Qui doit sauver la planète ?

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Mercredi 7 novembre 2018

La question pourrait paraître saugrenue, tant l’air du temps voudrait que les consciences éclairées par tout le battage médiatique concernant l’impérative nécessité de lutter contre le changement climatique deviennent à qui mieux mieux vertueuses.

Un même combat pour tous et tous pour un même combat comme mot d’ordre et voilà que l’extinction programmée de la faune sauvage, les dysfonctionnements météorologiques…. ne seraient plus qu’un vague souvenir.

Mais ce n’est pas tout à fait ainsi que les consciences fonctionnent. Le cerveau reptilien de l’homo sapiens ne réagit pas en terme comportemental aux stimuli du bon sens et ce d’autant plus que « La menace environnementale » est pour l’instant non perceptible pour lui.

Alors, pendant que quelques individus d’une sensibilité déclarée ou possédant un sens de l’intérêt général plus développé que la moyenne s’évertuent dans des initiatives individuelles ou collectives à mener un combat qui semble perdu d’avance, la grande majorité et parmi celle-ci un lot de biens pesants et de donneurs de leçons continue son bonhomme de chemin tout en ne faisant rien.

C’est un peu sortir d’une séance de cinéma la larme à l’œil, ému par la situation dramatique de peuples en guerre ou souffrant de pauvreté en se disant je vais transformer ma vie et oubliant les bonnes résolutions dès le lendemain.

Lors de la COP21, grand-messe planétaire (qui a couté bonbon financièrement et en CO2 produit) tous les pays ont pris consciences qu’il était temps d’agir pour sauver la planète et ses habitants. Quelques années plus tard, ils ont dans leur grande majorité oublié leurs engagements. Le brusque revirement des États-Unis suite à l’élection de Donald Trump pour qui la croissance économique de son pays passe avant toute autre considération, mais également celui du pays organisateur (la France) qui est loin de l’objectif promis nous montre la limite du discours.

C’est souvent ceux qui en parlent le plus qui en font le moins.

Aujourd’hui aucune collectivité ne peut ignorer une partie environnementale dans le projet de vie qu’elle propose et aucun parti politique ne fera campagne sans donner de priorité à l’environnement.

Dans cet esprit, les municipalités ont la possibilité de mettre en œuvre deux démarches qui concourent au développement durable. L’agenda 21 et le PCET.

L’agenda 21 est une démarche volontaire, à l’initiative de la collectivité. C’est une démarche participative pour les habitants, qui va bien au-delà de la simple consultation ou de l’information.

Le PCET est obligatoire pour les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants. Certes transversal, il est ciblé sur la thématique "énergie climat". C’est ainsi une démarche avec un volet opérationnel prépondérant et des objectifs chiffrés très précis et cadrés. Il n’implique pas une démarche participative des habitants, néanmoins, il suppose une consultation publique (obligatoire pour tout projet d’aménagement).

Ces deux démarches distinctes n’excluent pas néanmoins une mise en œuvre conjointe.

En effet, les objectifs agendas 21 et PCET se recoupent : d’une part la loi du 12 juillet 2010 a inscrit le PCET comme étant « le volet climat » de l’agenda 21, d’autre part dans les agendas 21 classiques, nombreuses sont les actions qui peuvent se retrouver dans un PCET.

Il est apparu ainsi que la variété des actions et leur proximité tant dans les agendas 21 que dans les PCET, militent pour une mise en œuvre conjointe de ces deux démarches par les collectivités territoriales.

Pour une collectivité, lier un agenda 21 et un PCET permet ainsi d’avoir un pilotage commun, de faire des économies de moyens et ainsi de gagner un temps précieux.

Vaulx-en-Velin n’a pas élaboré d’agenda 21 et devrait finalement au bout de 5ans de mandat décliné un PCET. Il serait grand temps dirions nous.

Le PCET vaudais suit deux voies.

$1·      Répondre aux l’objectifs européens des « 3 x20 »

         Réduction de -20% des émissions de CO2

         Réduction de -20% des besoins en énergie

         Augmentation de 20% de la part des énergies renouvelables

$1·      Division par 4 des émissions de gaz à effets de serre (GES) à l’horizon 2050

Pour cela un service environnement a été créé en 2015 et une convention avec l’agence locale de l’énergie et du climat (ALEC) a été signée en 2016 pour accompagner la politique énergie et climat de la ville, communiquer et sensibiliser, accompagner la politique de rénovation du parc privé.

Et tout cela décliné en deux volets.

$1·      Un plan d’action interne

$1·      Un volet territorial

Avec le concours de 25 référents PCET nommés parmi le personnel municipal

Et une structure de gouvernance composée de madame la maire, d’élus, du Directeur général des services, et de cinq directeurs administratifs.

Dans un prochain article, nous vous détaillerons pour chacun des volets les préconisations issues des différentes concertation et bien sûr nous apporterons notre avis.

TP.