Référendum sur la privatisation d’ADP: la collecte des signatures débute

Share

 

Jeudi 13 juin 2019

A partir d’aujourd’hui la consultation citoyenne peut commencer et ce pour une durée de 9 mois. 4.717.396 signatures seront nécessaires (10% des électeurs) pour tenter de provoquer un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP). 

La décision a été officialisée par un décret paru mercredi au Journal officiel, signé par le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le gouvernement avait jusqu'au 15 juin pour mettre en place le dispositif de recueil de signatures, suite à la décision favorable du Conseil constitutionnel du 9 mai.

Déposée par 248 députés et sénateurs (sur 925) de tous bords politiques, la proposition de loi référendaire vise à «affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris». Elle est une réponse à la cession, votée par le Parlement début avril, d’une partie du groupe ADP.

Celui-ci réunit Charles-de-Gaulle, Orly, Le Bourget, une dizaine d’aérodromes, des centres commerciaux, une filiale dans la téléphonie (Hub One) et des parts dans le capital de nombreux aéroports internationaux.

Pour participer, Il suffit d’être inscrit sur les listes électorales de sa commune ou de son consulat.

Trois possibilités sont proposées pour soutenir le texte:

- en ligne,  https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

- via des points d’accès à internet, situés «au moins dans la commune la plus peuplée de chaque canton (...) et dans les consulats» ;

via un formulaire papier à déposer auprès d’un agent de la commune ou du consulat.

Une validation sera faite par le ministère de l’Intérieur et l’acte enregistrée sous sept jours

Trois informations sur le signataire seront rendues publiques:

- son nom

- son ou ses prénom(s)

- le lieu où le signataire est inscrit sur les listes électorales (commune, circonscription ou consulat).

La vente d’ADP et de la FDJ a deux objectifs : trouver les 10 milliards d’euros qui doivent financer le Fonds de modernisation de l’économie française annoncé par Emmanuel Macron, mais aussi désendetter l’Etat. C’est un peu comme si un particulier vendait une partie de ses biens pour renflouer son découvert, quitte à dilapider son patrimoine. Au cours de Bourse actuel, les 50,63 % que détient l’Etat dans ADP sont en effet valorisés à plus de 8 milliards d’euros. Et si l’Etat cède l’intégralité de ses actions et donc sa majorité du capital, il peut espérer ce que les financiers appellent une «prime de contrôle» de 20 %. Soit, au total, un gain de 10 milliards pour les finances publiques, qui fait saliver les grands argentiers de Bercy.

 

Pourquoi faut-il signer cette pétition

 

Le fait est qu’en vendant aujourd’hui sa participation, l’Etat actionnaire ne fait pas vraiment une bonne affaire : placé sur un compte rémunéré selon les taux en vigueur, le fruit de la vente rapportera 3 % de rémunération par an. Comme une vulgaire assurance-vie.

Or, ADP assure aujourd’hui à l’Etat en dividendes une rentabilité proche de 10 %. (Quelques 130 millions d’euros par an, près de 100 millions pour la française des jeux). Trois fois plus !

La vente des actifs de l’Etat, et notamment d’ADP, revient à se séparer d’un patrimoine qui peut potentiellement prendre de la valeur plus tard, sachant par exemple que le trafic aérien croit en moyenne de 5% par an.

A se demander pourquoi Bercy voudrait se priver d’une telle rente ?

Cette situation n’est pas sans rappeler la privation des autoroutes avec les résultats que nous connaissons tous. Profits maximum pour les délégataires et hausses maximales pour les usagers sans compter le manque à gagner pour les caisses de l'états. 

Thomas Petragallo