Nouveau plan Marchall pour les banlieues.

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Samedi 7 avril 2018

Chacune de ses apparitions est annoncée, acclamée, louée. « Jean-Louis est là », « Jean-Louis arrive », « Jean-Louis est avec nous », « Jean-Louis va nous dire un mot », « Jean-Louis est prêt à nous aider ». Jean-Louis, Jean-Louis, Jean-Louis… Les maires et les associatifs de banlieue ne jurent que par lui. « Ce n’est pas compliqué, Jean-Louis Borloo, c’est Dieu », résume François Pupponi, député (PS) du Val-d’Oise et ex-maire de Sarcelles.

Disparu de la scène médiatique avec l’ambition d’électrifier l'Afrique, Jean-Louis Borloo est revenu à la demande d'Emmanuel Macron pour s’occuper des banlieues.

En effet, dans les quartiers populaires, les élus s'alarment d'ailleurs de la dégradation de la situation et n'ont pas envie de revivre des crises similaires à celle de 2005. La semaine dernière, le maire écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, a démissionné pour dénoncer le "mépris" de l'État à l'égard des banlieues. " La situation perdure, les maires et les associations sont parfois épuisés",  a ainsi reconnu cette semaine le secrétaire d'État à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, renvoyant toutefois la responsabilité aux gouvernements précédents.

Vendredi, devant des maires, Jean-Louis a évoqué une enveloppe de 48 milliards d'euros d'investissements supplémentaires pour la qualité urbaine et un rapport qu’il va remettre au président.

Ces grands édiles ont signé un appel commun, le "pacte de Dijon", pour que l'État donne "un nouveau souffle à la politique de la ville". Le document appelle notamment à clarifier les responsabilités des collectivités locales et de l'État en matière de développement économique, d'accès à l'emploi, de formation, de renouvellement urbain, de désenclavement des quartiers populaires ou d'action sociale. L'ancien ministre a d'ailleurs estimé à Dijon que le système actuel était "épuisé, éparpillé, sans stratégie", avant d'appeler à "totalement changer la méthode".

La mise en place du plan banlieues peut « aller très vite », estime l’ancien ministre et de Nicolas Sarkozy. « Je vais m’y coller. Sous l’autorité du président et de son gouvernement

depuis quarante ans, une dizaine de « plans banlieue » ont été mis en place par les gouvernements successifs, avec un bilan mitigé sur le terrain. Les 1 500 quartiers politiques de la ville (QPV), où vivent 5,5 millions de personnes, continuent d’afficher des taux de chômage et de pauvreté nettement supérieurs à la moyenne nationale.

Ce pourrait être une bonne nouvelle, mais chat échaudé craint l’eau froide et comme vous avez pu le lire ci-dessus depuis quarante ans et la création du ministère de la ville créé par François Mitterrand, les quartiers populaires n’ont fait que ce dégrader. Ce n’est pas la première fois que des milliards sont annoncés, mais d’une part l’argent s’évapore vite et d’autre part, la reconquête des quartiers passe par la lutte contre la délinquance, le communautarisme et aujourd’hui l’intégrisme. Autant de facteurs que les élus pour des objectifs électoralistes ont contribué à installer, dixit François Pupponi, député (PS) du Val-d’Oise et ex-maire de Sarcelles.(  http://www.mediavaulx.fr/index.php/1387-nous-avons-engendre-un-monstre )

Il va falloir les trouver les 48 milliards, mais à supposer que l’État pose l'argent sur la table, il va falloir que Vaulx-en-Velin se batte pour obtenir qu’une partie de la ville entre dans les prérogatives du plan Marchal de Jean Louis. Puisque le plan peut « aller très vite », c’est peut-être une occasion de lancer la ZAC du Mas en intégrant la mise en place des transports en commun indispensables.