La Métropole n’encouragerait-elle pas les décharges sauvages ?

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Dimanche 17 mai 2015

Quand un concept apparemment génial de l’avis de tous montre cependant quelques limites réglementaires.

Prenez un sujet simple et qui fonctionne plutôt bien. Par exemple les déchetteries. Ouvertes 7 jours sur 7 (même le dimanche matin), acceptant presque tous les déchets (sauf les dangereux comme l'amiante), de mieux en mieux organisées chaque année avec des types de produits triés de plus en plus précisément. C’est presque le symbole de la modernité et de la bonne idée. Une avancée pour l’environnement. Si elles n’existaient pas, il faudrait de dépêcher de les inventer.

C'est tellement bien, que souvent nous y faisons la queue et que presque tout le monde sait où se trouve celle de sa ville (voir même celle de la ville d'à côté). Prenez ensuite un gars qui doit s'ennuyer dans son bureau de la Métropole (anciennement Grand Lyon), car on l'a chargé du dossier déchetterie. Cependant tout a été fait ou presque si bien que les rouages tournent à merveille. Si bien qu’il se sent quelque peu ignoré, inutile. Alors il cherche une idée.

Il s'aperçoit que dans le règlement des déchetteries de la Métropole il est inscrit que l'on ne puisse pas déposer plus de 4 fois par mois des déchets avec un petit utilitaire ou une petite remorque. Jugulaire jugulaire, il se dit que pour la règle soit appliquée il va falloir induire de la traçabilité pour aider les employés. Alors il trouve un budget et fait équiper toutes les déchetteries de Livebox et de boitier pour relever les plaques des véhicules concernés et les transmettre en temps réel à un grand serveur métropolitain qui dès les 4 passages atteints bloquera l'accès de toutes les déchetteries de la Métropole au Vaudais (ça marche aussi pour un habitant d’une autre commune) qui venant enfin de finir de tailler sa haie ou de casser sa salle de bain décidait de faire ce cinquième et dernier foutu aller-retour à la déchetterie.

Notre technicien retourne dans son bureau l'esprit serein comme un agent heureux d’avoir œuvré pour le bien de la collectivité et qu'enfin la loi s’applique sans faille. Mais cette loi est complètement conne. Car que fait le Vaudais qui atteint dès le 5 du mois le fameux quota des 4 visites dans le mois à la déchetterie? Il dit qu'il va payer pour le 5° passage. Tant pis si cela coute un peu, c’est pour une bonne cause. Mais pas du tout, ce n’est pas possible. La loi interdit le 5° passage un point c'est tout. Pas de remorque ni de petit utilitaire plus de 4 fois par mois. Et c'est comme ça. Et donc il fait quoi? L'employé de la déchetterie a la solution: il faut tout vider dans la voiture individuelle et revenir par petit morceau tout redéposer, car en véhicule individuel pas de limite. Mais il a essayé de faire rentrer une haie dans sa punto l'agent de la métropole. Surement pas; il doit habiter à confluence....

Et en termes de pollution, d’attente à l’entrée de la déchetterie, faire 50 voyages quand il serait possible d’en faire que 5 avec une remorque.

Alors les solutions?

1° solution : Notre Vaudais file une boutanche au gars de la déchetterie. Le risque c'est le contrôle, la vidéosurveillance, le refus du gars de la déchetterie qui craint pour son job surtout qu'il parait que les
pénalités pour les plus de 4 visites sont salées... Bon on oublie.

2° solution : il rentre chez lui et stocke. Si c'est des déchets verts le mois suivant, c'est mort, il ne reste plus qu'à faire du compost (mais si c’est une haie de cyprès, ce n’est pas conseillé du tout). Si c'est des déchets de construction, tout le monde va se foutre de sa gueule. Et puis cela peut à la limite se concevoir si on est en maison individuelle. Dur dans le même mois de tailler une haie et casser une salle de bain. Donc là on oublie aussi.

3° solution : on brule tout en rentrant. Ça marche surtout pour les végétaux, car les vieilles baignoires ou les parpaings, ça brule mal. Risque 0 sauf de se faire engueuler par la voisine qui vient d'étendre
son linge.

4° solution : Notre Vaudais repart en pestant et vide tout son chargement au premier croisement. Risque 0 surtout le samedi et le dimanche, car la police municipale ne travaille pas ces jours-là. Et tranquillité maximale sauf pendant le déchargement. Avec une variante: on pose tout devant le portail de la déchetterie en pestant contre Thierry Philip le vice-président de la Métropole en charge de l'environnement. Qui lui ne doit pas tailler sa haie ni casser sa salle de bain et évacuer les gravats.... Heureusement selon l'énervement du moment et la personnalité de l'impétrant qui s'est fait virer de la déchetterie on n'a pas les mêmes choix de solutions.

Mais par contre on comprend pourquoi il y a de plus en plus de décharges sauvages partout dans Vaulx, dans les rues, sur les parkings, dans la zone maraichère,....Alors il ne nous reste plus que nos conseillers communautaires pour agir et changer cette règle idiote qui pourrit la vie des Vaudais et notre environnement. Règle qui finit par générer un coût et devenir lucrative pour les sociétés mandatées par la Métropole pour collecter les résidus des décharges sauvages.

Il ne reste plus qu’a notre génial technicien de trouver un budget pour équiper toute la ville et les zones concernées de caméra afin de relever les plaques d’immatriculation et punir les contrevenants.

C.A