Où trouver 53 milliards d'euros d'économies ?

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Samedi 15 février 2014

Chaque nouvelle conférence de François Hollande fait fondre comme neige au soleil le logo socialiste sur les documents des candidats aux élections municipales. Le socialisme ne porte-t-il plus les valeurs de gauche défendues ardemment par les différents candidats ? En tous cas cela est de plus en plus discutable et difficile à défendre. D’ailleurs au fur à mesure que le temps passe nous nous rendons compte que la logique des partis omniprésente dans notre paysage n’est, ni plus ni moins, qu’une logique d’opportunité. Il suffit de regarder le jeu des alliances pour se rendre compte qu’en fonction de telle ou telle situation des « arrangements sont possibles ». Les ennemis détestables se transforment en frères tolérés pourvu que l’écurie devienne apte à remporter un prix. Les tenants de la vraie gauche, ou prétendue telle, ironisent même au Parti de Gauche ou au Parti Communiste dont l’alliance pour un front commun s’effrite. Les intérêts particuliers s’effacent devant le discours que l’on déballe à grands coups de phrases médiatiques ou de tracts. A Lyon, contre l’avis de leurs adhérents, des élus communistes pour ne pas perdre « leur place » on rejoint la liste portée par Gérard Collomb. A Bron, une ancienne élue PS, Elisabeth Brissy-Queyranne soutenue par son mari Président PS de la Région critique la politique d'urbanisation menée par la maire sortante "La ville va mal, elle a pris un mauvais tournant", s'exclame-t-elle. Elle critique, "une urbanisation des années 70, on n'a pas anticipé les crèches, les écoles ou les nouveaux commerces". Et pourtant à une certaine époque son ancien ministre de mari était maire de cette ville. A Rillieux dont Hélène Geoffroy est députée de la circonscription, uit adjoints démissionnent du Parti Socialiste. Ils ont décidé de constituer une liste dissidente aux municipales. Parmi ces "rebelles", Jacky Darne, ex-Premier Secrétaire Fédéral du PS, actuel Adjoint à la Culture, et son fils, Jean-Christophe Darne Adjoint aux Finances, qui sera tête de liste, ont attendus la fin du mandat pour dénoncer "les dérives dans les pratiques municipales". Mais pas avant les élections, des fois que le maire prenne l’idée de les démissionner de leurs postes d’adjoints indemnisés. Ces exemples ne sont pas des exceptions

Nous mourrons aujourd’hui de tous ces conflits, de tous ces arrangements, de toutes ses contradictions qui deviennent incompréhensibles. Dans notre démocratie à bout de souffle tant l’abstention prend le pas, l’émergence de listes citoyennes dans les élections locales apparait comme une nouvelle donne. Pourquoi des personnes de terrain, ayant fait l’expérience d’une vie professionnelle, désireuses de s’engager pour le bien de leur ville et ses habitants n’auraient pas la capacité de gérer une ville et la légitimité pour le faire ? Miser sur le bon cheval pour s’assurer la pérennité d’un poste pour certain est le seul véritable investissement qui vaille. Les défis qui arrivent avec la mise en place de la nouvelle métropole sont conséquents et nécessitent de l’implication et de l’attention. Or l’absentéisme de nos élus régulièrement répété par les médias n’est pas un encouragement à la confiance. Les listes citoyennes sont probablement une réponse pour lutter contre une tendance à phagocyter les fonctions et les postes sans en assumer la responsabilité. Mais pour que ce renouveau soit efficace, il doit s’accompagner d’un nouveau mode de gouvernance, plus proche du citoyen et évitant à la fois les cumuls de mandats et le nombre de mandats successifs.          

Mais revenons à nos 53 milliards et leurs conséquences pour les Vaudais et la Ville puisque nous nous intéressons à notre situation locale. Quelles seront les conséquences pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le maintien de services publics de qualité et d’agents motivés, etc… ?

Dans sa conférence de presse du 14 janvier 2013, le président de la République a évoqué, pour la période 2015-2017, 53 milliards d'économies pour la dépense publique. Ces 53 (ou 50) milliards viendront donc s’ajouter aux 15 milliards de réduction déjà programmés dans le budget pour 2014. En 2013 le déficit budgétaire de l'Etat en France a atteint 74,9 milliards d'euros.

Parmi les pistes d’économie qui se dégagent les principales concernent le logement, la protection sociale, les collectivités locales. De quoi nourrir quelques inquiétudes quand on connait la situation de Vaulx-en-Velin….

Dans le domaine du logement, l'ensemble des dépenses fiscales (qui comprennent aussi les réductions de TVA ou les prêts à taux zéro) est estimé à 14,3 milliards d'euros pour 2014. Le total des dépenses de l'État en faveur du logement atteindra 39,5 milliards en 2014 et même 41,3 milliards si on intègre les contributions des collectivités locales. Il est fort probable que des coupes vont intervenir dans ce domaine et lorsque l’on sait que la grande majorité des logements vendus sur notre ville bénéficie d’une réduction de TVA espérons que la mesure gouvernementale ne provoquera pas une panne.  

La protection sociale ne sera pas épargnée non plus. Le Haut Conseil à la Protection Sociale est chargé d'évaluer et de rationaliser le financement de ce système, pour notamment décider comment sera financée la suppression des cotisations patronales pour la famille, annoncée par François Hollande comme une composante du pacte de responsabilité avec les entreprises.

Les collectivités territoriales seront également regardées de près. Le gouvernement défendant notamment les fusions et les rapprochements. Terra Nova, think tank social-démocrate, proposait par exemple, l'an dernier, de faire des économies sur les routes : "Les collectivités pourraient ne plus dépenser que la moitié des 16 milliards affectés aux routes (nouvelles voies, entretien), relataient alors Les Echos. Quatre milliards seraient investis dans des secteurs plus créateurs d’emplois, quatre milliards réduiraient le déficit.". Idée géniale : si on ne fait pas les travaux, on ne dépense pas et bientôt tout le monde roulera en 4X4 sur des routes défoncées ce qui relancera l’industrie automobile. Futée notre élite.

Mais élections obligent, toutes ces pistes ne seront suggérées qu’après les différentes élections. De cette manière, cela permet de calmer Bruxelles et de s’adonner au sport favori des socialistes (et de tous les élus en général) : la création de commissions.