Baisse généralisée des offres d’emploi en Rhône-Alpes ?

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Dimanche 20 septembre 2015

Selon le site Qapa.fr spécialisé dans le recrutement par matching, depuis le mois de février, les offres  auraient diminué de 35% dans notre région. Rhône-Alpes traverse donc une période difficile en termes d’emploi. Priorité des priorités, notamment pour le président de la République qui a fait de l’inversion de la courbe du chômage la condition sinéquanone à sa candidature à un nouveau mandat en 2017. Autant dire que tous les services de l’état sont aux quatre cents coups. Une épine du pied supplémentaire pour le président de la région quand la quête sa succession.  330 611 personnes de catégorie A sont à la recherche d’un emploi.

Pourtant pour les acteurs régionaux réunis par la préfecture du Rhône, les indicateurs fleurent bon l’optimisme ? « Une hausse continue, mais une embellie à venir ». Sur quoi se basent-ils pour arriver à cette conclusion ? À des chiffres.  Le chiffre d’affaires lié aux exportations des entreprises en  Rhône-Alpes a progressé de 5,5% et l’investissement de 4% au deuxième trimestre 2015. Une embellie passagère peut être pour le secteur intérimaire, mais rien de certain sur le long terme, car il n’y a pas de stabilité dans ces chiffres et d’autres part, pour gagner des parts de marchés, les principales entreprises exportatrices de la région lorgnent du côté des pays émergents (Inde, chine, brésil) pour installer des partenariats et mieux se positionner sur les marchés. Il n’est donc pas certain que l’embellie profite à notre région. Il faut garder à l’esprit que pour l’instant c’est l’auto entrepreneuriat qui est créateur d’emploi, mais des emplois individuels. Suivi par l’informatique et les nouvelles technologies.  

Le préfet à l’occasion de cette rencontre, a demandé aux entreprises de recruter des jeunes en apprentissage. 40 500 apprentis ont un contrat en Rhône-Alpes, alors que le nombre de places est de 62 000 places en centre de formation en alternance. Ce type de contrats est en baisse dans la région (-1,2% d’avril 2014 à avril 2015). Voilà encore une priorité du candidat Hollande qui n’est pas franchement un succès. L’apprentissage a diminué de 20 % depuis 2012. Nous sommes à 300 000 apprentis pour un objectif fixé à 500 000 en 2017. Il faut dire qu’avec les coupes faites dans les aides publiques en 2013, la réforme de la taxe d’apprentissage en 2014 et quelques prescriptions réglementaires telles que l’interdiction de cueillir des fruits en montants sur une échelle, ce n’est peut-être pas la bonne manière de favoriser l’apprentissage.

Mais pour quelle raison notre président normal a-t-il traité cette priorité envers les jeunes d’une façon si particulière. Pour financer les contrats aidés. Pour alimenter le dispositif emplois jeunes (413 000 en 2014) il a fallu trouver des financements. Alors même si chacun sait qu’à terme les emplois aidés ne créent pas d’emplois ni ne débouchent vers un métier contrairement à l’apprentissage. La vraie priorité est donc l’inversion à tout prix de la courbe du chômage. Pour les mois qui viennent nous allons en entendre souvent parler.

C.A