ROMS à Vaulx-en-Velin : tant pis pour les riverains.

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Vaulx-en-Velin le 7 juillet 2013.

Un nouveau camp de ROMS sur le quartier de la Soie et toujours des élus inactifs et inefficaces pour répondre aux problèmes d'insécurité et d'insalubrité publique des riverains. Voilà de nouveau une situation inquiétante sur le Sud de Vaulx-en-Velin et qui pose de nouveau les mêmes questions. Pourquoi Vaulx est toujours ciblé par les ROMS? Pourquoi tant de mépris pour les citoyens riverains?

Surprise pour les riverains de la rue Roger Salengro dans le sud de la ville il y a quelques jours. Eux qui pensaient que des dispositions allaient être prises afin d’évacuer le campement sauvage de ROMS, véritable bidonville où s’entasse dans des conditions d’hygiène et de vie déplorables des dizaines de familles, le ciel leur est finalement tombé sur la tête quand un second terrain propriété du conseil général a finalement été occupé par un second lot de familles tout justes expulsées de St Priest, au motif que les lieux d’hébergements d’urgence traditionnels sont saturés (voir le Progrès du jour). Le temps de lancer les procédures nécessaires à leur évacuation, il faudra compter au bas mot une bonne année avant que l’Etat n’intervienne. Cela fait plusieurs années maintenant que régulièrement des camps s’installent à Vaulx-en-Velin : en moins d’un an il y a eu successivement un campement sur la Soie à côté de l’usine Tase, puis un campement le long de l’avenue Grandclément au Pont des Planches, puis un nouveau le long du tramway à la Soie et enfin le dernier en prolongement du précédent. Avant d’être le centre commercial que nous connaissons le quartier voyait régulièrement ses friches occupées par des bidonvilles. Le silence est souvent de mise sur ces occupations et ce sont les manifestations d’exaspération des habitants se situant à proximité, les expulsions ou des drames, qui mettent la réalité sur le devant de la scène. La Ville de Vaulx-en-Velin sur le sujet cultive une vraie ambigüité : soutenant les ROMS par idéologie (les élus Front de Gauche sont les premiers à s’indigner, à écrire au Président de la République, à financer les associations de soutien au ROMS,…) elle doit aussi prendre en compte les manifestations des habitants qui sont, aussi, bien souvent ses électeurs pour finalement engager quelquefois des procédures d’expulsion. Les ROMS doivent partir mais pour aller où ? « Ce n’est pas mon problème dit le maire. C’est le problème de l’Etat, de l’Europe… ». C’est ce qui s’appelle « refiler la patate chaude ». Même lorsqu’on applique des programmes de retour volontaire ou non, les personnes reconduites dans leur pays d’origine reviennent quasi systématiquement.

Entre une législation en pleine mutation et les préconisations de l’Union Européenne, la situation s’enlise. A Lyon le préfet s’est trouvé assigné par des familles de ressortissants roumains qu'il venait de faire expulser de Villeurbanne. Motif invoqué: le représentant de l'État n'applique pas le droit européen et surtout la circulaire Valls du 26 août 2012 qui impose, en cas de démantèlement de camp, de procéder à un diagnostic social et de proposer des solutions d'hébergement et d'insertion aux populations concernées. En cas de retard, l'État est astreint à payer 75 euros par jour et par personne. Dans ces conditions et faute d’hébergements disponibles il est clair que les situations vont s’enliser. Pourtant le ministre de l’intérieur Manuels Valls durcit le ton contre les Roms. Dans un entretien au quotidien « Le Figaro » du 13 mars il estime que les Roms vivant dans les campements « ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu'ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution ». Mais l’Etat Français se fait taper sur les doigts par la communauté européenne qui tend à pousser les pays membres, dont la France, vers une volonté plus forte d’intégration de la population Roms à travers le Fonds Social Européen (FSE) et Fonds Européen de DEveloppement Régional (FEDER) plus spécialement lié à la construction de logements, fond qui va s’amplifier dans les mois à venir. Tout pousse donc vers une intégration des ressortissants roumains plutôt qu’a une incitation au retour dans leur pays d’origine. Mais les sommes considérables versées par la communauté européenne (plus de 17 milliards) sont malheureusement souvent détournées de leur objectif initial.

Il reste donc de nombreuses questions :

- Pourquoi Vaulx-en-Velin est-il particulièrement ciblé par les ROMS (bizarrement point de camp de ROMS dans certaines communes de l’Est ni jamais dans l’Ouest Lyonnais) ?

- Pourquoi les riverains des camps de ROMS à Vaulx-en-Velin n’ont pas le droit à la sécurité et à la tranquillité ?

- Pourquoi la politique actuelle d’aide, d’accueil et d’intégration des ROMS ne marche pas ?

Il est à craindre que dans les circonstances actuelles d’une ville et d’un Grand Lyon qui ne font rien pour dissuader les ROMS de venir s’installer à Vaulx-en-Velin, les choses ne durent encore longtemps.