La politique de la ville peine à produire des résultats.

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Jeudi 11 avril 2019

Quel bilan peut-on faire de ces 25 dernières années  de politique de la ville sur Vaulx-en-Velin ? Lorsque je suis venu habiter à Vaulx-en-Velin, peu de temps après les événements qui ont apporté à la ville une notoriété dont les vaudais se seraient bien passés un programme ambitieux de rénovation urbaine était lancé. Un ministre d’État chargé de la politique de la ville venait d’être nommé quelques semaines auparavant par Michel Rocard alors Premier ministre.

Des moyens considérables ont été engagés, Vaulx-en-Velin, stigmatisé devait servir de vitrine et la ville retrouver une configuration sociale plus équilibrée.

Le grand projet de ville (GPV) était né et la communication ne devait plus cesser. Et il ne faut pas oublier une chose, parfois la ville devait apporter 25% du budget des opérations sur ces fonds propres, c'est-à-dire les impôts des vaudais.

25 ans plus tard, les ministres de la ville ont succédé aux ministres de la ville. 20 ministres en 25 ans et autant de plans, autant de promesses. Malheureusement, plusieurs rapports dont notamment ceux de la Cour des comptes ont conclu que la politique de la ville peine à produire des résultats. Les inégalités sont toujours aussi persistantes dans les quartiers dits prioritaires apportant beaucoup de questions sur les conditions de mise en œuvre des politiques de la ville ainsi que les modalités de gestion des crédits qui lui sont affectés.

A priori l’engagement de l’état est parole d’évangile, mais combien de lois votées et signées par des ministres ne sont pas appliquées faute d’un décret d’application. Voire parfois même revues avec application rétroactive. Parfois les engagements sont faits aux pieds des tours par un ministre qui nous rend visite, seul ou accompagné par une délégation, des conventions sont signées à grand renfort de publicités, mais nous ne voyons jamais les objectifs chiffrés et elles meurent avec un changement de ministre. Alors un ministre ne signe jamais un faux, il signe un document qui aura peut-être une issue favorable ou peut-être pas. Il signe un engagement pour des fonds qui seront rabotés par son successeur ou pas.

42 années d’expériences et de déceptions politiques m’ont amené à faire preuve d’une certaine retenue. Tout comme ce jeu du chat et de la souris entre majorités et opposition qui m’exaspère. Ceux qui se réjouissent aujourd’hui étaient les déçus d’hier et le seront surement le jour ou ils retrouveront les bancs de l’opposition.

Quand on a choisi de venir habiter à Vaulx-en-Velin, choisi d’y avoir engagé ses économies par l’acquisition d’un logement ce n’est pas pour fantasmer sur l’échec de la ville. Mais force est de constater que le devenir des habitants des quartiers est complexe à améliorer, autant que l’image de la ville. Les 25 années de rénovations qui se sont écoulées n’y ont pas réussi. Au contraire, je dirais que pour des raisons politiciennes les conditions de transformation n’ont pas été réunies. L’échec est à imputer pour une certaine partie aux élus qui se sont succédés.

Il faut garder à l’esprit que dans les quartiers, lorsqu’une famille va mieux, elle décide en général de déménager et elle est aussitôt remplacée par une autre en situation encore plus difficile. Alors la ville réalise un bilan d’image, désire recueillir les perceptions et les attentes des acteurs qui vivent le territoire au quotidien afin d’améliorer l’attractivité de la ville. Pour cela, une société est mandatée depuis le mois de mars. Cette étude fait suite aux nombreuses démarches qui se sont succédées les unes après les autres.

Depuis 25 ans, nous avons vécus au rythme des rénovations, des transformations, du développement urbanistique dû à l’attractivité du foncier vaudais, le moins cher de la région. Un vaste chantier va s’engager au Mas du taureau. Il est attendu par de nombreuses années par les habitants du quartier et par les vaudais en général avec pour certains la crainte de voir augmenter les loyers et de ne pas pouvoir rester.

L’expérience m’a démontré autant à Vaulx-en-Velin que dans d’autres quartiers transformés par les politiques de la ville qu’il faut être très prudent en termes de résultats. Le Mas du Taureau est emblématique à vaulx-en-velin. Ce nom est emblématique pour des considérations négatives, faisons en sorte qu’il soit emblématique pour des considérations positives.

Thomas Petragallo