Comment saper la confiance envers les politiques...

Share

 

Vendredi 11 janvier 2019

En cette fin de semaine, je vais faire un peu de démagogie, en rebondissant sur plusieurs articles parus dans la presse ou émissions diffusées sur les médias radiophoniques. Cela a commencé ce matin par France-Inter. Non il ne s’agit pas d’une énième reculade d’un ministre du gouvernement Macron, nous y sommes tellement habitués que cela ne prête même plus à rire. Après avoir annoncé mardi que l’additif alimentaire E171 (ce colorant, formé de nanoparticules de dioxyde de titane, est très décrié, car considéré comme potentiel cancérogène) ne serait pas suspendu en France, le ministre de l'Économie a réuni les associations de défense des consommateurs et de l'environnement en colère, pour finalement leur annoncer une suspension le 15 avril prochain.

Le jour n’est pas encore levé, le commentateur annonce d’un coup « Des parlementaires auraient-ils détourné leurs frais de mandat? ». Pendant des années, des parlementaires français ont pu abuser de leur enveloppe de frais de mandat sans être inquiétés. Plusieurs enquêtes préliminaires sont ouvertes pour de possibles détournements. Même les règles récemment mises en place par les assemblées laissent encore des possibilités d'abus.

Quinze parlementaires ou ex-parlementaires font actuellement l’objet d’enquêtes préliminaires pour de possibles usages illicites de leur enveloppe de frais de mandat entre 2012 et 2017. La HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique) qui soupçonne ces sept députés et huit sénateurs (de droite comme de gauche) d’avoir détourné à leur profit personnel leur indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) est à l'origine du signalement à la justice.

Cette somme forfaitaire (environ 6 000 euros au Sénat et 5 500 euros à l’Assemblée) leur était versée chaque mois afin qu'ils puissent payer leurs dépenses non prises en charge directement par les assemblées : frais de permanence électorale, déplacements, communication, réceptions… parmi les 15 parlementaires visés par une enquête, cinq sénateurs et deux députés siègent toujours dans les assemblées.

 https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete-de-secrets-d-info/l-enquete-de-secrets-d-info-11-janvier-2019

 https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-11-janvier-2019

L’enquête intégrale : Frais de mandat : l’occasion ratée des parlementaires, par Sylvain Tronchet, à lire sur France Inter et à écouter en intégralité dans Secrets d'info, samedi 12 janvier à 13h20.

Quand on sait que les commentaires recueillis sur les cahiers de doléances mis en place par certaines municipalités mettent en tête le manque d’égalité et vise les avantages des élus, Emmanuel Macron ne pourra pas éviter une réforme.

D’autant que cette enquête sur les frais de mandant vient s’ajouter à un climat délétère à l’encontre des élus. Dans une enquête annuelle, réalisée par le CEVIPOF, les enquêteurs avouent avoir été stupéfaits par la dégradation de la confiance en la politique qui s’y manifeste. Depuis que cette mesure existe (10 ans), jamais les résultats n’avaient été si préoccupants. Les Français sont dans un état de grande colère contre les politiques, seule Marine Le Pen progresse : + 8%. Il lui est reconnu la primeur et l’antériorité du discours antisystème.

La lettre que le président de la République va adresser lundi aux Français va-t-elle redresser la défiance dans nos élus ?

Thomas Petragallo