L’usine Tase, un cas d’école…. Ou comment lutter contre la réécriture de l’Histoire

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Dimanche 15 septembre 2013.

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, une table ronde s’est déroulée mardi 10 septembre au sujet de la protection du patrimoine avec en introduction le cas de l’usine Tase et le cheminement qui a conduit à son inscription à l’inventaire des monuments historiques (arrêté du 25 mai 2011).

Si aujourd’hui d’une manière unanime tout le monde s’accorde à dire que l’usine Tase, par son passé et son architecture, mérite de rester dans les mémoires, elle ne doit sa sauvegarde qu’a la pugnacité d’habitants qui ont lutté parfois durement à la fois contre les institutionnels (Grand Lyon, Ville de Vaulx-en-Velin), contre les promoteurs et parfois même contre certaines personnes qui en dépit des choix des associations dont elles étaient membres se sont empressées d’agir contre les intérêts de leurs propres associations pour privilégier des intérêts personnels. Aujourd’hui pour ceux qui connaissent bien le sujet et l’historique du cheminement, il est curieux voir comment certaines personnes s’attribuent la paternité du classement de l’Usine allant jusqu'à l’exposer publiquement sans faire référence aux véritables initiateurs du projet ni à ceux qui se sont battus jusqu’au bout (notamment l’association Vaulx Carré de soie, sa présidente Joëlle Giannetti, Les Robins des Villes). La table ronde devait pourtant répondre aux questions telles que « D’où est venue l’initiative ? Quelles étaient les logiques en présence ? Quels ont été les acteurs, les étapes, les temps forts du processus de protections ? ». A aucun moment les intervenants que ce soit Jocelyne Béard Présidente de l’Association Vive la Tase, Bruno Dumetier, architecte urbaniste en chef du projet urbain ou bien le représentant du propriétaire des bâtiments n’ont fait leur mea culpa pour avoir douté de l’intérêt de la conservation des bâtiments de l’usine Tase. En effet, leur implication est arrivée bien plus tardivement, alors que les principales étapes étaient franchies par l’action des précédentes associations citées plus haut. Sans elles les traces de ce passé dont on vante l’intérêt aujourd’hui au point d'en faire l’objet d’une table ronde et de le considérer comme un cas d’école auraient été balayé sans considération aucune. Nous avons la chance d’être dans de l’histoire contemporaine ou les témoins et les documents sont là pour témoigner de manière factuelle. Puisque la démarche qui a conduit au classement de l’usine Tase est un cas d’école qui a eu des répercussions nationales, il pourrait être intéressant, pour converser la trace des tenants et des aboutissants d’en écrire l’histoire plutôt que l’évoquer avec les lacunes ou les impasses des uns ou des autres.

Quant on initie une table ronde qui se veut exhaustive il convient de ne rien dissimuler. Pour ceux qui sont intéressés par l’histoire de la Tase il existe un rapport d’étude réalisé par RUSSIAS Jean-Marie accessible par le lien  http://portaildocumentaire.citechaillot.fr/userfiles/file/russias.pdf Rapport qui malheureusement s’arrête à l’année 2009 ; mais il décrit ce qui n’a pas été évoqué par les acteurs sélectionnés pour la table ronde, en particulier le projet initial qui prévoyait la construction de 800 logements dont certains immeubles avec des hauteurs incompatibles avec la sérénité du quartier. Le projet a finalement été revu à la baisse et surtout s’intègre dans l’existant grâce à l’abnégation d’habitants qui n’ont jamais cédé à la pression des institutionnels et des promoteurs envers et contre tous.