Et Tavernes devient le centre du monde urbanistique

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Vendredi 5 septembre 2014

En perdant les élections municipales de Vaulx-en-Velin, Maurice Charrier a également perdu l’appui stratégique que constituait la ville dans le cadre de ses prérogatives concernant l’INTA (association internationale de développement urbain). Qu’à cela ne tienne ! C’est maintenant Tavernes, petite ville bien connue du Var où sa femme est devenue Mairesse en 2014, qui va accueillir les 5-6 septembre le conseil d’administration de cette organisation mondiale dont notre « pas regretté ex maire honoraire» a pris la tête en décembre 2013.

C’est sûr qu’en cette période de l’année et avec la température annoncée, il doit être plus agréable de profiter d’un climat provençal accompagné de Rosé que de s’enfermer à Vaulx-en-Velin. C’est au moins cela de gagné. Nous sommes convaincu que l’atmosphère sera studieuse avec une immanquable visite de la ville (ou plutôt Village) de Tavernes et peut-être une projection de sa transformation envisagée par la nouvelle équipe municipale pour les années à venir. D’ailleurs, le débat programmé avec les élus de la communauté de commune Provence-Verdon sur le thème « métropolisation et péri-urbanisation » risque d’être très intéressant, surtout avec l’expérience que peut apporter notre ex-édile sur ce sujet. En effet, Vaulx-en-Velin lui ayant servi de laboratoire avec les résultats que nous connaissons, il sait sans doute maintenant ce qu’il convient de faire pour éviter de reproduire le désastre qui a conduit notre ville à changer son administration.

Pourquoi ne regrettons-nous pas Maurice Charrier, qui a été pendant plus de 20 ans à la tête de Vaulx-en-Velin ? Beaucoup sont encore sous le charme de son accent méridional, de sa convivialité, de son charisme apparent. Cependant c’est un homme qui a eu dans les mains les clefs de la transformation de Vaulx-en-Velin, en termes urbanistiques mais aussi en termes d’innovation sociale, de gouvernance démocratique, de respect des hommes. Il aurait pu, avec les habitants que nous sommes, construire une ville à vivre et faire de Vaulx-en-Velin non pas une ville à part, mais une ville à part entière. Au lieu de cela le constat est alarmant et la situation qu’il a laissé peut être considérée comme critique sur bien des points. Démonstration en a été faite par Hélène Geoffroy lors d’un conseil municipal sur la condition des écoles et sur l’aspect financier. Bernard Genin a repris la tête de la ville en 2009, mais c’est toujours l’ombre de Maurice Charrier qui est restée sous-jacente, et il ne peut se dédouaner des actions réalisées pendant cette période, actions qui ne sont que la continuité des siennes. D’ailleurs ce dernier était resté Vice-Président chargé de la politique de la ville au Grand Lyon et nul doute que le schéma d’aménagement des ZACS vaudaise a été concocté sous son égide. Enfin, pendant la campagne des municipale, il a odieusement agité le spectre de l’extrême droite lors du second tour dans un courrier adressé à une partie de la population. Il a montré qu’il était toujours actif et vindicatif montrant son vrai visage.

Entre la désolation du centre commercial du Grand Vire, qui a périclité face aux constantes dégradations et au climat d’insécurité qui a vu peu à peu déménager tous les commerces jusqu'à en faire un lieu fantôme avant sa démolition et l’aménagement des nouvelles ZACS, il y avait matière et financement pour redéfinir le Vaulx-en-Velin d’aujourd’hui. Les choix qui ont été fait, et malheureusement la réalité du moment ne peut le nier, ces choix cantonnent la ville de Vaulx comme une porte de sortie du Grand Lyon pour ce qui concerne son quota de constructions en logements sociaux. Que l’on ne fasse de procès à quiconque: personne n'est contre le logement social tant qu'il ne bloque pas la vie d'une ville. Or, avec ses 58%, notre ville a un défi irréaliste à assumer, avec pour conséquence des commerces au bord du gouffre, une ville anarchique et incohérente et pire encore. Celui qui se prévaut d'une expérience urbanistique incomparable et du respect des hommes et de leurs aspirations, a, au lieu de construire une ville belle et apaisée, laissé la place au communautarisme et à la xénophobie de tous bords. C’est tout cela qui doit être repensé aujourd’hui, à un moment où les aides de l’état providence ne sont plus aussi généreuses, à un moment où les rapports sociaux n’ont jamais été aussi tendus, à un moment où les difficultés économiques rendent encore plus difficiles l’accès à l’emploi.