Nous avons besoin de signaux forts

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Mardi 12 mars 2019

Le sujet ne cesse d’être présent dans les médias. La préservation de l’environnement, zéro déchet, le réchauffement climatique, la transition énergétique font actuellement  l’objet de débats. Il m’est venu une réflexion. Aujourd’hui on fait appel à la responsabilité du citoyen, à son engagement pour apporter sa pierre à l’édifice. Et les périodes électorales sont favorables à la démarche, manière de montrer que les élus s’en préoccupent. Mais le citoyen engagé n’est-il pas un peu démuni face à l’importance de la tache ? Ne mène-t-il un combat perdu d’avance si les pouvoirs publics, si la marchandisation n’abondent pas dans le même sens.  Si le marché ne n’oriente pas l’offre vers des produits rendu obligatoirement responsables.   

La pollution de l’air serait responsable de 8,8 millions de morts dans le monde, dont 67 000 en France. Plus de morts que le tabac. On peut éviter de fumer, mais on ne peut pas éviter d’être soumis à un air pollué. Et ces derniers jours nous pouvons ressentir en région lyonnaise les effets de la pollution.

Malgré ça, les TCL investissent dans de nouveaux bus…thermiques. Entre février et décembre prochain, 55 nouveaux bus alimentés au diesel vont fleurir progressivement dans les rues lyonnaises, comme le révèle le Progrès. Le tout alors que le Métropole a voté, le mois passé, une Zone à faibles émissions (ZFE). Cette mesure permet d'interdire l'entrée des poids lourds et camions dans l'hyper centre de Lyon, à partir du 1er janvier 2020.

Très peu répandus il y a dix ans, les volumineux et polluants SUV («sport utility vehicle») représentent aujourd'hui plus d’un tiers des ventes de véhicules neufs. Plus lourds et plus volumineux que les berlines, les SUV émettent plus de CO2, consomment plus de carburants. Ils ont pourtant la cote auprès des automobilistes. En France, « le segment est passé d’une part de marché de 9,3 % en 2010 à 36,3 % », indique Laure de Servigny, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Un bond phénoménal et bien peu en ligne avec les préoccupations écologiques et le réchauffement climatique.

Les mers et les océans sont envahis de plastique. Un fléau de plus en plus visible et polluant pourtant les emballages et les contenants en plastique sont de plus en plus usités et leur collecte pour le recyclage ne représente qu’un faible pourcentage de ce qui est produit. Il faut un véritable engagement dans ces conditions pour une famille d’atteindre le zéro déchet.

Quand une municipalité décide de prendre les choses en main, tout est possible. Ville modèle du développement durable, San Francisco recycle plus de 80% des déchets et a mis en place de nombreuses mesures écologiques. Ses 840 000 habitants, ses 65 000 entreprises, ne jettent plus, ou peu.  La raison de ce taux particulièrement élevé : avoir rendu le recyclage obligatoire et interdit certains polluants comme les sacs plastiques et les gobelets en polystyrène. La vente de bouteilles d'eau dans l'espace public a également été interdite. En contrepartie, la municipalité a installé une multitude de fontaines à eau.  

Un premier décret municipal impose en 2002 aux entreprises de travaux publics de gérer les gravats et de fournir des espaces de recyclage adéquats dans les bâtiments. Nouveau décret en 2006 demandant aux services de restauration de ne pas utiliser de contenants ou couverts en polystyrène, mais des produits recyclables ou compostables.  Et ainsi de suite dans de nombreux domaines

Pour promouvoir les comportements écologiques, la ville mise aussi sur des mesures incitatives. Par exemple, les habitants bénéficient d’une remise sur leur redevance d'enlèvement des ordures s’ils réduisent leur quantité de déchets non recyclables. Avec cette politique écologique, San Francisco pourrait être la première ville à atteindre le "zéro déchet" en 2020.

Et la démarche devient  très ancrée dans les mentalités puisque tout le monde contribue. Il y a une véritable prise de conscience sur la nécessité de ne pas gaspiller. Les gens sont plus impliqués dans l’écologie.

A San Francisco, on fait attention à l’eau, aux emballages, on trie, sans que ce soit un effort surhumain. Et tout le monde participe.

Thomas Petragallo