On ne peut pas bâtir du neuf avec du vieux, en politique le recyclage ne fonctionne pas

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Lundi 19 aout 2019

Dimanche matin, une des fenêtres ouvertes laisse entrer une odeur âcre de plastique brulé. Un coup d’œil dehors fait apparaitre une colonne de fumée caractéristique.  7h30 du matin, une voiture est en train de bruler rue Léonard de Vinci. Pompiers et policiers sont à l’œuvre pour éteindre l’incendie. Une voiture de plus à ajouter à celles qui alimentent les conversations.

Tout va bien vaudais, la municipalité a signé en 2018 un "Plan Local d'Actions de Prévention de la Délinquance", dans le but d'améliorer le quotidien des Vaudais. Il faut espérer qu’il porte ses fruits, mais très honnêtement je le dis et le répète, je ne crois plus à ces exercices médiatisés à outrance plus destinés à calmer l’opinion publique qu’à apporter des solutions, tout simplement parce que chaque ville à la même réaction et que les acteurs principaux sont ainsi sollicités tous azimuts. À qui donner une priorité dans ces conditions ?

Depuis le dramatique et malheureux accident de Signes on parle beaucoup des maires et des élus. "Des mois d'agitation, depuis le saccage de l'Arc de Triomphe en décembre dernier", lors de la crise des "gilets jaunes", "ont fait entrer notre pays dans un cycle nocif, néfaste pour tous" s’indigne Richard Ferrand le président macroniste de l'Assemblée nationale après notamment les dégradations de permanences de députés et les violences à l'encontre d'élus municipaux survenus ces dernières semaines. Il faut les protéger !!!

"La banalisation de la violence signerait la mort de notre vie démocratique et découragerait l'engagement au service du bien public". "Ça suffit !!! Il faut un traitement de cheval. Il y a des règles, il faut les faire savoir.  On est dans le jeu ou en dehors du jeu s’offusque dans une tribune et sur les antennes radio Karl Olive, maire de Poissy en proposant «Mes remèdes au mal de maires». Un vrai poète cet homme prêt à proposer un plan de sauvegarde des maires victimes selon lui des freins imposés par le laxisme de l'autorité de l'État depuis des années. « La classe politique, sans exclusive, traîne comme un boulet le lourd fardeau de cet attentisme » avance-t-il.

Il faut faire une différence entre les maires des petites communes souvent sans étiquettes et les maires des moyennes et grandes communes souvent membres des grands partis politiques comme c’est son cas. UMP puis LR.

Les seconds ne peuvent pas se lamenter, car le plus souvent en tant que députés, sénateurs, voire ministres pour certains,  ils ont voté les différentes lois qui soi-disant les pénalisent dans l’exercice de leurs fonctions. Ils ont voté les lois qui ont réduit leurs prérogatives et les dotations. Aujourd’hui, la plupart des décideurs de LREM et de la macronie sont des élus PS et LR ayant retourné leur veste.

La métropole de Lyon qui a pris de nombreuses prérogatives sur la destinée des communes qui la composent a été élaborée et votée sous le mandat de François Hollande. Très souvent, ce sont ces mêmes élus qui siègent au sein de la Métropole et qui prennent parfois des décisions contradictoires pour leur ville.

D’autre part, à partir des villes de tailles moyennes le maire n’est pas seul au monde. Il dispose d’un certain nombre de collaborateurs et de services capables de l’aider dans sa mission.

On peut convenir qu’un maire consacre beaucoup de temps à sa commune et est mal indemnisé pour ce travail, mais pourtant nombre d’entre eux assument d’autres fonctions qui les éloignent et finalement ne sont qu’à mi-temps sur le sol de leur ville.

Je voudrais conclure sans faire offense à Monsieur Ferrand sur deux points concernant la nocivité. En premier lieu pour donner des leçons il faut être clean. Ce qu’il reste à démontrer pour ceux qui n’ont pas été convaincus par « son affaire ».  En second lieu, que ce soit dans lors des conseils municipaux ou dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le comportement de certains élus n’est pas exemplaire.

Thomas Petragallo