La politique : une affaire de roublards.

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Lundi 19 mars 2018

L’hémorragie n’est sans doute pas terminée au sein du parti socialiste,  que ce soit au niveau national comme au plan local. Les perspectives des prochaines élections, Européennes et municipales feront sans doute réfléchir quelques prétendants

Le président de la métropole grenobloise et maire de Pont­-de-Claix(Isère),  Christophe Ferrari, a annoncè qu’il quitte le Parti socialiste, après 30 ans  d’engagement. « Aujourd’hui, l’écart est trop grand entre les discours nationaux du PS et les réalités de la vie quotidienne de nos concitoyens. Le PS ne parle qu’à ceux qui vont bien, jamais à ceux qui sont  isolés ou rencontrent des difficultés. Il y a  désormais une forme d’élitisme au PS. Il a rompu  avec sa tradition qui faisait de lui le parti des  grandes conquêtes  sociales et sociétales ». L’élu  isérois ne rejoint en revanche aucune autre  formation, mais assure qu’il reste « un militant de  gauche et du camp du progrès ». Et précise aussi  «son opposition claire au gouvernement ».

À première vu il s’agit de l’opinion d’un vrai militant pour lequel la sincérité prime sur toute autre considération. Sa décision a été prise avant l’élection du nouveau premier secrétaire comme si quelque soit la ligne retenue il ne se faisait gère d’illusion sur la stratégie du parti.  

Sur Vaulx-en-Velin, les rangs de la section locale se sont clairsemés et quelques élus de la majorité  ne croient plus au père Noël.  Le dépouillement des votes lors  de l’élection le 29 mars prochain du ou de la  secrétaire de section ne devrait pas prendre beaucoup de temps.  Comme le dit Olivier Faure le futur nouveau premier secrétaire  dans ce parti, « Il faut tout refaire du sol au plafond ». Se prend-il pour un monsieur propre ?  Hélène Geoffroy n’a pas caché sa préférence pour Stéphane le Foll, mais apparemment le prénom Stéphane ne lui réussi gère y compris lorsque celui –ci est porté par un socialiste. Et le futur Premier secrétaire du PS participera jeudi 22 mars à la manifestation contre la réforme de la SNCF. "J'irai manifester avec les usagers, les cheminots pour défendre une vision du service public dit-il. La reconquête passe donc par un acte démagogique, mais pas certain qu’il réussisse ainsi à naviguer entre les différents courants qui ont fait noyer le PS.  L’idée n’est pas de se débarrasser de l’aile gauche et ce qu’il reste de fondeurs, car les troupes risquent de se réduire à peau de chagrin.  

En Marche, s’est largement nourri d’anciens socialistes qui soutiennent un gouvernement plutôt orienté centre droit que centre gauche.  Comme quoi le socialiste peut avoir des valeurs assez contradictoires. Aujourd’hui on voit mal comment le futur patron pourrait à la fois se positionner résolument dans l’opposition à Emmanuel Macron et accepter que certains de ses élus continuent à faire localement cause commune avec les soutiens très actifs du président de la République. Il suffit d’ailleurs de dialoguer avec  « des camarades » restés fidèles au PS pour constater que ce genre de cohabitation passe de plus en plus mal. 

Ces derniers voient dun mauvais Œil que l’ex-secrétaire d’État Hélène Geoffroy, que la sénatrice Annie Guillemot ou que le maire de Bron Jean-Michel Longueval puissent siéger dans le même groupe que l’actuel ministre de l’Intérieur (lequel est en plus présidé par Anne Brugnera députée LREM du Rhône). Ce serait même vu comme une forme de provocation. Il sera intéressant de regarder si les convictions socialistes des élus lyonnais seront suffisamment fortes pour qu’ils décident de clarifier une situation quelque peu ambiguë.

Mais lorsqu’on entend les propos tenus sur France  3 par Sylvie Guillaume élue socialiste depuis près de 20 ans qui pense déjà à la prochaine élection Européenne pour peut être un troisième mandat et également au municipales de 2020,  une alliance avec En Marche n’est pas invraisemblable, ce n’est pas complètement  exclu. Un accord âprement négocié n’est donc pas la pire des Hypothèses. Il faudra donc l’expliquer aux électeurs. Un positionnement contradictoire, mais  quand il faut conserver son mandat un élu n’est pas à une contradiction près.

Sur Vaulx-en-Velin, nous verrons ce qu’il en sera des alliances en 2020, les 530 voix des législatives  alimenteront surement la réflexion.