L’évaluation positive et bienveillante.

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Dimanche 21 décembre 2014

L’évaluation des élèves est revenue au centre de l’actualité éducative française. Classes sans notes, contrats de confiance, … Benoit Hamon éphémère ministre de l’Éducation nationale en avait fait sa priorité, malheureusement par une journée de laisser-aller d’été à Frangy-en-Bresse et une envolée lyrique peu appréciée, le « contrat de confiance gouvernemental » fut rompu. Comme quoi ce n’est peut-être pas une bonne base. C’est son successeur Najat Vallaud-Belkacem qui reprend à son compte un système qui verra, si la décision politique est prise, les enseignants, les parents et les élèves faire prochainement le deuil de la notation, du moins dans un premier temps à l’école primaire et au collège, puis peut être au lycée ?

Mais il semble que quelques orientations sont déjà données pour abonder dans ce sens. Nous connaissons au moins le cas d’une enseignante qui s’est vu reprocher par un inspecteur d’académie « une notation trop sévère ».

L’objectif sous-jasant de cette démarche qui ferait sans doute frémir un Zémour, est de faire en sorte que l’école française devienne plus efficace et équitable. Il ne manquera surement pas de débat pour alimenter l’idéologie des uns et des autres. Sans être des experts de l’enseignement, nous pensons que même si les biais inhérents à la notation et ses effets parfois néfastes existent et ont été dénoncés depuis bien longtemps, cet aspect des pratiques d’enseignement n’est pas le seul à participer au renforcement des inégalités entre élèves et le risque qu’une réflexion plus large sur des pistes d’action plus pertinentes soit occultée est réel.

Pourquoi deux ministres successifs concentrent-ils autant d’énergie sur ce dossier qui touche au cœur de la pratique professionnelle enseignante et empiète même sur la sacro-sainte liberté pédagogique du professeur ?

Il est vrai que « les dernières études internationales, notamment les résultats PISA parus en décembre 2013, ont montré que notre pays était celui de l’OCDE où l’origine sociale pèse le plus sur la réussite éducative », écrit Benoit Hamon qui ajoute : « l’écart entre la promesse d’égalité de la République et de son École, et la réalité tenace des inégalités en milieu scolaire, est insupportable. ». « Aujourd’hui, de l’école primaire au lycée, certaines pratiques d’évaluation rendent difficilement compte des progrès des élèves et de la nature de leurs erreurs » rapporte Florence ROBINE, qui déjà, en 2007 co-signait le rapport de l’Inspection générale sur les livrets de compétence, nouveaux outils pour l’évaluation des élèves. « Elles induisent parfois des classements perçus comme stigmatisants et dévalorisants ; elles peuvent donc porter atteinte à l’estime de soi et générer un découragement face au travail ».

Mais ce n’est sans doute pas en se focalisant sur l’évaluation positive des élèves qu’une nouvelle voie serait ouverte pour combler les lacunes de la république. La lutte contre l’illettrisme, l’inclusion scolaire, le décrochage scolaire ….sont des points autrement plus importants. Par la suite, dans la vraie vie, la compétition pour ceux qui ne bénéficient pas du carnet d’adresses de leur parent la compétition est permanente. Est un bien ou un mal. Attendons de voir un cross scolaire ou les premiers seront les derniers ou des jeux olympiques sans vainqueurs.

C.A