Retraites complémentaires: jusqu'à 18% de baisse de pension

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Mercredi 6 avril 2016

Les mesures de l'accord Agirc-Arrco d'octobre 2015 pénaliseront les futurs retraités du privé, salariés et cadres. La baisse de pension s’accentuera au fil des générations, selon des simulations du Conseil d’orientation des retraites (COR)…

À partir de 2016, l’accord prévoit une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation). Mais elles ne pourront pas diminuer. La date de revalorisation des pensions change aussi puisqu’elle sera décalée au 1er novembre au lieu du 1er avril.

Racheter des points retraite coûtera plus cher. L’accord prévoit une augmentation du prix d’achat du point de retraite pendant trois ans. Alors que pour 100 euros, le salarié achète actuellement 6,56 points, il n’obtiendra plus que 6 points dans 3 ans.

L’accord destiné à renflouer les caisses des régimes complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous les autres salariés), signé en octobre par trois syndicats (CFDTCFE-CGC et CFTC), prévoit notamment une incitation à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus et une moindre revalorisation des retraites.

Il vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, ce qui limiterait le déficit des régimes à 2,3 milliards d’euros à cette date.

Sans surprise, du côté du patronat, on se frotte les mains : « C’est un bon accord pour l’ensemble des partenaires signataires », a déclaré devant la presse le négociateur du Medef, Claude Tendil.

« C’est un accord équilibré, compliqué aussi parce qu’il demande des efforts aux salariés et aux retraités. Les entreprises vont être mises à contribution également », a renchéri Jean-Louis Malys (CFDT).

Mais comme prévu, la CGT et Force ouvrière, ont refusé de signer cet accord, qui ouvre selon eux la voie à un report de l’âge de départ à la retraite. « On n’a pas fini d’entendre parler de ce texte », a prévenu Eric Aubin (CGT), le qualifiant de « régression », Philippe Pihet (FO) fustigeant un « accord déséquilibré ».

Pour François Hollande, cet accord « n’est pas un report de l’âge de la retraite (…) C’est une liberté qui est accordée » aux salariés, estime-t-il.

Les tire-au-flanc  nés en 1959 qui voudraient partir à l’âge normal de la retraite c'est-à-dire 62 ans écoperont d’une décote de 14,5%  de leur pension complémentaire à partir de 2019 pour une durée de 3 ans. La complémentaire représente une part importante de la retraite.  

Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s’applique au maximum jusqu’à 67 ans.

Il a raison François Hollande « C’est une liberté qui est accordée  aux salariés». Ou un artifice pour augmenter de facto l’âge de la retraite ?

C.A