Le bateau tangue chez les macronistes du Rhône.

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Mercredi 27 février 2019

Après la fronde de certains députés LREM et la récente démission du référent des jeunes avec Macron la semaine dernière, les langues se délient. Plusieurs jeunes militants du département ont en effet décidé de dénoncer « les méthodes » de la patronne locale du parti, Caroline Collomb et de son entourage.

« J’ai été prise à partie par cinq ou six personnes, dont l’un des membres du cabinet de Gérard Collomb, lors d’une cérémonie de vœux en janvier dernier. On aurait dit une vraie meute contre moi, c’était très violent », rapporte un étudiant lyonnais qui milite à La République en Marche depuis la présidentielle.

« Des humiliations et des intimidations publiques » que confirme également un autre jeune membre actif du parti. « Moi, c’était lors d’un événement entre marcheurs. J’avais l’impression de me faire racketter comme au collège. Après, j’ai compris que c’était parce que Caroline Collomb n’avait pas apprécié qu’on fasse sans elle une vidéo avec un ministre en déplacement à Lyon », se souvient le militant, qui évoque « des méthodes autoritaires propres au clan Collomb qui envoie ses lieutenants faire le sale boulot ».

Des altercations que ces jeunes macronistes lyonnais expliquent par le fait qu’ils ne soutiennent pas forcément à 100% le couple Collomb.

« Gérard Collomb est un grand maire et on est plutôt d’accord avec sa politique, mais à partir du moment où vous ne leur êtes pas totalement dévoués, vous le payez cash. Nous sommes chez En Marche pour soutenir avant tout Emmanuel Macron en qui on croit. Il n’est pas possible d’être humilié comme cela dès lors qu’on n’est pas complètement acquis à la cause des Collomb », peste un autre macroniste très remonté. 

Du côté des proches de Caroline Collomb, on dément catégoriquement ces accusations. « Je suis choquée par ce qu’ils disent. Ils veulent détruire le parti, c’est ça ? Caroline Collomb est la seule à pouvoir rassembler 200 personnes lors de chaque événement et les débats qu’elle organise sont ceux qui marchent le mieux en France », répond Delphine Squinabol, militante du comité du 5e arrondissement.

Même constat du côté de Soraya Bentahar, la responsable régionale de la sécurité du mouvement : « Je n’ai jamais assisté à aucun incident de ce genre, mais si vraiment ces personnes sont sûres d’elles, qu’elles portent plainte ! »

Des démentis habilement télécommandés par Caroline Collomb, qui nous a fait savoir qu’elle n’était pas disponible pour nous répondre en raison de la préparation d’une réunion organisée mercredi prochain dans le cadre du Grand débat national à Lyon.  Surprenant.

Antoine Conte pour saladelyonnaise.