Le Centre Aquatique : le projet à 18,3 millions d’euros

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Le vendredi 20 Septembre 2013

Vieux projet qui est dans les cartons depuis une dizaine d’années, la nouvelle piscine de Vaulx-en-Velin rebaptisée « Centre Aquatique » (cela fait mieux pour nos édiles d’inaugurer des centres aquatiques que des piscines), devait voir le jour, selon le programme de Maurice Charrier lors des dernières élections, entre 2008 et 2014. En fait de centre aquatique, les Vaudais n’ont rien. Ni nouvelle piscine, ni centre nautique. Seulement une vieille piscine des années 70. Pourquoi les Vaudais doivent-ils se contenter de leur vieille piscine ? Nous allons vous l’expliquer.

Le projet de rénovation de la piscine est en effet ancien. Porté par la précédente équipe municipale au début des années 2000, il devait être contruit dans le cadre de la rénovation du Mas. Mais celle-ci ayant pris du retard, le projet n’ayant pas avancé, les bailleurs de fonds nationaux (l’ANRU en fait), ont rayé le projet de rénovation du mas de leur liste… et la municipalité s’est alors rabattue sur le seul projet visible qu’elle était capable de mener au bout en deux ou trois ans à savoir l’agrandissement du Planétarium.

Mais au le fond de la classe, l’adjoint aux sports ne désespérait pas. Un vrai projet-phare pour satisfaire son ego, voilà ce qu’il lui fallait. Et dès 2009 il s’est lancé dans la bagarre pour créer de toutes pièces un vrai Centre Aquatique comme toutes les communes environnantes. Pas grave que les piscines améliorées soient des gouffres financiers, il fallait un projet marquant…. Et puis les Vaudais le valent bien - OURPS ! Le projet fut donc monté et présenté :

  • un bassin de natation de 25 x 15 m d'une profondeur de 1,5 m à 3,2 m
  • un bassin multifonction apprentissage et détente de 25 x 10 m d'une profondeur de 1,60 m maximum
  • un bassin de loisir avec pataugeoire pour jeux et animations ludiques d'une profondeur de 0,6 à 1,3 m
  • vestiaires collectifs pour 4 classes maxi
  • espace extérieurs de 2000 m² avec aires de jeux notamment une zone de jeux sèche avec jeux interactifs

Son budget de 17.330.000 euros TTC fut adopté en décembre 2011 et son plan de financement fut voté en même temps, à savoir (en euros HT) :

  • ANRU :                                          3.682.000 €,
  • Région :                                        4.656.215 €,
  • Département :                               1.188.054 €,
  • Vaulx-en-Velin :                              5.063.589 €.

Et le temps faisant son effet, les promoteurs du projet (M le Maire et son adjoint aux sports), probablement poussés par leurs services internes, le mouvement sportif, l’envie de faire plus grand, plus beau, plus cher, ont eu une idée d’amélioration : pourquoi ne pas en profiter pour faire un toit amovible et aménager des espaces extérieurs ? Aussitôt pensé, aussitôt fait. L’architecte sélectionné s’est vite mis au travail pour intégrer au projet initial un toit coulissant pour la modique somme de 970.000 euros TTC portant alors le projet à 18,3 millions d’euros ce qui donne pour ceux qui se rappelle des francs la modique somme de 120.000.000 de francs !

Et c’est bien cette note salée que nos élus semblent actuellement avoir bien du mal à faire passer. Ils ont donc, dès la mi-juin 2012, décidé de solliciter des subventions auprès du CNDS (Centre National pour le Développement du Sport) afin de toucher potentiellement 600.000 euros + 330.000 euros supplémentaire de l’ANRU, la part de la ville baissant alors mathématiquement de 1.000.000 d’euros (un banquier ou un gestionnaire avisé avait dû dire qu’avec le plan de financement précédent, la banqueroute de la ville risquait de se rapprocher). Le projet de solliciter des subventions a été remis sur la table du conseil municipal mi-novembre 2012. Depuis RIEN, à part un vote en juin 2013 pour augmenter la rémunération de l’architecte.

Alors que se passe-t-il ? Le projet qui a déjà plus de 3 ans n’avance plus depuis 10 mois. La ville va-t-elle toucher des subventions ? Le permis de construire va-t-il finalement être déposé un jour ? Le reste à payer pour le budget de la ville sera-t-il de 4 millions, 5 millions ou 6 millions d’euros ?

Et lorsque la construction sera achevée comment nos élus envisagent-ils de financer le fonctionnement futur estimé à plus de 1.500.000 euros par an supplémentaires à l’actuel budget ? La jurisprudence sur l’impossibilité de boucler le budget de fonctionnement de l’agrandissement du Planétarium va-t-elle porter ses fruits ? Ce qui est sûr c’est que, cette fois-ci, nos élus ne pourront pas se retourner vers les bailleurs de fonds de la construction. Ils devront trouver, seuls, dans le budget de notre commune surendettée, les 1,5 millions pour faire fonctionner la nouvelle piscine. Vont-ils tailler dans les budgets des centres sociaux, dans l’équipement des écoles primaires déjà à la traine, dans les subventions aux clubs sportifs ? Avec la baisse des dotations de l’Etat, il va falloir choisir. Restera bien une solution pour notre maire : augmenter les impôts locaux. Pour faire mieux que que le conseil général avec ses 18,5 %, il va devoir vraiment se lâcher !

ET pourtant il va falloir la démolir ou la rénover cette piscine. Finalement un projet raisonnable de deux bassins à 7 ou 8 millions s’il avait été adopté et lancé serait déjà construit. Et qui est pénalisé dans l’histoire : les enfants et le personnel de la piscine. Mesdames et Messieurs les élus, il n’y a pas de quoi être fier !