Si t’es frit, tu as le « tout compris »

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Dimanche 20 juillet 2014

L’implantation d’une antenne relais de l’opérateur mobile Free dont l’installation est en cours aux abords de la zone maraichère a du mal à être digéré par les habitants mécontents que ce projet qui est en phase finale ne puisse être reporté ou déplacé. Etre placé devant le fait accompli par la délivrance d’un permis sans information et concertation préalables laisse un goût amer dans la bouche de la vingtaine de personnes présente sur le site le jeudi 17 juillet pour manifester leur mécontentement.

Les arguments mis en avant par les riverains sont de deux ordres. Le premier sanitaire, ils s’inquiètent pour leur santé et pour celle de leurs enfants,  l’antenne étant située à moins de 100 mètres des premières habitations. Ils demandent l’application du principe de précaution alors que l’innocuité des ondes électromagnétiques est loin de faire l’unanimité dans le milieu scientifique. Le second est visuel, l'antenne en question est très visible, puisque montée, après autorisation de la mairie, sur un mât de près 25 mètres de hauteur (au bout du chemin de l’Epi et de la rue Franklin). Ils craignent que ce pylône contribue également à dévaluer leurs habitations et ils ne décolèrent pas contre l’arrangement passé entre un propriétaire de terrain et Free alors qu’un autre emplacement sans impact était prévu.

Avec l’arrivée sur le marché de Free Mobile, il fallait s’attendre à voir fleurir un peu partout en France de nouvelles antennes, l’opérateur ayant pour obligation de déployer son propre réseau après s’être appuyé un temps sur celui d’Orange. Sans parler de la 4G.

Pour Stéphane Bertin, adjoint au maire, « les autorisations ayant été données, le fournisseur d’accès mobile est dans son droit, nous faisons tout notre possible pour trouver une solution mais nous prenons le dossier dans des circonstances qui laissent très peu de marges de manœuvres. Cependant, nous ferons tout ce qu'il est possible de faire ». Nous imaginons donc mal le géant Free renoncer si facilement à son projet puisque le site d’implantation est privé et que l’installation de l’antenne remplit toutes les conditions imposées par la loi.

Comme dans beaucoup de villes de France, les habitants se mobilisent et font signer une pétition qui sera remise à Madame la Maire avec l’espoir de susciter une prise de conscience de la part de l’opérateur. C’est toujours une histoire très compliqué les installations d’antennes relais et c’est souvent par des actions en justice perdues par la ville et aux frais des contribuables Vaudais que se réglaient les projets au niveau de l’ancienne municipalité plutôt que part une véritable concertation.

Ce qui est dommage dans cette histoire d’antenne, c’est que l’autorité de la concurrence défende « le maintien du modèle de la concurrence par les infrastructures, car c'est celui qui garantit la concurrence la plus pérenne, la plus durable » justifie t’elle. Ainsi chaque opérateur de téléphonie mobile déploie ses propres équipements et ses propres antennes sur un site. Pourtant le partage des sites est encouragé par la réglementation (article D.98-6-1 du code des postes et des communications électroniques) qui demande à chaque opérateur de privilégier toute solution de partage avec un site ou un pylône existant. C’est ce qui est nommé « partage passif ».

Un modèle plus avancé de mutualisation consisterait en une mise en commun des éléments passifs mais également d’équipements électroniques actifs, à commencer par les antennes. Cependant, chaque opérateur exploite via les équipements partagés ses propres fréquences, qui ne font l’objet d’aucune mise en commun, et conserve ainsi un contrôle des fonctions logiques correspondantes.

Le partage de sites et le partage d’antennes pourraient donc permettre de réduire l’impact visuel des infrastructures déployées, même il ne réduit pas sensiblement le niveau d’exposition du public aux champs électromagnétiques, dès lors que chaque opérateur exploite ses propres fréquences.