite des réponses. Si les « gilets jaunes » ont pris le devant de la scène, les lycéens leur ont emboîté le pas, mais également de manière plus discrète les pompiers, les ambulanciers, les taxis, les infirmières…… Et les chauffeurs routiers ainsi que les agriculteurs menacent à leur tour.

Et dans de nombreux cas, les revendications sont légitimes. Pour certaines catégories de Français, le revenu ne permet plus de vivre dignement. Il n’y a pas que les retraités qui voient leur pouvoir d’achat amputé. Lorsque la directrice d’une grande surface commerciale de la région découvre que des employés vivent dans leur voiture, nous ne pouvons que nous interroger, car ce ne sont pas des cas isolés. Est-ce normal de ne pouvoir vivre de son salaire ?

Concernant les infirmières, elles revendiquent pour mettre en avant une politique salariale, mais également des conditions de travail. Elles manifestent, mais assurent en même temps les soins d’urgence. Elles manifestent calmement, mais n’obtiendront jamais rien, les passants les regardant préoccupés par leurs propres problèmes quotidiens.

Voilà un tableau gère flatteur. Lorsque j’entends nos ex-élus tels que Ségolène Royal ou François Hollande faire la leçon, je me demande dans quel monde ils vivent et s’ils ont bien conscience du rôle qu’ils ont joué lorsqu’ils étaient aux commandes de la France. Se contentant comme leur prédécesseurs d' augmenter les impôts et taxes.

Emmanuel Macron est le président des Français. De tous les Français, les riches comme les pauvres.  Il doit écouter la colère du peuple, car derrière cette colère il y a de l’inquiétude. Une inquiétude généralisée. Sa théorie du ruissellement ne fonctionne pas et ne fonctionnera pas. En premier lieu les entreprises ne créeront que des emplois à la marge et des emplois précaires, car elles redoutent les variations d’activités. Les mesures prises par Emmanuel Macron n’ont fait qu’augmenter leurs marges et par la même les revenus des actionnaires principalement.

Pour l’instant, le seul ruissellement que j’ai perçu est celui moutonesque des élus de la République En Marche.

Thomas Petragallo