Petite analyse comportementale

Share

 

Lundi 28 novembre 2016

Depuis le début de cette année,  le microcosme politique vaudais est en pleine ébullition. À l’heure où la stabilité, l’humilité et le devoir de  servir les vaudais seraient de mise, c’est une appétence pour le pouvoir et de bas calculs électoralistes qui servent de fil conducteur à nos élus. C’est dommage. Nous avions l’espoir d’un véritable changement au niveau de la transparence, du comportement, de la déontologie, du rapport avec les habitants. Force est de constater que les Vaudais ne peuvent qu’être aussi  déçus que nous le sommes. Le constat est amer,  les révolutions s’avèrent souvent décevantes et le bilan de l’année 2016 n’échappe pas à la règle. Cela a commencé par les accusations de viol  à l’encontre de Morad Aggoun l’élu au personnel , suivi du retrait des délégations d’adjoints de Stéphane et Christine Bertin pour un motif qui s’il était appliqué dans les rangs gouvernementaux socialistes ferait bien des ravages,  la démission momentanée d’Hélène Geoffroy pour convenance personnelle et l’élection provisoire d’un maire de substitution qui fait tiquer quelques prétendants.

Nous ne nous attarderons pas sur l’opposition Vaudaise qui se montre très timorée. Quelques réparties, mais rien sur le fond. Que ce soit au niveau de la gauche comme de la droite. Pourtant,  après tous les reproches qui ont été faits à Bernard Genin, Saïd Yayahoui, Philippe Zittoun par les socialistes,  nous pourrions nous attendre à des réponses un peu plus  circonstanciées de la part de ses derniers. Particulièrement sur la partie budgétaire ou la situation dénoncée par la majorité est quand même une conséquence d’une politique menée conjointement par le PC et le PS sur plusieurs mandats et approuvée en totalité par Hélène Geoffroy lorsqu’elle dirigeait l’opposition. Il serait facile de prendre la parole pour rappeler cette situation et la mettre face à ses contradictions. Philippe Zittoun n’est pas encore sorti  du fond de sa piscine et se contente de quelques piques sur les réseaux sociaux. Quant à Nordine Gasmi et son équipe, le jour où ils s’exprimeront sera à marquer d’une pierre blanche.

Comme nous en avions fait la remarque, le groupe « Agir pour Vaulx-en-Velin », une des composantes de l’exécutif a vu deux des ses six élus  prendre des distances,  ce qui a conduit le journaliste de notre quotidien local à quasiment annoncer la mort politique du couple Bertin et de l’association. Il a peut-être raison, mais peut-être tort. Qui peut savoir où conduisent les revers en politique. Les arguments avancés et la conclusion auraient mérité quand même plus de précision et d’explication notamment sur les raisons invoquées par les transfuges.  Les désaccords sont des situations normales qui aboutissent rarement à de telles extrémités et méritent donc que l’on s’y attarde. Si l’on prend l’exemple de madame Comte, nous avons appris que cette dernière souhaitait qu’une fronde soit menée lors de l’élection du maire et que Stéphane Bertin présente sa candidature certaine que l’opposition et une partie de l’exécutif suivraient. Soulignant que si ce dernier n’en prenait pas l’initiative, elle proposerait son nom. Ce qu'elle n'a pas fait. Pour madame comte, Pierre Dussurgey n’a ni les compétences, ni le charisme, ni la légitimé pour occuper la fonction. Cependant, avec un tel a priori, nous avons du mal à comprendre, en premier lieu la raison de son vote pour la destitution de Stéphane Bertin puisqu'elle le plébiscite pour prendre le poste de maire et le fait de quitter le groupe APVV tout en se rapprochant des socialistes et apparentés. Il y a là, une logique qui nous échappe? 

 

Nous aborderons à nouveau le sujet, car il mérite d’être approfondi. Mais, revenons en 2009 pour faire une petite analogie. À cette époque, Hélène Geoffroy était dans l’opposition après une cinglante défaite. Le groupe socialiste et apparenté comptait 5 élus et deux d’entre eux n’ont pas résisté à l’appel des sirènes en rejoignant l’exécutif dirigé par Bernard Genin. Comme quoi les transfuges ont toujours existé et existerons encore, question de moment et d’intérêts. Cela n’a pas empêché Hélène Geoffroy de survivre à cette désaffection et aux départs de Philippe Zittoun et Batoul Hachani revenu au conseil municipal suite au départ de Dora Hannachi (c'est encore le portrait de Dora hannachi demissionnaire qui est visible sur le site de la ville, certaines mise à jour sont plus rapides que d'autres).

Notre journaliste aurait pu entrer dans les méandres de l’hégémonie socialiste et apparenté et décrire un exécutif sans état d’âme et sans cohésion mue par des ambitions personnelles et part l’indifférence de certains élus quant à leurs responsabilités. Par exemple en soulignant la contradiction entre la charte signée par les colistiers d’Hélène Geoffroy et sa traduction concrète sur le terrain en prenant l’exemple de Morad Ben Driss encore une fois absent du conseil municipal. Apparemment ce dernier n’habite plus sur la commune, ne s’investit pas dans la vie municipale et pourtant perçoit ses indemnités. Voilà ce que l’on nomme « avoir le sens des responsabilités et de l’engagement ». http://c.leprogres.fr/rhone/2014/03/02/les-colistiers-d-helene-geoffroy-signent-tous-une-charte-d-engagement

Les médias pourraient s’attacher à souligner les tensions qui deviennent de plus en plus visibles au sein de la majorité socialiste vaudaise. En premier lieu, au niveau du noyau dur, celui que l’on peut qualifier de décideur, Hélène Geoffroy, Stéphane Gomez, Muriel Lecerf. Il semble que Muriel Lecerf et Stéphane Gomez s’évitent tout autant qu’eux deux évitent Pierre Dussurgey dont ils se demandent comment Hélène Geoffroy a pu le choisir pour l’intérim alors que la fonction aurait dû revenir respectivement à l’un ou l’autre.

Stéphane Gomez ne se cache même pas de souligner l’inaptitude et l’incompétence de Pierre Dussurgey dont le regard se tourne vers Hélène Geoffroy pour chercher les réponses aux questions de l’opposition lors des conseils municipaux.

Le même Stéphane Gomez voit son avenir politique et ses ambitions se restreindre comme peau de chagrin. Ce n’est pas lui qui représentera le PS aux législatives et le nouveau mode électif pour les conseillers communautaires lui laisse également peu d’espoir pour un nouveau mandat à la métropole.

Muriel Lecerf, la secrétaire de section du PS Vaudais, militante de longue date,  bien que sans doute compétente dans les missions qui lui sont confiées ne réussit malheureusement qu’à se faire détester par ses collègues, car le côté relationnel n’est pas son point fort.   

Au sein du groupe lui-même, les divisions sont bien présentes et parfois, s’il n’était question d’une louche qui remplit le bol l’unité affichée volerait sans doute en éclat. Il y a même un courant en faveur de Nordine Gasmi qui se dessine. 

Et puis, l’appétit arrive également du côté du second pilier de la majorité Vaudais, Madame Dahoum adjointe à l'éducation se verrait bien en haut de l'affiche. Non contente d'avoir été nommée Vice Présidente du PRG de la Région Rhône Alpes Auvergne, Madame Kaoutar Dahoum se sent pousser des ailes en dehors de Vaulx-en-Velin. Elle sèche donc non seulement les réunions des commissions, de la majorité ou de simples rendez-vous, mais ce week-end ce fut pire. En effet elle a planté le Maire et Mme La Ministre qui avaient réuni l'ensemble des élus de la majorité comme de l'opposition pour se rendre à un congrès de son parti à Paris. Il faut dire que le sujet était d'importance: le choix du futur candidat du parti radical de gauche à l'élection présidentielle qui cette fois ne passera pas par la case primaire. Il parait même que Madame Dahoum va être dans l'équipe de campagne de Madame Pinel et si cette dernière est élue surement ministre de l’Éducation. Aura-t-elle le courage de démissionner de la mairie de Vaulx comme l'a fait Madame Pinel du gouvernement?

Selon les rumeurs Hélène Geoffroy et Pierre Dussurgey sont furax.  Attendons de voir si le Président de la République va exiger le départ de Madame Dahoum comme Monsieur  Queyranne avait exigé le départ de Madame Bertin lorsque cette dernière  avait eu des velléités de se présenter contre lui.

Et localement les choses ne vont pas être facilitées. Que vont dire les parents qui se plaignent de l'absence d’une adjointe à l'éducation qui ne  vient jamais aux réunions, ne connait pas ses dossiers, ne répond à  aucun courrier, ni demande ni mail,  quand ils sauront que Madame Dahoum regarde vers le parti, vers Lyon, vers Paris, plutôt que de s'occuper de leurs problèmes quotidiens. D’autant qu’au niveau éducation tout reste à faire à Vaulx-en-Velin.  Si du côté des infrastructures scolaires l’ambition est affichée et des actions incontestablement  mises en œuvre, du côté éducatif proprement dit nous avons du mal à croire que la donne va changer.

Et puis madame Dahoum est également adjointe au personnel. Une autre grosse charge quand on connait les difficultés que traverse la municipalité. Nous vivons vraiment une époque formidable.

V.L