Jordan Bardella en visite éclair à Vaulx-en-Velin

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Mardi 10 septembre 2019

Difficile d’ignorer la visite du député européen Jordan Bardella (RN) à Vaulx-en-Velin ce mardi matin : son déplacement en terres vaudaises a été minutieusement relaté sur les réseaux sociaux – son propre compte Twitter, et celui du responsable départemental du parti, Antoine Mellies, qui l’accompagnait.

Visite filméé

Le périple a débuté ce matin avec un peu de retard, aux alentours de 9h30, lorsque la délégation RN, composée de Bardella, Mellies et de ses collègues d’hémicycle régional Agnès Marion et Charles Perrot, est arrivée au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry, suivie par plusieurs médias.

Cette visite, autour de laquelle le parti a déployé une abondante communication sur les réseaux sociaux, avait une justification officielle. À savoir, « comprendre  » le mécanisme qui a conduit un homme de nationalité afghane à tuer un adolescent et blesser neuf personnes le 31 août dernier à Laurent-Bonnevay (Villeurbanne).

Le meurtrier, arrêté dans la foulée de l’attaque grâce à l’intervention de plusieurs passants (lire ici), était logé au sein du centre d’hébergement de Vaulx-en-Velin géré par l’association Forum-Réfugiés qui a fait l’objet de la seconde étape du voyage de Jordan Bardella dans l’agglomération.

Défaillances

« Ce migrant afghan drogué, oisif et qui mentait sur son identité, qui a tué le jeune Timothy à Villeurbanne, n’avait rien à faire sur notre territoire », a martelé Bardella en conférence de presse, dénonçant une « défaillance grave de l’appareil d’État », dont serait responsable Christophe Castaner.

Mais le ministre de l’Intérieur n’a pas été le seul à en prendre pour son grade. Les griefs étaient aussi adressés pour l’occasion aux élus locaux.

« Pour le maire de Villeurbanne, c’est moins le meurtre qui était révoltant que le fait de rappeler le lien entre immigration et insécurité. » Et de citer le sociologue conservateur Mathieu Bock-Côté en raillant ceux qui voudraient « sauver à tout prix la mystique du vivre-ensemble ».

« Racine du mal »

Surtout, le passage éclair de l’élu habitué des plateaux de télévision devait permettre au parti d’égrener des propositions fortes sur sa thématique historique : l’immigration.

Jordan Bardella, assis entre Antoine Mellies et Agnès Marion, a démarré fort, affirmant que « la France n’est pas un camping où chacun pourrait s’installer comme bon lui semble  » ou un « guichet social où la planète entière pourrait venir quémander. »

Mais, comme le jeune lepeniste devait attraper un train à 14h, il a dû dresser un inventaire rapide des propositions du RN, qui serait selon lui le seul mouvement politique prêt à s’attaquer à « la racine du mal ».

Moyens renforcés aux CRA, suspension des subventions allouées aux « associations pro-migrants », création de « camps humanitaires » à la périphérie des zones de départ, expulsion de toute personne entrée illégalement en France… Ces lignes fortes seront sans doute déclinées par les candidats du parti aux prochaines élections municipales.

« Concernant le traitement des demandes d’asile dans les pays sources, les responsables de Forum-Réfugiés sont d’accord avec nous  », nous a d’ailleurs glissé Antoine Mellies – probable tête de liste à Givors pour les élections municipales – à la fin de la conférence de presse.

ELISE CAPOGNA (tRIBUNE DE lYON)