De la fracture à l’apartheid social

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Dimanche 8 février 2015

« Les banlieues craquent de ne plus pouvoir supporter cet apartheid social, économique et culturel », telles étaient les paroles de Paul Loridant, sénateur socialiste de l’Essonne en 1990 suite aux émeutes du Mas du taureau à Vaulx-en-Velin. De 1990 à 2015 et les mêmes paroles reprises par Manuel Valls, Premier ministre de François hollande à la suite des événements du 7 janvier il s’est écoulé 25 ans et une succession de ministre de la ville de tous partis, qui de plan en plan nous ont conduit dans une situation inextricable. Tous, dans leurs propos sont explicites et s’accordent sur une somme de solutions à mettre en œuvre, mais malheureusement les actes ne suivent jamais. Hélène Geoffroy se réjouit de l’écoute que le président de la République lui a accordé un jeudi 30 janvier à l’Élysée. «Comment rééquilibrer le territoire en termes de mixité sociale ? ». Il nous semblerait logique pour des politiques qui ne sont pas des perdreaux de l’année, d’être plutôt dans l’application de solutions que dans la réflexion. Encore dans la réflexion.

Comment ne pas craindre le pire quand le temps est compté, c’est presque nous faire injure. Aujourd’hui plus que jamais, les parents ont peur que leurs enfants vivent moins bien que nous. On ne sait pas ce qui va arriver et ceci dans tous les domaines.

Quatre collèges en grève dans notre ville pour souligner la montée en puissance inquiétante de la violence et des insultes. Une situation qui n’est pas nouvelle. «Dans les classes, la situation n'est pas plus apaisée. «On est menacé, on reçoit des projectiles, les élèves viennent nous intimider en s'approchant de nous comme s'ils allaient nous taper ou nous bousculer. Mais pourquoi ils arrêteraient? Ils savent qu'il n’y a pas de sanctions», ajoute un professeur dans l’article d’un quotidien régional.  « Les bagarres à répétition entre les élèves dans les couloirs, les insultes à l'égard des personnels et les menaces. Depuis la rentrée de janvier, c'est quotidien. Ce qui a fait déborder le vase, c'est le fait que des surveillants aient pris des coups» peut on lire.

Nous sommes loin des pensées de Pierre Rabhi et son regard sur la beauté du monde. Pour que les enseignants s’épanchent de la sorte, c’est que la situation a atteint des proportions qui la rendent difficilement maitrisable. Les sauvageons décrits par Jean Pierre Chevènement doivent-ils se transformer en Barbares pour que les syndicats de l’enseignement s’ouvrent aux réformes. Il semble que dans l'espace du "décisionnel" rien de vraiment nouveau n'apparaît hormis quelques pseudo aménagements sensés montrer aux électeurs que nous sommes que le pouvoir réagit.

Cela fait des années que nous mettons en avant le fait que de nombreuses familles venues sur notre commune en situation de précarité la quittent dès que leur situation s’améliore. 30% d’entre elles scolarisent leurs enfants dans des écoles privées, ce qui est aussi le cas pour les enseignants et les politiques qui pourtant prônent l’école de la république. De longues années ou des centaines de millions d’euros ont été dépensés sans finalement beaucoup de cohérence.

Quand on entend Gérard Collomb dire que grâce à lui nous avons atteint le milieu du gué, il ne doit pas souvent venir dans les quartiers. La situation telle qu’elle est décrite aujourd’hui devrait lui donner envie de changer d’orientation. Les restructurations telles que celles du Mas du Taureau ne doivent pas conduire à un énième échec parce que la nécessité du chef de la métropole n’est pas celle des Vaudais. Si nous souhaitons que les Vaudais restent par choix et non pas par obligation il va falloir que notre Mairesse sorte de sa logique de calcul politicien. Peut être même qu’elle envisage l’installation d’une école privée sur notre commune si c’est un moyen de fixer ou faire venir des familles pour favoriser la mixité à l’échelle de la commune.

C.A