L’automne, c’est la temporalité pour parler développement durable.

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Mardi 13 novembre 2018  

Nous ne l’avions pas prévu, mais c’est tombé ainsi, le PCET est à l’ordre du jour du prochain conseil municipal.  Nous vous avons récemment présenté le volet territorial du PCET vaudais et avant de vous présenter la révolution que réserve au sein de la municipalité l’exécutif vaudais en termes d’actions environnementales un petit aperçu de se qui se passe du coté de nos voisins lyonnais. 

Chaque mois, la vie politique lyonnaise est marquée par des rendez-vous incontournables : les conseils d’arrondissement. Houleux, soporifiques, riches, interminables… (Un peu comme à Vaulx-en-Velin)  Y assister est toujours une surprise. On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Ni à quelle heure on va en sortir. Mais que s’y passe-t-il ? Dans cette instance au pouvoir limité, les élus débattent et votent des avis consultatifs à la mairie centrale.

La semaine dernière, le conseil de novembre était donc à l’ordre du jour. Et un dossier a cristallisé l’ire de plusieurs élus dans les différents arrondissements : le rapport annuel 2017 sur la situation en matière de développement durable présenté dans le cadre d’un « débat sans vote ». Un document de 80 pages , non exhaustif, fruit d’un travail collectif entre agents, référents « développement durable » de la Ville et exécutif municipal qui présente les différentes actions menées.  Dans l’esprit on dirait tout à fait ce qui va se passer pendant le conseil municipal du 15 novembre à Vaulx-en-Velin. Un beau document de 80 pages retraçant les actions qui vont être menées.  Actions qui vont être menées,  car en termes d’environnement à Vaulx il est toujours urgent d’attendre.

  «  À Lyon, la politique de l’exécutif en matière de développement durable poursuit toujours quatre objectifs : une ville plus inclusive, plus verte, plus sobre en énergie et en carbone, et plus engagée sur la consommation responsable », a expliqué Dounia Besson(Lyon Gauche Solidaire), mardi soir en conseil d’arrondissement de la mairie du 4e. L’élue est à la fois adjointe au Développement durable à la Ville de Lyon et conseillère d’arrondissement à la Croix-Rousse.

Dounia Besson  est également employée à la ville de Vaulx-en-Velin,  chargée des relations internationales. Cela tombe bien, la semaine dernière la ville a organisé une rencontre en grande pompe avec la ville de BÖhlen/leipzig (Allemagne) avec laquelle elle est jumelée. Ceci dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, mais nous n’avons pas beaucoup vu madame Besson à part à l’inauguration de la mairie annexe.

« Depuis la loi Grenelle II, nous présentons chaque année en conseil municipal un rapport sur la situation en matière de développement durable précise-t-elle. En raison de la transversalité du sujet, j’ai souhaité que le rapport passe dans toutes les commissions et dans tous les conseils d’arrondissement. C’est aussi une manière de sensibiliser et d’acculturer les élus. »  Elle y va fort la guêpe, acculturer les élus, rien que ça ?  

Bien mal lui en a pris. Les critiques ont fusé dès le soir même sur son propre territoire. Selon Étienne Tête (EELV), conseiller d’arrondissement dans le 4e, le document serait mal construit. « Le handicap c’est que nous n’avons pas voté collectivement des indicateurs avec des objectifs clairs que l’on peut mesurer  », a-t-il jugé tout en évoquant les manifestations pour le climat organisées à Lyon récemment. D’après lui, « nous ne sommes pas du tout à la hauteur des enjeux ».

Même son de cloche dans le 1er. « C’est un très beau visuel. Lorsque l’on regarde ce document, on a l’impression que tout va bien dans la ville. C’est un peu comme si on nous disait “Circulez, il n’y a rien à voir”, a ironisé Myriam Fogel-Jedidi, seule élue de droite de l’arrondissement. Je suis choquée, particulièrement lorsque je pense aux problèmes de pollution que nous avons dans le 1er, notamment avec l’école Michel Servet (l’établissement est exposé à la pollution du Tunnel de la Croix-Rousse, NDLR). On ne parle pas des sujets de fonds. Il n’y a que de belles images et de belles couleurs. La politique aujourd’hui est devenue un sujet de communication. Mais quand traite-t-on des sujets de fond ? », a-t-elle pesté.

Sidérée, Isabelle Granjon (Parti communiste) a quant à elle évoqué l’état des logements de certains agents municipaux. «  En 2018, certains gardiens vivent encore dans des appartements équipés de simple vitrage. Ce sont de véritables passoires, s’est-elle insurgée. Avant de nous donner des grandes leçons, j’aimerais bien que la Ville isole ses bâtiments. Pour moi, c’est déjà la première grande escroquerie lyonnaise ! On peut nous sortir un document qui a coûté une blinde et en même temps laissé des gens dormir dans des appartements qui ne peuvent pas être chauffés. »

En parlant  d’appartement nous vient à l’esprit une histoire. Celle d’une élue qui était de permanence, mais également conviée à des festivités.  Pendant qu’elle est dans l’euphorie du moment, on lui signale la présence de squatteurs dans le logement d’un gardien de cimetière. En réponse à la demande de « que faire des agents en service » notre élue leur demande de les mettre à la rue. Une bévue quand on sait qu’il s’agissait d’une femme enceinte avec des enfants. Malgré des recherches, ils n’ont pas été retrouvés lorsque l’élue se rendant compte de la situation a cherché à rattraper le coup.  

Mais revenons aux questions d’environnement. Ambiance également dans le 6e arrondissement : « Je suis assez choqué. Le document mélange beaucoup de thématiques différentes comme celles de l’insertion ou de la solidarité. Et puis c’est assez bizarre que la Ville de Lyon mène une concertation à quelques mois d’échéances électorales », a ainsi maugréé le conseiller Jean-Michel Duvernois au nom de la majorité de droite.

Et l’élu de s’emballer : « Nous avons reçu de petits sachets de graines. C’est honteux, c’est un gâchis d’argent public, peu d’habitants du 6e disposent de 3 m2 où les semer. » Gaétane Hazeran a bien tenté de prendre la défense de la majorité municipale en proposant d’en faire profiter les pieds d’arbres de l’arrondissement, ne récoltant que des haussements d’épaules. « Au pire, ça nourrira les oiseaux », a-t-elle conclu.

Nous espérons que ce n’est pas Dounia Besson qui a acculturé notre élu à l’environnement et donné quelques conseils dans la rédaction du document qui sera présenté en conseil municipal le 15 novembre.

Extraits tirés du blog Saladeslyonnaises

Thomas Petragallo