Dossier de l’été : Les conseils de quartiers, avancée majeure ou poudre de perlimpinpin.

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 Samedi 15 août 2015

La mariée était belle et pleine de promesses, seulement nous voilà 18 mois plus tard avec le sentiment qu’il devient nécessaire de contacter rapidement un conseiller conjugal sous peine de divorce. 

Ce n’est pas tant que l’idée de donner une délégation à des élus pour tenir le rôle d’adjoint de quartier  soit mauvaise, mais ne tournons pas autour du pot, un certain nombre d’indicateurs nous montre que l’affaire n’est pas gagnée d’avance. Et si cela ne fonctionne pas comme cela devrait l’être la responsabilité des élus en charge de porter les conseils de quartier ne peut être occultée.  Il est plus question  de motivation que de compétences. Cette dernière peut s’aguerrir à force d’expérience à condition bien sûr de faire preuve d’abnégation. Or C’est un syllogisme. Après plusieurs mois d’exercices et quelques couacs retentissants (par exemple la fameuse élection du bureau dans le sud)  nous constatons que ces deux conditions semblent aujourd’hui faire défaut à la plupart d’entre d’eux. Les premiers à s’en plaindre pourraient être les habitants qui n’ont pas encore ressenti le bénéfice apporté en termes de propreté, de cadre de vie  et de la  lutte contre les incivilités à travers ce dispositif. Ce n’est pas une surprise, quiconque a participé à des rencontres d’habitants sait que ce sont les remarques les plus significatives et qui reviennent systématiquement. Donc induire de la proximité c’est se rapprocher des habitants et de leurs problèmes quotidiens.

Mais ce sont particulièrement les membres des conseils de quartiers qui deviennent de plus en plus septiques. Certains s’expriment ouvertement,  mais beaucoup le pense, mais sans encore trop oser  le dire. Le grand chamboulement promis en termes de démocratie locale va-t-il se conclure par un flop ? 

Parmi les reproches qui reviennent comme un leitmotiv,  celui qui domine concerne  le sentiment que les élus s’enferment dans un rôle de représentation alors qu’ils devraient être des initiateurs, voire des chefs d’orchestre. Si un  conseil de quartier doit fonctionner avec une certaine autonomie, il n’en demeure pas moins que si  l’élu n’est la que pour surveiller la salle ou en référer à Hélène Geoffroy à la moindre question son rôle est dénué d’intérêt et d’utilité. Seul Stéphane Bertin semble avoir pris la mesure de son rôle et faire l’unanimité. Il faut dire qu’il s’en donne la peine et va jusqu'à mettre la main à la pâte (cliquer ici).

La question de fond mérite donc d’être posée.  Finalement à quoi sert l’adjoint de quartier si  le conseil doit s’autogérer et l’adjoint de quartier rester au fond de la salle près du radiateur  à attendre que la réunion s’achève,  à téléphoner ou envoyer des SMS?  Ils pourraient taper  les comptes rendus des réunions puisque la municipalité les a doté d’un ordinateur portable. Cela permettrait de pouvoir les lire sur le site de la mairie et connaitre quelles sont les préoccupations du conseil et leurs propositions. Peut-être une idée de golf dans le sud ou autre singularité qui pourrait animer la scène politico-vaudaise ?  À la limite, un simple conseiller municipal peut suffire pour  remplir cette tâche. À la place d’Hélène Geoffroy nous mènerions rapidement une réflexion sur ce sujet avant qu’il ne devienne trop critique et les rangs trop déserts pour que l’assemblée soit crédible. Avec l’effort de communication qui a été fait et le retour attendu, il serait regrettable que par entêtement les conseils de quartier passent en pertes et profits. Surtout en pertes. D’autant que nous sommes intimement convaincus que c’est un outil qui a un rôle à jouer.

Revoir à la fois son mode de fonctionnement et  effectuer un remaniement salutaire ne serait pas un désaveu, mais une preuve d’intelligence avec pour objectif de donner un second souffle à une démarche  qui ne porte pas les fruits espérés et qui est pourtant considérée comme devant être une avancée majeure dans le cadre de la démocratie participative.     

Pour être tout à fait complet dans notre exposé, il faut rappeler que les adjoints de quartier disposent d’un relais qui n’est autre qu’un chargé de mission expérimenté qui connaît bien la ville et surtout son contexte pour avoir travaillé pendant des années après de Maurice Charrier et milité dans des associations. Ce dernier débordé par des taches qui apparemment sont à des années-lumière de sa mission initiale s’est vu adjoindre le concours à mi-temps d’une secrétaire.  On ne peut donc évoquer un manque de moyens.   

Avant d’aller plus loin dans la réflexion nous pensons utile de poser quelques bases. Si l’expression citoyenne n’a pas de prix, en revanche elle a un coût qui somme toute n’est pas  négligeable pour les finances Vaudaises. Quatre adjoints à 1723,86 euros bruts par mois. Un chargé de mission dont nous pouvons estimer la rémunération  à 2500 euros bruts par mois plus  45% de cotisation patronale. Une secrétaire à mi-temps (estimation 900 euros bruts + 45% de cotisation patronale. Ce sont donc  près de 12 000 qui sont investis mensuellement pour un résultat qui n’est pas en ligne avec l’objectif.

Les fonctions d'élu local sont gratuites. Les indemnités de fonction (1723,86 euros bruts par mois) sont destinées à compenser les frais engagés par les élus pour se consacrer à leur mandat. Le montant du SMIC est quant à lui égal  à 1 457,52 euros bruts sur la base de 35 heures par semaine. L’indemnité de fonction des adjoints est à peine inférieure au salaire moyen d’un agriculteur, d’une assistante maternelle. À toutes fins utiles, nous pensons que ce petit comparatif n’est faire de la démagogie, mais permet d’appréhender un certain aspect des responsabilités qui incombe à un adjoint quant à son engagement dans le mandat que lui à confié Hélène Geoffroy.    

Sur le fond, nous ne sommes pas contre les conseils de quartier. Au contraire les structures qui ont pour objectifs de faire se rencontrer des habitants de toutes origines sociales et culturelles et les ouvrir à la prise de décisions favorise le vivre ensemble. C’est sur la forme que nous sommes plus circonspects. Il y a cependant matière à les faire fonctionner et c’est fondamentalement une affaire de personnes qui doivent impulser le mouvement.

En occultant "l’aspect politique", la première solution qui nous vient à l’esprit serait de confier à Stéphane Bertin l’ensemble des conseils de quartier avec des conseillers municipaux en relais. Pas besoin de chargé de mission ni de secrétaire à mi-temps, d’ailleurs nous n’avons vu le chargé de mission sur le terrain que lorsqu’il y a eu des dysfonctionnents lors de l’élection du bureau dans le sud (et encore il est arrivé avec une heure de retard….) ou bien lors de réunion plénière avec présence de madame la maire. C’est à la fois 10 000 euros d’économie mensuelle pour la ville et la possibilité que tout soit mis en œuvre pour que les conseils de quartier fonctionnent. C’est un résonnement pragmatique, issu de  notre analyse et non une chausse-trappe pour favoriser Stéphane Bertin. Au contraire ce serait ajouter du travail supplémentaire à un adjoint qui semble maitriser son domaine.  

Il y a sans d’autres pistes possibles, Stéphane Gomez pourrait assumer cette tâche, il semble avoir les épaules solides pour la mener à bien et galvaniser les troupes. Question comptes rendus, nul doute que ce serait également  un plaisir pour lui.

Dans ce qui a conduit notre réflexion, ce qui nous a le plus étonné c’est qu’apparemment en 18 mois, il n’y a eu aucune rencontre commune entre les différents adjoints de quartier. Rencontres qui auraientt pu permettre de partager les expériences, de faire part des difficultés rencontrées, de développer des bonnes pratiques.  C’est une démarche qui nous aurait paru logique d’autant que ce serait  le rôle du chargé de mission d’organiser ce type de rencontre. Rencontre qui ne serait pas complète sans la présence des adjoints chargés de la propreté, du cadre de vie  et de la  lutte contre les incivilités, voire des travaux. Il semble logique que ce soit un travail coopératif qui s’instaure, un travail en équipe et non pas en mode solo. La route est droite, mais la pente est raide. Il y a donc des efforts à faire avant d’arriver au sommet.

C.A