Quelle efficacité pour l'école de la 2° chance?

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Lundi 24 novembre 2014.

Crée il y a plus de 4 ans à Vaulx-en-Velin, l’Ecole de la Deuxième Chance (E2C) revient périodiquement sur le devant de la scène. C’est le cas actuellement à l’occasion de sa journée Portes Ouvertes qui s’est déroulée le jeudi 20 novembre dernier. Un petit article du Progrès en date du 21/11/2014 nous éclaire sur quelques « repères » à ce sujet.

Et l’on apprend ainsi que 390 jeunes ont fréquenté l’école en 4 ans et 53 % ont eu une sortie positive. Parmi les jeunes, 24% sont des stagiaires vaudais. Toutes choses étant égales par ailleurs on peut donc en déduire que l’E2C a permis en 4 ans à 50 jeunes vaudais de retrouver un emploi, ou une formation. On apprend aussi que Vaulx-en-Velin finance cette école à hauteur de 17% de son budget qui s’élève à 935.000 euros par an (soit près de 160.000 euros selon Le Progrès – 198.000 euros dans le bilan de la Ville) sans que l’on sache si la ville ne met pas aussi à disposition des locaux ou du personnel gratuitement, et si l’E2C paye bien ses charges (électricité, eau,….). La ville a donc dépensé en 4 ans la somme de 640.000 euros, soit 15.840 euros / jeune qui a réussi. Si à cela on ajoute les travaux initiaux, quelques centaines de milliers d’euros à répartir sur une quinzaine d’année, on se retrouve pour la ville de Vaulx-en-Velin a un coût par jeune vaudais qui réussit de près de 17.000 euros !

Est-ce un bon investissement ? Cette question qui n’a jamais été posé, et donc à laquelle personne n’a jamais répondu, mérite quand même que l’on s’y penche. En imaginant que la ville décide que plus aucun enfant ne sorte de CP sans savoir lire, elle pourrait mettre, une heure et demi par jour dans chaque CP, un enseignant supplémentaire pour que les enfants ne soient pas décrochés et que TOUS sachent lire en sortant du CP, combien cela couterait –il ? Le calcul est simple. En prenant un vrai bon coût de l’heure à 25 euros/h, sur 4 jours/semaine, 30 semaines par an, sur une moyenne de 3 classes de CP par école et de 15 groupes scolaires, cela donne un coût annuel de l’ordre de 200.000 euros par an. Etonnamment cela donne quasiment le même coût que l’E2C sans le bâtiment ni les frais afférents. Et là le résultat est assuré. Tous les enfants de la Ville de Vaulx-en-Velin sortent de CP en sachant lire. Incroyable non ! On peut alors imaginer « sauver » près de 1000 enfants par an du décrochage scolaire en utilisant la même somme qui permet d’en rattraper, 15 ans plus tard, que 5% !

Et dans cette histoire, le Grand Lyon, L’ANRU, la Région, ne payent rien !

Ha si il y a bien un problème. Que se passera-t-il pour les 76% d’élèves de l’E2C qui ne sont pas de Vaulx-en-Velin ? Il est fort à parier que leurs villes d’origine ne mettant aujourd’hui pas un sous dans le nourrain, elles devront s’occuper de leurs enfants et ne pas compter sur Vaulx pour leur donner une deuxième chance. D’ailleurs n’est-ce pas la meilleure ? Dans une ville pauvre comme la nôtre, les communes voisines envoient leurs jeunes pour leur donner une seconde chance, mais ne payent rien. C’est la ville qui les accueille, Vaulx, qui va payer. Un vrai scandale. Et dire que personne n’a jamais rien dit à ce sujet. Il faut dire que ce scandale est presque une affaire d’Etat car cette E2C était un bébé de notre ex monarque, Maurice, qui avait nommé à la Présidence sa petite protégée, Marie-France Vieux Marcaud. Savait-elle compter ? Pas si sûr. Avait-elle les pieds sur terre ? A coup sûr non. Et pourtant elle était, ces dernières années, adjointe à l’éducation. Enfin c’est ce qui se dit, car jamais grand monde ne l’a exercé cette noble mission. D’ailleurs après l’élection gamelle de mars dernier, elle a démissionné de son poste de conseillère municipale. Les ors de la république et le beau bureau avec voiture et grosse indemnité, sinon rien.

Il va donc falloir qu’un jour notre nouvelle municipalité se saisisse de ce sujet. Car il y a de quoi économiser ou au moins être efficace et viser l’efficacité et l’excellence !