Un large rassemblement national ou bientôt avec Marine.

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Mercredi 9 octobre 2019

Il est des jours où l’on se lève et l’on se dit que décidément depuis l’avènement du macronisme plus rien n’est comme avant en politique. Le nouveau monde permet toutes les alliances, le mélange de la diversité politique à un niveau jamais atteint. Il n’y a plus de freins à ce qui était improbable il y a quelques années encore.

Aujourd’hui, les tabous sont levés.

Je les entends les discours des uns et des autres, je m’en souviens comme si c’était hier. J’entends résonner les paroles des distributeurs de tracts électoraux vantant les mérites de tel ou tel candidat. Sa probité, son honnêteté, son altruisme. Oyez braves gens, la droite et la gauche ce n’est pas pareil. Quant au front national il est à mettre à l’index de la société. 

Je me souviens des heures de discussions sur les valeurs. La valeur, cette essence qui porte à elle seule un immuable engagement. Cette semence que l’on souhaite faire se développer.

 

Je me souviens des professions de foi, des chartes que l’on signe, ce qui faisait croire que l’avenir pouvait être porteur d’une espérance.

 

Je me souviens de l’inquiétude d’un socialiste qui d’une voix tremblante me demandait si j’étais bien de gauche écologiste de peur de pactiser avec le diable.    

 

Aujourd’hui, cette posture est balayée d’un revers de main sur l’autel de la crainte de perdre une élection. De conserver son poste à tout prix ou de je ne sais quelle rancœur vis-à-vis de untel ou untel. J’entends déjà les propos pour convaincre le militant de base, l’anonyme à qui l’on doit arracher ses convictions, le colleur d’affiche sans qui une campagne n’est pas une campagne.

 

Ça ne va pas être facile d’encenser celui que l’on qualifiait naguère de danger républicain, Celui dont on a décrit le caractère nauséabond des idées.

 

Cela ne va pas être facile de valoriser celui pour qui la laïcité n’est qu’un mot dénué de fondement. Celui qui pratique une certaine forme d’intégrisme. Etranges mariages en perspective.

 

On dit que les militants sont malléables, je pense qu’ils ont quant même une conscience.

 

Le « Parti » en tant que tel n’existe plus, on ne s’occupe plus de l’intérêt des habitants mais de son propre intérêt. L’important est de conserver le pouvoir ou d’en prendre un morceau. Cela donne plus que jamais l’impression de gens venu pour se partager un gâteau. Se servir avant de servir.

 

Le premier pont va être jeté vers des alliances improbables. Quand des portes se ferment, non sans raisons. Lorsqu’il devient difficile de naviguer au centre, que reste-t-il à convaincre ? Marine n’est finalement pas infréquentable. La vacuité de l’être humain apparait dans toute sa splendeur.

 

Thomas Petragallo