Leroy de Moscou.

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Vendredi 4 janvier 2019

Quand il le faut, l’Assemblée nationale sait jouer l’unité. Le 18 décembre, l’hémicycle s’est levé pour rendre hommage à l’un des siens. Maurice Leroy. Et même le Premier ministre a saisi l’occasion pour faire un bon mot « Aujourd’hui la république c’est Leroy ». Le député Leroy quitte la grande famille après 21 années de service.

« Sollicité par le maire de Moscou pour devenir directeur général adjoint du Grand Moscou chargé des grands projets internationaux, je vais mettre mon expérience du Grand Paris au service de cette belle réalisation. Un nouveau chapitre s’ouvre après 21 ans de vie parlementaire comme député de Loir-et-Cher. Un mandat que j’ai exercé avec passion au service des Loir-et-Chériens. Voici l’explication que donne le député Maurice Leroy pour expliquer sa démission.

À presque 60 ans, Maurice Leroy évoque « un désir profond de découvrir un autre horizon professionnel ». Parce que pour certain la politique est une profession, un gagne pain.

Il ajoute.« Les différentes réformes, du quinquennat au non-cumul des mandats, ont contribué à affaiblir le parlementarisme en France et à renforcer le régime présidentiel. Or, je le crois profondément, notre pays a besoin d’un équilibre entre les pouvoirs pour marcher sur ses deux jambes ».

C’est pour cette raison qu’il rejoint Serguei Sobianine, le maire de Moscou, un proche de Poutine dont tout le monde connait la conception du pouvoir. En Russie le régime est beaucoup moins présidentiel, c’est bien connu. Salaire ? 10 000 euros par mois, plus datcha de fonction, plus véhicule avec chauffeur et interprète à disposition.

Un retour aux sources du communisme pour Maurice Leroy, son ex-parti avant de rejoindre François Bayrou à l’UDF, puis l’UDI en passant par le soutien à Nicolas Sarkozy qui le nomme ministre de la ville sous le gouvernement Fillon 3.

À travers son cheminement politique, nous sentons l’homme de conviction prêt à tous les sacrifices pour le bien du peuple ou pour durer…..Un peu à l’image d’élus municipaux qui pour éviter un passage dans l’opposition et ce qui en découle se presse de changer de camp. Je me souviens l'avoir rencontré il y a quelques années à Villeurbanne. Venu vendre ses amis d'alors Michel Mercier et François Bayrou. Un beau parleur. 

En quarante années de vie politique, Maurice Leroy a quasiment tout connu. Avec la prévisible réduction du nombre de parlementaires et le changement de comportement des électeurs qui sont beaucoup plus difficile à cibler, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, un petit séjour à Moscou ne peut nuire d’autant que question retraite vu le nombre d’années de mandats il n’a pas à s’inquiéter.

Mais s’il quitte sa fonction de député, il devient néanmoins vice-président du conseil départemental, chargé du tourisme. Ce qui ne le gène pas du tout. Il promet que son job moscovite ne l’empêchera nullement d’assumer ses nouvelles responsabilités locales. « J’ai obtenu dans mon contrat de travail un aller-retour par mois, le temps d’un week-end prolongé….. ». Comme le dit le Canard, il pourra s’occuper de tourisme en ….touriste.

Il n’est pas certain cependant que le peuple finisse par apprécier le caractère possessif des politiciens.

 

Thomas Petragallo