À qui profite le crime ?

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Jeudi 6 septembre 2018

Cette histoire de fermeture d’école fait couler beaucoup d’encre à défaut de béton. Cela a même donné du grain à moudre à l’opposition qui ne s’est pas privée de s’esclaffer dans la rubrique expression politique du journal municipal. Dans la majorité également quelques piques ont fusé et pas seulement du côté de l’APVV.

Certes, ce n’est pas le premier chantier qui prend du retard, celui de la mairie annexe a également connu quelques aléas. Cependant pour qu’un juge se prononce pour une fermeture à l’aune de la rentrée scolaire cela signifie sans doute que la situation n’était pas si anodine que le suggérait Hélène Geoffroy dans un article du Progrès ?

Sur les réseaux sociaux, la conseillère municipale Christine Jacob s’interroge. « Il serait peut être intéressant de chercher qui aurait intérêt que l’école n’ouvre pas … ? » en parlant de l’école René Beauverie. « Les conflits d’intérêts…ou c’est le peuple qui subit…m’exaspère » poursuit-elle.

Et les échanges continuent, une autre personne demandant « Est-ce que c’est des ouvriers municipaux ou une entreprise hors municipal qui ne respecte pas le droit à la sécurité des travailleurs » et le compte Vaulx-en-Velin 2020 (Les socialistes pensent déjà aux municipales) de répondre « Ce ne sont pas des municipaux, mais des entreprises extérieures ».

Le dialogue se poursuit « Ben voila qu’on arrête de se braquer contre la municipalité, la politique n’a rien à voir avec cela c’est plutôt à voir avec le patronat qui fait n’importe quoi ». Et Vaulx-en-Velin 2020 de rebondir « On n’a pas parlé de la municipalité ! Mais quand on lit certains articles ! Certains se lèchent les babines, c’est honteux ! Aucun intérêt pour les enfants de Vaulx ! ».

Comme Hercule Poirot n’est pas disponible pour mener les investigations, peut être qu’une commission municipale pourrait éclairer les vaudais sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire largement relayer par les médias lyonnais et qui rappelons-le à fait l’objet d’un jugement en référé ce qui n’est pas si fréquent. Cette commission apporterait des réponses à madame Jacob sur « Les conflits d’intérêts…ou c’est le peuple qui subit ». Nul ne doute que l’opposition n’y ferait pas obstacle.

Nous ne pensons pas que le juge et l’inspecteur du travail (tout collègue de Bernard Genin qu’il soit) se sont ligués contre la ville de Vaulx-en-Velin et ses habitants. À la lecture de l’ordonnance, ce n’est ni Stéphane Bertin ni Bernard Genin que le juge a assigné, mais la ville de Vaulx-en-Velin qui est le maitre d’ouvrage donc responsable du bon déroulement du chantier. Bien que Bernard Genin risque d’entendre au prochain conseil métropolitain « Alors c’est toi qui as fait fermer l’école… » sur le ton de la plaisanterie.

Madame Jacob pourrait demander à sa collègue adjointe aux travaux ce qui s’est passé et pourquoi la ville n’a pas répondu aux courriers recommandés de l’inspection du travail ni mis en œuvre ses préconisations afin d’éviter que la situation ne s’envenime ? Peut-être n’aura-t-elle pas à chercher bien loin une réponse à sa question, car nous pensons que personne n’a intérêt à ce qu’une école n’ouvre pas si ce n’est le fait de quelques négligences.

Dans son enthousiasme de nouvel élu, Stéphane Gomez avec son humour suranné avait fustigé l’impéritie de l’équipe précédente et ne manque pas une occasion d’enfoncer le clou. Puisqu’il est aussi bon juge pour mesurer l’incompétence, peut-être pourrait-il balayer devant sa porte et trouver quelques égarements. Parfois les explications sont plus simples que l’on pense. Et « ou  c’est le peuple qui subit…m’exaspère » pourra râler « peut-être » en connaissance de cause.  

Beauverie est la première école construite depuis 40 ans à Vaulx-en-Velin. Il faut dire que suite ces nuits d’octobre 1990 où « le Mas » – comme on dit là-bas – s’embrasait nombre d’habitants ont quitté la ville. La population de Vaulx-en-Velin était de 39 128 habitants en 1999 contre 44 174 habitants en 1990. 20 ans plus tard, en 2010, la ville ne comptait que  41 421 habitants. À cette époque, de nouvelles écoles n’étaient pas nécessaires.

Il a fallu attendre le boum de l’immobilier démarré en 2012 pour voir le nombre d’habitants augmenter progressivement et revenir à la situation de 1990. Selon les derniers chiffres du recensement publiés par l’INSEE, Vaulx-en-Velin comptait 47 313 habitants en 2015, et ne devrait pas être loin des 50 000 habitants.

C’est à partir de 2013 que la municipalité aurait dû se préoccuper de planifier la construction de nouvelles écoles, mais une étude mandatée par la ville alors, avait conclu que ce n’était pas nécessaire. Étude contredite par les socialistes qui étaient alors dans l’opposition.

Lors de l’arrivée d’Hélène Geoffroy aux commandes de la ville, il était prévu par l’ancienne municipalité de diriger des enfants vaudais vers Villeurbanne.

D’où la nécessité de construire de nouvelles écoles, mais dans des conditions qui respectent la sécurité des ouvriers. Le crime ne profite donc à personne et fort heureusement il n'y a pas eu de mort.