Amicalement votre : Bernard Genin - Stéphane Louis Bertin

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Mercredi 24 juin 2015

Une chose est certaine, nos deux élus ne passeront pas leurs prochaines vacances ensemble. La psyché de Bernard Genin s’est focalisée sur celui qu’il désigne comme le seigneur du village. Quant  à Stéphane Bertin, ce dernier  ne rate pas une occasion pour rappeler à l’ancien maire son impéritie communiste. Sans doute, enfant pour canaliser la  fouge du jeune Bertin,  au lieu de s’en référer au traditionnel grand méchant loup ses parents ont dû utiliser la menace de l’effrayant bolchevique venant manger les petits garçons le couteau entre les dents. Évidemment cela a dû produit d’irréversibles séquelles qui ont continué à être alimentées par des années d’ expériences négatives.

Dans la partie dédiée à l’expression des groupes politiques du journal municipal du 17 juin 2015, nous pouvons à travers les propos de l’un et de l’autre mesurer l’ampleur du gouffre qui s’est creusé entre le représentant des masses populaires et celui dont la réflexion est alimentée par l’image subliminale du grand Charles.   

Pourquoi tant d’inamicaux échanges verbaux. Le tsunami du 30 mars 2014 n’y est sans doute pas étranger. Inimaginable et risible qu’un groupe d’habitants puisse avoir la prétention de remporter des élections municipales ou tout du moins d’y jouer un rôle de trouble-fête. Mais subitement au lendemain du premier tour l’inquiétude prenait le pas et au second tour, la fiction devenait réalité. Les pleurs sont venus accompagner l’idée que même les plus beaux rêves ont une fin. Et comme dans toutes pensées bien ordonnées la remise en question est un acte d’introspection qui est rarement pratiqué, le responsable de tous les maux ce fut Stéphane Bertin. Le félon en s’acoquinant avec la rose a commis l’irréparable et l’impensable s’est produit. Le bastion communiste ne fêterait pas son centenaire.

Au-delà de cet épisode qui a vu la ville de Vaulx-en-Velin changer de couleur politique que pouvons-nous dire de ces querelles intestines et du devenir de nos deux belligérants. Appliquons une règle de préséance en donnant au plus titré des deux la première place de notre exposé. Vu le contexte, une place qu’il ne risque sans doute pas de retrouver de sitôt.

Bernard Genin, a donc occupé plusieurs fonctions d’adjoint avant de devenir,  suite à la démission de Maurice Charrier,  Maire de Vaulx-en-Velin. Il se dit que Bernard Genin aurait poussé Maurice Charrier à lui céder son poste. Au nom du «  c’est mon tour Maurice ». En tout cas, l’idée ne fut pas bonne et 2009 sonna l’heure du déclin communiste. Au fil des ans, l’édifice construit par Maurice Charrier s’est effrité au point de laisser entrer des voies d’eau. Bernard Genin n’a pas donné l’image d’un travailleur acharné provoquant jusqu'à l’exaspération des habitants et même de certains des plus fidèles,  hypothéquant la prime au sortant. Pas de bras, pas de chocolat. Cet adage s’est traduit dans les urnes par un rejet et une migraine en prime. Il faut dire que ce n’est pas simple de vivre dans une famille recomposée et de ne penser que politique. Maurice Charrier ayant lâché les rênes, l’appétit des uns s’est aiguisé au point de rejeter le leadership de l’intronisé. Le plus tenu d’entre eux fut Saïd Yahiaoui.  Mais il a pourtant bien fallu s’entendre pour la campagne des municipales,  alors les négociations sont allées de bon train chacun essayant de peser en fonction de son apport ou bien de son pouvoir de nuisance. La famille s’est même agrandie entre les deux tours avec l’adoption de Nordine Gasmi. Adoption de circonstance et de dernière chance. Ce ne fût sans doute pas un coup de foudre mais le feu sacré de la nécessité. Mais ce faisant Bernard Genin venait de signer la fin de toutes ses prétentions, car il y a rarement de hasard en politique. Pour grappiller quelques voix, tout est bon à prendre et faire passer l’impétrant Bertin et ses complices pour des satellites d’extrême droite est une tactique éprouvée, mais également nocive, car elle vient nourrir plus profondément la rancœur  dont nous sentons les relents aujourd’hui.

Si l’euphorie de la victoire favorise les embrassades, les défaites ont pour effet d’amorcer les bombes. Une mitose dans le club des huit de la « Gauche Citoyenne » et voici  l’émergence d’un duo composé de  Saïd Yahiaoui et Dorra Hannachi justifiée par le fait que Bernard Genin n’aurait pas tiré les conclusions d’une situation dont il porte l’entière responsabilité. En gros ses ex-associés lui demandaient d’aller voir ailleurs.  C’est probablement l’affaire Chekhab qui a retardé l’implosion évoquée dernièrement par les médias et dont les signes avant-coureurs étaient latents.  Un mauvais ciment ne soutient pas longtemps l’édifice. La  « Gauche Citoyenne » a vécu,  scindée en quatre courants de pensées. Un vrai tonneau des danaïdes. Cela n’augure rien de bon pour la suite des prétentions Vaudaises de Bernard Genin. Manifestement il va pouvoir prendre du temps pour travailler son swing et peut être apprécier le golf, car avec le peu de soutiens qui lui reste et sans l’appui de Maurice Charrier  il doit aujourd’hui peiner à peser plus de 10% dans le paysage politique Vaudais. Ca va être très très dur de vendre l’union de la gauche des gauches vue la situation.  Alors il égrène le passé en prenant pour cible le seigneur  du village,  en lui reprochant et c’est un comble concernant toujours ce fameux projet de golf qui ne pourrait se faire sans expulsions  «derrière le mot expulsion et face à votre mépris devenu permanent, il y a des gens, des vrais » oubliant que des quartiers entiers de Vaulx-en-Velin se sont fait en expropriant des exploitants de bonnes terres cultivables qui n’ont eu par la suite que les yeux pour pleurer.  Nous sommes d’accord sur le fait que le rachat de l’hôtel du nord n’est pas judicieux et que sans doute au million de l’acquisition vont s’ajouter d’autres millions pour le remettre en état et en faire un usage.  Mais nous voulons rappeler aux souvenirs de Bernard Genin qui a la mémoire sélective que dans le temps,  la maison bourgeoise du parc Elsa Triolet avait été acquise puis sa toiture entièrement rénovée avant d’être démolie trois ans plus tard.         

De son côté Stéphane Bertin a quitté en mars 2014 ses habits de président de l’AVVV association bien connue du village (qui a été très active pour déposer des recours contre les projets immobiliers de la municipalité) pour ceindre l’écharpe d’élu et assumer la fonction d’adjoint de quartier. Cultiver l’image de premier de la classe ou de chef des castors juniors lui sied à merveille. C’est l’opposé d’un Bernard Genin nonchalant, lui cultive l’hyperactivité. Porte à porte tous les jours de la semaine y compris le jour du Seigneur.  Nous pensons que son objectif premier en se  lançant dans la campagne des municipales était de « Virer les cocos », mais pas n’importe lesquels, les Vaudais qui à son humble avis n’avaient de coco que le nom. C’est sans doute à sa femme et à quelques proches qu’il doit d’être catégorisé homme de droite. Sauf erreur de notre part, nous faisons tout pour nous assurer de vous donner de bonnes informations, son cheminement politique c’est soldé par un passage chez les verts, par la participation à l’écriture du programme sur l’environnement d’Hélène Geoffroy en 2008 (année funeste pour cette dernière) et le soutient de sa femme pour le compte du modem dans sa campagne pour les élections départementales avec le succès tout relatif de frôler le mur des 3%. Homme de gauche ou de droite ? Surement toujours plus à droite que Bernard Genin. Paris valait bien une messe avait dit Henri IV, une alliance avec Hélène Geoffroy (PS tendance Macron-économie plus à droite que le modem) était sans doute l’assurance d’atteindre l’objectif et de participer à l’exécutif. Tout ne doit pas être rose cependant, mais clopin-clopant notre élu poursuit son bonhomme de chemin de seigneur du village avec quelques prétentions sur la baronnie de la Grappinière et peut être même le conté des Barges ou il aimerait bien assoir également  sa notoriété. Le pouvoir griserait-il.  Notre « châtelain » prend gout à l’affaire dirait-on puisqu’il bat le pavé comme s’il était en campagne. Aurait-il des visées pour 2020 alors que l’échéance est encore lointaine. L’avenir nous le dira. Le petit fils du général se fait parfois prendre la main dans le pot de confiture. Ce chantre du stationnement parfait, du respect draconien du règlement et de la limite à 30% de logements sociaux  arrive à s’engager dans un sens interdit. Tout seul, comme un grand.  Si Si, mais bon cela arrive également aux Premiers ministres de se faire prendre en défaut.  Par contre s’il s’échine avec ses conseils de quartier ce n’est pas pour autant que les massifs sont mieux traités. Maintenant que les pissenlits ont rendu l’âme c’est au tour de l’ambroisie de les coloniser. Et puis, il y a l’acquisition par la ville de l’Hôtel du Nord pour préserver le côté patrimoine historique. C’est surement la poussière qui doit être historique.  Pour qui connait cette bâtisse, c’est une décision qui passe mal et fait penser à une contrepartie négociée avec les socialistes. Ce n’est peut-être pas un choix des plus judicieux et il risque de devenir une croix dans les années à venir. Ceci d’autant plus si le mariage se solde par un divorce, car à lire le document distribué par l’APVV il y a quand même quelques points qui soulignent une certaine défiance entre les deux parties. Le « clientélisme passe mal » peut-on y lire.

C’est ce divorce que cherche sans doute à concrétiser Bernard Genin en provoquant le Bad boy dans l’espoir de se sentir moins seul. Cependant il risque d’attendre longtemps car il devrait savoir que le pouvoir ne se lâche pas aussi facilement.      

V.L