Bungalows du Petit-Pont

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 Jeudi 14 aout 2014

 Face au mécontentement des riverains, les bungalows seront restés un peu moins de 15 jours, et ont quitté lundi matin à la première heure le terrain qu'ils occupaient au 29 rue Ernest-Renan. D’après les précisions apportées par Alain Sitbon président de la société Dom ‘ici Il y aurait eu un « malentendu » entre la municipalité et la société, car le chantier n'aurait pas du commencer aussi tôt ? Un malentendu qui aurait fait perdre 230 000 euros à la société Dom’ici.

 Beaucoup de questions restent donc en suspens dans ce qui aurait pu devenir le feuilleton de l’été. En premier lieu, Pour Alain Sitbon le terrain de la rue Ernest-Renan était destiné non pas à l’hébergement de sans abris mais à des opérations de rénovations notamment pour la mise en place d’un centre de maintenance chargé de la remise en état des installations venant d’Oullins (Pour rappel, une partie des demandeurs d'asiles Albanais vivant auparavant sous le pont Kitchener dans le 2e arrondissement de Lyon avait été installée dans des bungalows implantés par la société Dom ‘ici  sur un terrain, situé près de la future station de métro B Gare d'Oullins. Ce camp a été démantelé fin juillet). Cependant, il subsiste une ambigüité entre les propos que tient monsieur Sitbon aujourd’hui et ceux de ses collaborateurs il y a 15 jours. Ces derniers faisaient bien état de l’hébergement de familles albanaises dans les bungalows après leurs installations. D’ailleurs il est quand même étrange que pour des opérations de maintenance chacun des bungalows nécessite un raccordement eau, électricité, tout à l’égout. Bungalows qui soit dit en passant paraissaient neufs de chez neuf.

Monsieur Sitbon précise qu’il n’avait pas le droit d’implanter des hébergements sur un terrain industriel et qu’il n’avait pas mis au courant la préfecture et la municipalité de Vaulx-en-Velin sur cette intention ni de passer en force. Mais qu’en serait-il sans la réaction des habitants et le fait accompli ? Bien souvent les riverains sont réticents et la politique du fait accompli arrange bien les choses et nous nous demandons si parfois elle n’est pas volontaire.

La société Dom’ici dont le PDG est monsieur Sitbon est une société privée et non pas une association loi de 1901 à but non lucratif. En 2013, son chiffre d'affaires était de 1 211 000 Euros pour un résultat net de 117 000 Euros.

Ce dernier face à la pénurie de logement pour les sans abris et devant le cout prohibitif des hébergements d’urgence à l’Hôtel a eu l’idée de structures mobiles parfaitement équipées pour être habitées dans de bonnes conditions. elles sont louées 35 euros par personne et par jour «  Le logement, le repas et l'accompagnement social sont compris ».

Il faut dire que dés les années 2000, Alain Sitbon s’intéresse à la problématique des « mal logés » et crée en 2003 la société SG2A-L'Hacienda qui emploie 250 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 10 millions d’euros. Précurseur en la matière et longtemps leader du créneau, L'Hacienda est en charge de 200 aires réparties dans toute la France, et a été récemment rachetée par le groupe Saur, numéro 3 de l’eau en France. Le business des aires d’accueils est un sujet à part entière et assez polémique. La cours des comptes a conclut en 2012 qu’il est «nécessaire que l’Etat s’implique dans ce secteur d’activité encore inorganisé et en fort développement, qui n’est pas exempt de risques pour les finances publiques et la qualité du service rendu aux usagers » SG2A-L'Hacienda fait partie des bons élèves dans le domaine. C’est d’ailleurs SG2A-L'Hacienda qui a la charge de l’aire d’accueil de Vaulx-en-Velin qui vient d’être complètement refaite après seulement quelques années d’utilisations. voir article

Si dom ‘ici assure l’implantation et la gestion des villages mobiles, c’est une association qui assure l’accompagnement social. LAHSo (l’Association de l’Hôtel Social) pour ce qui concerne les sites de Décines et Villeurbanne. Crée à Lyon en 1968 par la ville de Lyon est une structure associative à but non lucratif : éthique et indépendante, laïque et profondément attachée au modèle d’intégration républicain, déclarée d’intérêt général. La vocation de LAHSo consiste à lutter activement contre l’exclusion avec audace et innovation en s’appuyant sur la loi. Financée conjointement par des fonds publics (État, Ville de Lyon, Conseil Général du Rhône, Conseil Régional Rhône-Alpes, CAF et subventions européennes) et des donations privées (entreprises, fondations, particuliers). LAHSo assure, au quotidien, une mission d'insertion sociale indispensable. C’est une association engagée dans de nombreux domaines qui parait très sérieuse et qui publie ses bilans d’activités. ( http://www.lahso.fr/).

Quel était le niveau de connaissance de la municipalité Vaudaise sur la démarche entreprise par la société Dom’ici. A-t-elle été placée elle aussi devant le fait accompli ? Selon une pétition lancée par les habitants,   la mairie de Vaulx-en-Velin qui, dans un premier temps niait toute connaissance de ces installations, a par la suite, avouée avoir donné l’autorisation de travaux qui devaient débuter fin août, soit quelques jours avant la réunion d'informations qui doit avoir lieu le 10 septembre ( une fois les travaux bien avancés, donc, sans aucune concertation).

Contactée la préfecture du Rhône, en charge de l'hébergement des demandeurs d'asile, précise que pour l'heure aucune famille ne sera installée sur ce terrain loué par Dom'ici. Ces bungalows seraient officiellement entreposés, indique Cécile Dindar sous-préfète, en prévision d'une possible utilisation cet hiver. On ne parle déjà plus d’opération de maintenance et le fait que les bungalows soient mis en configurations opérationnelles laissent quand même planer quelques doutes sur les intentions réelles. Il serait étonnant que la préfecture en tout état de cause et les différents interlocuteurs ne soient pas en relation avec la municipalité sur des sujets aussi impactant.