L’interview qui déchire

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Samedi 14 mai 2016

Le titre était aguicheur, le contenu quand même un peu moins. Dans une interview du progrès du 07 mai 2016, le nouveau maire de Vaulx-en-Velin se livre sans concession. Le 11 février 2016, Hélène Geoffroy était nommée secrétaire d’État à la ville et le 25 mars 2016 Pierre Dussurgey était élu maire.

À la question le costume de maire n’est-il pas trop difficile à endosser, ce dernier répond avec modestie « Entre un mandat de premier adjoint et un mandat de maire, il y a une marche. D’autant que je ne suis pas quelqu’un qui aime se mettre en avant… Il faut s’approprier cette fonction, ça devrait prendre du temps. Mais je n’en ai pas ! Heureusement, je suis bien entouré avec une bonne équipe. C’est une chance. »

C’est vrai que Pierre Dussurgey n’aime pas se mettre en avant, jusqu’à ne pas mentionner son titre de maire sur le chevalet lors du dernier conseil municipal. Quant à être entouré par une bonne équipe est-ce de l’ironie ou bien une pensée sincère. La nomination de Pierre Dussurgey n’a apparemment pas fait que des heureux et d’autre part lorsque l’exécutif nous fera part de son bilan sur les deux années écoulées hors « La priorité c’est les écoles » nous pourrons juger de la qualité de l’équipe. Car pour l’instant, il y a beaucoup de communication, mais par exemple les conseils de quartiers sont à la peine pour ne pas dire plus et au niveau de l’insertion il n’est pas certain que sur ces deux années écoulées aient permis de mettre en place des initiatives. D’ailleurs lors du dernier remaniement l’adjoint en charge de ce dossier a changé de fonction 

À la question : Vous pensez à 2020, à ce que vous ferez ?

« On se posera la question au moment opportun. C’est mon premier mandat. Alors, la suite… Si vous voulez savoir, je n’y pense pas en me rasant. »

À vrai dire, personne ne pense à 2020, il est bien connu que les hommes politiques lorsqu’ils ont un mandat ne sont préoccupés que par l’instant présent. On n’a jamais assez d’ambition pour sa ville et on n’est jamais assez révolutionnaires. Et pourtant nul n’ignore que tout ce beau monde est déjà dans les starting-blocks pour préparer les prochaines élections municipales. En prenant des précautions pour bien cadrer l’électeur.  Là où les entreprises font de l’optimisation fiscale, les partis politiques font de l’optimisation électorale et celui qui est toujours le mieux placé pour cela c’est celui qui tient les commandes et les cordons de la bourse.

Le top, c’est la question sur le modèle politique au sein du PS. Pierre Dussurgey est dans la continuité. Son idole c’est Hélène Geoffroy. Pas jean Jaurès, pas Léon Blum, pas Mitterrand ni Jospin. Non Hélène Geoffroy. La brosse à reluire et la boite de cirage ne sont pas loin.

La question est de savoir vu ce qui se passe ces derniers temps au sein du PS si Hélène Geoffroy est bien en phase avec  les valeurs du PS, car en ce moment le gouvernement est plutôt chahuté par ses militants.

Par contre le journaliste aurait pu en profiter pour poser des questions plus pertinentes, par exemple quelle est la position du nouveau maire concernant le cas Morad Aggoun.  Le rôle d’un homme politique c’est de prendre position. Il y a une question de dignité. 

Le cas des conseils de quartiers aurait été également intéressant à aborder. Notre ministre de la ville dans une lettre ouverte nous a fait part de son intérêt et l’importante de la démocratie participative qu’elle met en avant de manière positive sur la ville de Vaulx-en-Velin en référence.  Seulement, tous ceux qui s’intéressent à la ville savent qu’il y a énormément de problèmes à résoudre, car les conseils de quartiers ne fonctionnent pas et notamment du fait de la municipalité proprement dite. Par son manque d’implications et de celles des élus qui les dirigent. Quelle est l’ambition de Pierre Dussurgey sur ce sujet.  Être dans la continuité?

Et puis sur le différend qui semble opposer deux élus de la majorité à Hélène Geoffroy. Quelle est la position de notre nouveau maire. Il y a des acteurs du monde associatifs qui sont surpris qu’il ne leur soit pas possible de rencontrer ces élus qui portant possède une délégation. Apparemment il y a un mot d’ordre qui court pour leur interdire l’accès à certaines manifestations ?  Voilà une question de journaliste.  Qu’est-ce qui prime dans cette dualité entre un objectif à atteindre en faveur des Vaudais et une guerre d’égos sous fond de bataille politique.

Des associations se plaignent d’un traitement qui ne serait pas égalitaire. Pourquoi, puisque vous avez  élaboré une formule de calcul ne pas la rendre publique afin d’éviter la crainte de favoritisme ? 

C.A