Pourquoi ces profs ont peur de perdre leur directeur d'école ?

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Lundi 15 avril 2019

Le projet de loi Blanquer sur l’école ne laisse pas d’inquiéter Syndicats et enseignants qui redoutent, malgré les promesses du ministre, la disparition des directeurs d’école. A Vaulx-en-Velin ont peu voir sur les murs de quelques écoles des banderoles faisant par de l’inquiétude des enseignants. Il est aussi question d’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans qui se traduit par une dépense supplémentaire des communes au profit des maternelles privées, ou la possibilité pour des étudiants en première année de master de remplacer des profs absents. 

Dans le secondaire, de nombreux enseignants contestent aussi la réforme du lycée, qui se traduira l’an prochain par la suppression des séries (L, ES et L), remplacées par des choix de spécialité. Dans certains établissements, des enseignants mènent depuis plusieurs semaines des “actions de désobéissance” dans toute la France pour montrer leur désapprobation face à cette réforme.

Alors pour calmer les enseignants et les parents d’élèves en colère face à cette réforme (dite de l’école de la confiance) Jean Michel Banquer en pédagogue a su trouver les mots. « Pauvres profs, pauvres parents, vous êtes victimes d’une vaste campagne de désinformation, d’un déferlement d’intoxication, d’un festival de bobards ». En macronie on ne fait jamais dans la nuance.

Des bobards certes, mais pas que ! La disparition des directeurs d’école primaire, mais non assure le ministre, ils ne vont pas disparaître….Ou du moins pas tous. D’ailleurs ils disparaîtront que s’ils le veulent bien….Certes cette précision n’était pas dans le projet de loi initial : ce n’est que le mercredi 3 avril la vieille de la manifestation de grande envergure que le ministre l’a ajouté au projet de loi affirmant ainsi que les suppressions de postes de directeur ne seront effectives qu’avec l’accord de la municipalité et du conseil d’école.

L’idée ministérielle initiale : Mettre deux ou trois écoles primaires sous l’autorité d’un collège proche ce qui permettrait une sorte de dynamisme de «  bassin de vie ». Quel sens de la formule ce Blanquer !!!! Mais les profs ont surtout remarqué que cela permettait au ministère de rogner des postes. Des explications alambiquées et coup de baguette magique de la loi : on confie ce rôle de directeur des écoles primaires du secteur non pas au principal du collège du coin (déjà débordé), mais à son adjoint et hop voilà quelques postes libérés.

S’il n’y avait que ça…Le projet de loi qui va passer devant le sénat le 13 mai, abrite d’autres sujets à embrouille…L’article 1 qui instaure un devoir de réserve pour les profs, lesquels pourront être l’objet de poursuites disciplinaires s’ils osent critiquer publiquement l’intouchable institution scolaire et son ministre.

Il y a aussi l’obligation d’aller à la maternelle dès l’âge de trois ans, qui va profiter aux écoles privées (les communes devront payer les fournitures des gamins).

Coin Coin