Visiblement des karatékas ne se serrent pas la ceinture...!

Share

Lundi 11 février 2019

Comme évoqué récemment, Mohamed Benzaoui l’ex-trésorier de la ligue régionale Auvergne-Rhône-Alpes et de la Zone Interdépartementale Rhône- Alpes qui chapeautent régionalement les clubs locaux de karaté a effectivement été entendu par les enquêteurs sous le régime de la garde à vue. À l’issue de celle-ci, l’ancien élu du 3e arrondissement de Lyon a été laissé en liberté et sera jugé le 1er avril prochain selon la procédure simplifiée du plaider-coupable.

Voilà en effet plusieurs mois que la justice s’intéresse aux finances de la ligue régionale Auvergne-Rhône-Alpes et de la Zone interdépartementale Rhône- Alpes qui chapeautent régionalement les clubs locaux de karaté. À l’origine de l’enquête, on trouve les plaintes déposées par les deux présidents de ces structures : en l’occurrence Francisco Martinez pour la Ligue et Abdel Achache (par ailleurs premier adjoint au maire du 3e arrondissement) pour la Zone interdépartementale.

Tout ce que l’on sait pour l’instant, c’est que le trésorier a visiblement confondu la trésorerie des associations sportives et ses finances personnelles. Des sommes importantes – on parle de plus de 200 000 euros – auraient ainsi été ponctionnées au fil du temps.

Son avocat maître Jean-Christophe Basson-Larbi nous a précisé à propos de son client : "Il reconnaît les infractions visées par l’enquête qu’il regrette au plus profond de son être. Monsieur Mohamed Benzaoui a agi sous influence, victime de l’emprise d’un tiers. Ses actes ont été facilités par le fait qu’il était livré à lui-même dans ses fonctions de trésorier et qu’il gérait quasiment seul l’entier fonctionnement du karaté régional. À plusieurs reprises, il a demandé aux Présidents de ligues un contrôle et une vérification des comptes conforme aux statuts afin d’être mis hors d’état de nuire. Sans succès, car visiblement, ceux-ci ne voulaient pas que des tiers accèdent aux comptes... Pour autant, Mohamed Benzaoui est déterminé à assumer ses responsabilités et à rembourser jusqu’au dernier centime, ce qu’il a commencé à faire en remboursant 15 000 euros à la ligue en octobre dernier".

L’avocat précise également que "lors de ses auditions, les enquêteurs ont tout de suite compris qu’ils avaient en face d’eux un homme honnête qui a été utilisé et manipulé et qui n’a retiré aucun profit personnel des détournements de fonds opérés. C’est pourquoi nous avons réussi à obtenir une remise en liberté immédiate et un jugement rapide, via une procédure simplifiée". 

Tout ce scandale financier aurait pu être découvert bien avant. À la Préfecture de Lyon, certains sont probablement dans leurs petits souliers. Rien ne dit qu’ils ont transmis au nouveau préfet Pascal Mailhos la lettre qu’avait reçue l’un de ses prédécesseurs.

Pourtant, début 2017, il aurait été possible de stopper les détournements qui avaient débuté depuis tout juste un peu plus d’un an au sein de la ligue régionale de karaté. Dans une lettre datée du 15 Février 2017, l’ancien maire de Vaulx-en-Velin Bernard Genin et deux de ses collègues élus (Philippe Moine et Nordine Gasmi) avaient alerté le préfet sur une "présomption d’abus de confiance et de prise illégale d’intérêt au sein de la Ligue Rhône-Alpes de karaté".

À l’époque, il n’était toutefois nullement question des détournements qui sont aujourd’hui reconnus par l’ancien élu du 3e arrondissement de Lyon, Mohamed Benzaoui. Les reproches visaient directement Francisco Martinez, le président de la Ligue Rhône-Alpes de karaté, par ailleurs employé à la ville de Vaulx-en-Velin. Lequel vient, selon Lyonmag, de démissionner de ses fonctions à la demande des instances nationales.

D’après le courrier envoyé à l’époque au préfet Delpuech, Philippe Moine précise qu’alerté par des licenciés il demande en tant que citoyen les comptes de l’association. Francisco Martinez s’y étant opposé il a obtenu de Mohamed Benzaoui, le trésorier, après saisine de la CADA un certain nombre de pièces comptables (contre l’avis de Francisco Martinez et malgré des pressions)

Après études des pièces, le constat est accablant. Frais de téléphone pour usage privé, des abonnements sur des sites pornographiques, des dépenses irrégulières en frais de bouche (25 000 euros en 10 mois), des dépenses injustifiées au profit de la MJC de Vaulx-en-Velin Section karaté dont il est le responsable de fait et le professeur principal.

Monsieur Moine a demandé des explications au trésorier général qui confirme avoir alerté en vain le Président Martinez sur son train de vie dispendieux et notamment sur les frais précités.

Et Philippe moine, Bernard Genin, Nordine Gasmi de conclure avant de souligner également des faits de violences et des insultes à caractères racistes ayant fait l’objet de plaintes.

« Au vu de ce qui précède nous crayons qu’il n’existe d’autres anomalies dans les comptes de la ligue Rhône Alpes de Karaté, susceptibles de dissimuler des fautes de gestion, voire d’éventuels détournements ou abus ».

Aurons-nous des éléments de réponse  pour affirmer ou infirmer ?  

Thomas Petragallo