Fils spirituel de Jaurès, réveillez-vous.

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 Dimanche 1er novembre 2015.

 Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles, les mensonges à répétition deviennent irrespectueux. Nous pouvons pardonner des erreurs, comprendre la difficulté, mais l’hypocrisie ambiante est insupportable. Nous aurions envie de dire « amis, entendez vous le cri sourd du pays qu’on enchaine » Dégradation des conditions de travail, apartheid géographique, restriction des libertés individuelles, frein sur l’égalité des chances, taxes à répétitions. Mais ce serait peine perdue. La cécité et la surdité se sont emparées de nos politiques et rares sont ceux qui sont proches des réalités. Nous nous exprimons avec dans le cœur  le sentiment que l’on ne prépare pas à chacun de nous le même chemin. Nous nous exprimons avec le ventre serré par l’incompréhension, par le doute, avec l’impression d’avoir en quelques années reculés de 30 ans.

Une personne pauvre, selon la définition retenue par l'Insee, possède un niveau de vie inférieur à 1.000 euros par mois. Ainsi, le taux de pauvreté des retraités, s'il reste largement inférieur à la moyenne, a augmenté, de 7,7 à 7,9% en 2013. Au total, ce sont désormais 1,08 million d'entre eux qui se situent sous le seuil de pauvreté, soit près de 40.000 de plus en un an. Cela s'explique notamment par le fait que "la revalorisation de l’ASPA (ex-minimum vieillesse) pour une personne seule a été moindre que les années précédentes (gelé en 2015 + 1,1 en octobre 2014+ 0,6 au 1er avril 2014 +1,2% au 1er avril 2013 contre +4,7% aux 1er avril 2011 et 2012)", note l'Insee.

Plus de 100 députés socialistes se sont alarmés dans un courrier à Manuel Valls de la hausse des impôts locaux affectant certains retraités modestes (heureusement, il reste encore des consciences). Dans deux articles récents, nous avions évoqué le sujet et notre incompréhension (cliquer ici). En guise de réponse, Manuel Valls s’est engagé samedi dans la soirée à « neutraliser l'impact d'une situation aussi brutale qu'injuste".

Dans la foulée le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, annonce des mesures en faveur des 250.000 retraités modestes qui sont désormais contraints d'acquitter des impôts locaux alors qu'ils étaient jusque-là exonérés. « D'abord, cela n'est pas acceptable et nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour rétablir les choses. » « Nous allons préparer une disposition législative en ce sens, les conséquences sur les impôts locaux de la suppression de la demi-part des veuves - qui avait été décidée avant nous, mais que nous avons été amenés à assumer - seront neutralisées. Cette situation est la conséquence directe d'une décision prise en 2008, par le précédent gouvernement, de suppression de la demi-part dite des veuves, mais qui concerne également les parents isolés. Il s'agit donc d'une bombe à retardement que nous ont laissée nos prédécesseurs.» prévient Christian Eckert. « Les personnes concernées qui auraient déjà payé ces impôts en 2015 seront remboursées sans démarche particulière. »

En général, quand on détecte une bombe à retardement la plus élémentaire des logiques conduirait à éviter l’explosion. Nous avons l’impression que nos élus ont perdu tout bon sens. Cela évite de faire le pompier et gaspiller de l’énergie et du temps. À moins que l’intention ne soit volontaire pour mieux souligner la décision Sarkozyste.

Et puis il faut être capable  d’aller au fond des choses et assumer également ses propres incohérences. Jusqu'en 2013, les majorations de retraite pour charges de famille (familles nombreuses d'au moins 3 enfants) étaient exonérées depuis 1941 d'impôt sur le revenu. Le projet de loi de finances pour 2014 a abrogé cette exonération en modifiant l'article 81 du Code général des impôts.

La majoration de pension (accordées par les régimes de retraite obligatoires (de base, complémentaires et ceux des fonctionnaires) qui était exonérée d’impôts pour avoir élevé trois enfants est donc maintenant imposée comme les autres revenus au barème progressif de l'impôt dès 2014. Cette décision est jactée par le fait que ce sont essentiellement les pensions les plus élevées qui bénéficient de cet avantage fiscal, ce qui n'est plus justifié aujourd'hui, d'autant plus que les majorations sont proportionnelles à la pension. Objectif de la mesure, faire entrer 1,2 milliard d’euros dans les caisses de l’état. Seulement voilà, cette décision créée des dommages collatéraux et c’est toujours les mêmes qui trinquent. Par effet de seuil, certains retraités percevant une petite pension se retrouvent à payer et impôts fonciers et taxe d’habitation. Perseverare diabolicum dirait l’autre.

C.A