Ce qui pousse à trahir.

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Dimanche 21 juin 2020.

Les équipes des candidats à l'élection municipale sont faites de militants des causes et d'opportunistes. Revenons sur le cas de certains de ces opportunistes.

Tout d'abord, dans quels camps les retrouve t on le plus?

Les opportunistes vont vers les favoris. C'est leur caractéristique. Ils sont souvent sans vraie ligne de conduite, ils n'ont pas trop d'idées, ou plutôt celles-ci sont souvent mouvantes et ils visent la place, les avantages, la gloire, l'argent.

On en trouve de tout cotés, à droite comme à gauche.

Dans les équipes actuelles c'est dans celle de la reine mère qu'on les trouve presque tous. Rassurés par sa façon de marcher sur l'eau et de faire croire qu'elle est déjà élue, ils sont attirés comme les mouches par la viande. La ratage du premier tour les a toutefois calmés et quelques uns commencent à douter face à l'assurance des adversaires au premier rang desquels le tandem Bertin - Forca et surtout face aux ratages de la politique geoffroyenne surtout sur la sécurité.

Pourquoi sont-ils de cette caste des opportunistes?

Pour en tirer un ou plusieurs avantages. Bien loin (à des années lumières) devant l'idéal politique de changer la société ou améliorer la vie de ses concitoyens, l'opportuniste, souvent cousin germain du traitre (c'est souvent le même), pense avant tout et presque exclusivement à sa gueule.

Ses avantages peuvent prendre plusieurs formes:

* l'argent : l'indemnité de 1400 euros pour un adjoint (100.000 euros en 6 ans) et de près de 300 euros pour un conseiller délégué (22.000 euros sur un mandat) aident souvent à oublier plein de chose, quelquefois à ne rien faire. Cela peut arondir une retraite quelquefois confortable pour juste voter des dossiers d'appel d'offre sans concurrence où assister à des réunions sans avoir à dire quoi que ce soit puisque tout est décidé ailleurs. Quand on est un ex-leader d'opposition sans conviction cela permet d'oublier ses charges alors bien lointaines tout comme ses électeurs. Quand on n'a tout simplement pas de boulot et qu'on tire la langue pour payer son prêt, le souci des gens d'en-bas s'éloigne bien vite face aux besoins de vivre et de s'en sortir.

* la gloire : tant d'élus sont si fiers d'être au premier rang lors des commémos, tant aiment tellement être assis au premier rang sur des places réservées alors que la plèbe doit arriver 30 mn avant pour voir quelque chose au spectacle, que les présidents de sombres associations habitués à se battre en permanence contre la mairie, trouvent souvent là de quoi respirer de tout le temps passé à défendre des adhérents souvent sans reconnaissance.

* les emplois: c'est une technique classique d'autant plus facile dans des villes où les employés dépassent le millier. Mais les techniques sont quelquefois très asticieuses. En effet, un élu ne peut pas être salarié de sa propre ville. Alors on s'arrange entre ville. Et on croise. La ville X emploie un élus de la ville Y et en échange la ville Y emploie un élu de la ville X. Mais on a aussi le recasage des épouses ou des maris grande classique qui permet à telle concubine perdue dans une sombre administration au fin fond de rien de passer du jour au lendemain en pleine lumière en contrepartie d'une bonne trahison opportuniste.

* les buffets: les papis ou mamis buffets, on les connait. Pas besoin d'y revenir. Ceux-là ne savent d'ailleurs plus qu'ils sont élus pour défendre leurs administrés; ils pensent qu'ils doivent avant tout défendre les associations pourvoyeuse de nourriture à volonté pour les buffets et commémos, et passer du temps pour "gagner un repas".

* le terrain qui devient hyper constructible: une autre classique c'est la changement de zonage des terrains des uns et des autres. Les opposants voient bizarrement leurs terrain devenir inconstructibles et telles présidente d'association pourtant historiquement opposante au bétonnage municipal de la maire passe du jour au lendemain de son côté en même temps que son terrain gagne 85% de constructibilité (une plus value de 400.000 euros potentielle qui permettrait largement de se contenter d'un petit job de conseiller délégué). Et tant pis si elle plante tout ses amis, elle lira ses relevés bancaires.

* les petits à cotés: c'est aussi ce qui pousse certains à mettre leurs principes de côté. Les places gratuites réservées, les accès aux coulisses des artistes, les repas de fête tous frais payés, les rencontres de tel artiste, le serrage de louche de tel ou tel président de la république permet de mettre un mouchoir sur ses principes.

Tels sont les moteurs des opportunistes. D'autres les appels traitres. D'autres les appellent profiteurs. A chacun son vocable. Les moteurs sont les mêmes depuis la nuit des temps. Ils aident à se regarder dans la glace le matin.