Un drone pour remplacer les abeilles

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Un drone pour remplacer les abeilles

Samedi 5 mai 2018

C’est un rituel, dés la fin du mois d’avril, les apiculteurs ouvrent leurs ruches (si elles n’ont pas été volées) pour s’assurer de la bonne santé de leurs abeilles avant le grand butinage du printemps. Depuis une dizaine d’années, cette tournée des ruchers se fait la boule au ventre à cause du nombre de butineuses retrouvées mortes. En vingt ans, leur mortalité a été multipliée par quatre, pour atteindre 30%, et cette année les apiculteurs annoncent un nouveau record avec des pics à 80%. Une hécatombe dont on sait depuis belle lurette qu’elle est causée par les néonicotinoïdes, ces insecticides dont raffolent notamment les céréaliers.

Tous les amoureux des abeilles se sont donc réjouis, vendredi 27 avril, en apprenant que l’Europe interdisait sine die pour toutes les cultures en plein champ, trois « néonics » comme on les appelle aussi. La France fait partie des 16 États membres à avoir banni ces produits. Un choix qui colle comme du miel à la promesse du candidat Macron de ne pas revenir sur l’interdiction définitive des néonicotinoïdes d’ici à 2020, votée sous le précédent quinquennat.

Sauf que c’est bien sous Macron qu’en octobre 2017deux « néonics » supplémentaires ont été autorisés à la vente en France.

Cela fiche le bourdon. Surtout que le fameux plan d’action gouvernemental « pour réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques », présenté en grande pompe par quatre ministres le 25 avril, ne prévoit que pouic sur les néonicotinoïdes. Si ce n’est (comme d’habitude) une énième expertise pour confirmer l’impact de ces cochonneries sur les abeilles, assortie d’une vague promesse de réévaluer le cadre réglementaire dans les six mois « afin de mieux protéger la biodiversité, notamment les pollinisateurs ».

Il y a pourtant urgence : les abeilles assurent la pollinisation de 84% des cultures en Europe. Sans Elles, 4000 variétés de végétaux disparaitraient, incapables de se reproduire ! Un monde sans abeilles….et privé d’oiseaux puisque , à force de zigouiller les insectes , les néonics réduisent aussi la pitance des volatiles, voire les empoisonnent lorsqu’ils becquettent les semences traitées.

Heureusement le leader mondial de la distribution alimentaire a déjà trouvé la solution. Plutôt que d’interdire bêtement les néonicotinoïdes , l’américain Walmart vient de déposer un brevet pour un brevet pour un drone abeille qui pollinisera les cultures. Reste plus qu’à lui apprendre à faire du miel.