Ça s’effiloche au PS.

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Mardi 21 novembre 2017

La décision a été rapide,  Gérard Filoche le plus à gauche des socialistes devra se chercher une autre famille. Ce membre du Bureau national avait relayé vendredi soir un montage photographique circulant dans la « fachosphère », jugée antisémite où l’on voit Emmanuel Macron, le bras ceint d’un brassard nazi orné d’un dollar en lieu et place de la croix gammée, devant les drapeaux américain et israélien et des photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali.

Le Bureau national a voté à l’unanimité pour l’exclusion.

« Il ne pourra plus dès ce soir se réclamer du Parti socialiste et de ses instances » a déclaré le secrétaire national, David Assouline…

Cet ancien syndicaliste et ancien inspecteur du travail, cofondateur de SOS Racisme avec Julien Dray et Harlem Désir, a rapidement effacé son tweet et s’est dit « désolé », mais les condamnations de la classe politique ont été unanimes. Lundi, le parquet de Paris avait annoncé avoir ouvert une enquête à l’encontre de l’ancien trotskiste. Le même photomontage avait déjà été diffusé en février sur le site de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, ce qui lui vaut également d’être poursuivi.

Nous ne pouvons nous empêcher de faire un retour de quelques mois dans le passé, à l’heure ou un élu Vaudais avait provoqué l’indignation pour des propos plus que déplacés qui ont été qualifiés d’antisémites dans les médias. Est-ce plus grave ou moins grave que le tweet de Gérard Filloche, en tous les cas la réaction socialiste ne fut pas du même ordre.  À peine un petit blâme et maintenu dans ses fonctions d’adjoints. Décision jugée incompréhensible.    

Il faut pourtant se montrer intransigeant avec tout se touche au racisme même lorsque c’est fait sur le ton de la plaisanterie. Il convient de ne jamais rien banaliser.

Dans un autre registre, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce mardi qu’il allait porter plainte pour « diffamation à l’encontre de Sud Éducation 93 » ce syndicat d’enseignants propose des ateliers réservés exclusivement aux non-blancs. Il a prévu d’organiser mi-décembre des ateliers de formation destinés aux enseignants, dont deux se feront « en non-mixité ».

Intitulé « Au croisement des oppressions – où en est-on de l’antiracisme à l’école ? », le stage en question propose deux sessions réservées aux « personnes racisées ». Une pour découvrir les « outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe » et une autre pour se demander « quelle vie professionnelle pour les enseignant(e)s racisé(e)s ? ».

Dans un communiqué publié sur leur site, Sud Éducation 93 explique « susciter la vindicte de la fachosphère » et dénonce des « offensives conjointes et diffamatoires de l’extrême droite, de la LICRA et Blanquer ».

« L’expression-même utilisée est absolument scandaleuse, elle ne peut avoir sa place dans l’Éducation nationale », a déclaré Jean-Michel Blanquer devant l’Assemblée nationale, alors que « non-mixité » peut notamment signifier réservé à des personnes se disant « racisées » (qui s’estiment victimes de préjugés ou de discrimination racistes en raison de leur origine).

 « C’est pourquoi, puisque ce syndicat a décidé de parler de racisme d’Etat, j’ai décidé de porter plainte pour diffamation à l’encontre de Sud Education 93 », a-t-il ajouté. « On parle de "non-mixité raciale", on parle de "blanchité", on parle de "racisé" c’est-à-dire les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique qui sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme », a renchéri le ministre de l’Éducation nationale.