Conseil municipal du jeudi 12 février 2015

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Mardi 10 février 2015

L’exécutif Vaudais entre dans le dur de son mandat en présentant son premier DOB (débat d’orientation budgétaire) avec en corolaire un mot d’ordre « Nous voulons travailler dans la transparence. La culture du secret, c’est fini. » Il est clair que cette volonté fortement exprimée est à l’intention de l’ancienne équipe. Notre « Force Magazine » version socialiste de feu la Pravda, consacre une page à la philosophie budgétaire versus Geoffroy histoire de commencer à mettre les pieds dans le plat financier, mais aussi un rappel des actions entreprises et a entreprendre. Un échantillon du document de 32 pages qui va servir de support aux débats. L’ancienne municipalité va devoir répondre aux critiques qui vont lui être faites et faire d' immanquables remarques. À condition que ses membres soient présents. Il sera sans doute rappelé à Hélène Geoffroy pendant les échanges qui ne manqueront pas d’être animés que cette dernière a voté tous les budgets en connaissance de cause et a accepté de fait les décisions prises sous l’ancien mandat.

Nous avons pu nous procurer le document qui sera présenté lors de ce conseil municipal et surement distribué par la suite aux habitants. La première partie de ce document d’une trentaine de pages est consacrée à décrire la situation financière de la ville et l’héritage laissé par l’ancienne municipalité. Il est même souligné l’impéritie, c'est-à-dire le défaut de compétence dont elle a fait preuve. Pas certain que Saïd Yahiaoui apprécie ce substantif. Nous ne pouvons qu’être d’accord sur le constat et l’impact sur les possibilités actuelles de la ville. Ce sont des faits et une réalité que nous avons à maintes reprises abordés dans différents articles que nous vous encourageons à lire et à relire. Ce n’est donc pas une découverte et nous aurions aimé dans le passé entendre l’opposition socialiste s’élever contre ce qui est dénoncé aujourd’hui. Ce n’était pas faire le jeu de la droite, mais au contraire rendre service aux Vaudais. Lorsque la gauche ne s’oppose pas à la gauche, elle est forcement happée et comptable de fait. C’est un manque de valeur morale. À force de vouloir toujours ménager la chèvre et le chou pour des perspectives électoralistes (on ne sait jamais l’alliance que l’on est supposée faire) on perd en acuité visuelle. Sans préfigurer les élections de 2020, en cas de présence d’une liste front nationale dans la dynamique actuelle, il est possible qu’il soit nécessaire d’envisager un rapprochement des gauches. 

Pour aller au bout de l’héritage, la dégradation progressive de la situation Vaudaise ne date pas du Mandat précédant. Les prémices en étaient visibles alors que les socialistes étaient associés à Maurice Charrier. Les choix politiques qui ont engagé la ville datent de cette époque et ont été poursuivis par l’équipe conduite par Bernard Genin. Dans le progrès du jour, les commerçants du centre-ville font part de leurs inquiétudes et des fermetures qui s’accélèrent. Ce n’est pas seulement qu’une question de conjoncture.

Ceci dit, vouloir inverser l’ordre des choses est une démarche que nous approuvons et nous partageons la priorité à destination des écoles. Pas seulement dans la construction et rénovation de structures, mais aussi dans toutes les actions déterminantes pour l’avenir de nos enfants. Ça coûte, mais c’est synonyme d’engagement pour l’avenir et donc fondamental. La nécessité de rattraper le retard pris alors que des rapports mettaient en évidence l’explosion démographique du nombre d’enfants à scolariser nous laisse interrogateurs et dans l’incompréhension la plus totale.

Le DOB souligne les éléments de conjoncture économique nationale nous les connaissons, tout est dégradé malgré les hausses importantes d’impôts. Il en ressort un effort significatif demandé aux collectivités locales et qui est plus important que celui demandé aux ministères, puisqu’il représente pour les collectivités locales 1,6 % de leur budget, alors que l’effort de 1,8 Md€ demandé aux ministères en représente 0,9%. Ceci veut dire qu’il va falloir faire mieux avec moins et aller taper aux portes des institutionnels pour faire rentrer des euros dans les caisses de la ville tout en faisant des économies. Mais justement, ou faire des économies ? À part la réduction du parc automobile, aucune annonce n’a été faite. Un point notable concerne l’augmentation des dépenses de personnel. 18% depuis le dernier mandat. La masse salariale est un élément qui pèse lourd sur les finances de la ville et demanderait une étude proprement dite. Puisque la vocation est de travailler dans la transparence il y a peut être un abcès à crever dans ce domaine et apporter une réponse sur les questions que les habitants se posent depuis le changement de municipalité avec l’arrivée de nouveaux cadres non compensés par le départ des anciens toujours présents, mais déchargés apparemment de toutes fonctions.

Nous ne croyons pas à une baisse des impôts locaux sur le mandat. Il y aura une hausse des bases donc une augmentation annuelle souvent supérieure à l’inflation. Pas de révision de la fiscalité locale pour la rendre plus juste non plus, car le Président de la République a oublié cet engagement. La métropole à peine née nous ponctionne déjà de 5%. Ce n’est déjà pas mal pour une structure sensée dégager des économies. Pour l’instant, la plus-value déclarée par Hélène Geoffroy en termes de cumul de mandat n’a pas apporté la manne escomptée. Nous avons eu les visites de ministres, mais ils n’ont pas laissé de chèque. Nous pensons que ce n’est pas le statut de députée qui a favorisé les réorientations ANRU. Vous verrez ce que vous allez voir…mais pour l’instant nous n’avons encore rien vu. Une dizaine de millions de subventions permettrait à notre premier adjoint de respirer ce qu’il ne doit pas faire tous les jours tant la bourse à tendance à se vider.

La seconde partie du document d’orientation budgétaire définit par thème les actions envisagées. L’exposé est explicite et ne réserve pas de surprise particulière excepté l’attention portée à la sécurité et à la tranquillité publique qui se place au titre de priorité. L’environnement avec l’adhésion au plan climat énergie territorial est également mis en avant.

Il faudra donc attendre le bilan de 2015 pour mesurer l’action municipale et confronter la réalité du terrain avec les prévisions.

C.A