Permis de polluer

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Encore un tour de passe-passe de notre gouvernement contrecarré par la vigilance de quelques défenseurs de l’environnement. Le gouvernement proposait un amendement remettant en cause le principe du pollueur-payeur. Cet amendement aurait permis à de nombreux pollueurs de ne pas payer de dédommagements en cas de préjudice écologique...

Dans le cadre du projet de loi biodiversité, le gouvernement a déposé un amendement qui permettrait aux industriels de ne pas avoir à payer pour les préjudices écologiques qu’ils auraient causé, si tant est qu’ils disposaient d’une autorisation légale. Un recul environnemental historique alors même que c’est la Secrétaire d’État Barbara Pompili qui est censée porter ce projet de loi.

Heureusement des socialistes (des vrais) et des défenseurs de l’environnement ont manifestés leur désapprobation contre la remise en cause d’un principe de base.

L'ex-ministre de l'Ecologie et députée PS Delphine Batho s’est élevée d’emblée en commission contre ce qu’elle a décrit comme « une régression généralisée » et d’une remise « en cause du principe pollueur-payeur ».

Outre plusieurs associations ou ONG, dont le WWF, l'ancienne ministre de l'Environnement et avocate Corinne Lepage avait dénoncé dans la journée cet amendement surprise, twittant notamment que « Total l’a rêvé, la loi le fait ! ».

« Après avoir récupéré les idées rances de l’extrême droite sur la déchéance de nationalité, après avoir détricoté le droit du travail sous prétexte de créer de l’emploi, le gouvernement s’apprête à faire payer le contribuable pour les errements des apprentis-sorciers industriels. Une hérésie alors que la France n’a jamais eu autant de ministres ‘écologistes’ au gouvernement » déclare Michèle RIVASI, eurodéputé écologiste.

« Je suis scandalisée qu’un tel amendement soit déposé par le gouvernement car cela signifie ni plus ni moins que toutes les autorisations légales données aux industriels les dédouaneront d’une quelconque responsabilité en cas de préjudice. Imaginez qu’on applique le même raisonnement au monde pharmaceutique: cela signifierait qu’une autorisation de mise sur le marché attribuée pour un médicament empêcherait les victimes d’effets secondaires d’obtenir des réparations auprès du laboratoire fautif. Et les effets secondaires de l’industrie, c’est bien la pollution ! À peine arrivée en fonction, Barbara Pompili doit avaler sa première couleuvre: un comble en tant que Secrétaire d’État en charge de la biodiversité ! Elle dit qu’elle s’y opposera, mais elle ne fera jamais le poids face à Bercy lors des arbitrages interministériels. Si cet amendement est voté, elle n’aura pas d’autre choix que de démissionner si elle veut garder un semblant de crédibilité. Ou alors elle pourra rejoindre le clan des ‘écolos zéros’, une espèce invasive dont la prolifération porte hautement préjudice à la cause écologiste " ajoute Mme Rivasi.

Devant cette mobilisation le gouvernement a fait marche arrière mardi soir en commission de l’assemblée nationale.

Nous pouvons constater qu’il y a une classe de politicien prête à renier toutes les valeurs autoproclamées pour un poste gouvernemental. Barbara Pompili, Jean-Vincent Placé en sont un exemple pour le clan des ‘écolos zéros’. Hélène Geoffroy a semble t-il rejoint le clan des ‘socialistes zéro’.

Nous aimerions que notre ami le blogueur socialiste proche de Stéphane Gomez nous donne son avis sur la situation. Trouve-t-il nos propos nauséabonds ou sont-ils l’expression d’une pensée qu’il ne peut exprimer. Qui défend les valeurs de gauche: Médiavaulx ou la section socialiste vaudaise éteinte depuis l’accession à la tête de la ville d’Hélène Geoffroy? On dirait que le pouvoir éteint les âmes et la parole. Nous avons honni le mandat Sarkozyste : le gouvernement actuel est pire encore. Comment en défendant des valeurs de gauche peut-on le soutenir?

C.A