Saison culturelle 2014-2015 au 5C

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Jeudi 21 août 2014

Nous voulions laisser à la direction du centre communal culturel Charlie Chaplin la primeur de l’annonce des spectacles qui vont se succéder pour cette nouvelle saison et donner notre avis par la suite. Le Vendredi 19 septembre à 19 heures aura lieu la présentation au public. Mais, comme l’envoi du programme a été fait il y a déjà quelques semaines à l’intention des abonnés et qu’il est disponible sur le site du 5C, l’effet de surprise que nous voulions laisser aux initiateurs n’est plus d’actualité.

http://www.centrecharliechaplin.com/spectacle_la-saison-2014-2015_361.html

Cette nouvelle saison culturelle est particulière par ce qu’elle se trouve à la croisée de deux chemins. Le premier celui du changement de municipalité et le second celui d’une nouvelle direction. Pour la nouvelle municipalité et en l’occurrence l’adjointe à la culture Nadia LAKEAL , le train est pris en route et pratiquement au terminus car une saison se prépare longtemps en avance, il faut réserver les spectacles et quasiment tout était bouclé à l’heure ou les électeurs ont fait le choix de ne pas reconduire Bernard Genin à la tête de la ville. Pour la nouvelle direction, c’est la première fois qu’Elisabeth Vercherat qui a succédé à Marc Masson tient le rôle de chef d’orchestre avec une composition qui lui est propre.

Que dire de la nouvelle saison culturelle. Qu’elle se situe dans la droite ligne des précédentes (droite ligne ou gauche ligne, nous ne voudrions vexer aucune susceptibilité) et il est fort à parier que la fréquentation suivra celle des saisons précédentes (Bilan saison 2013-2014) avec deux bémols cependant. Le fait que l’offre en termes de cultures sur la région ne cesse de s’étoffer et comme la priorité culturelle dans le budget des ménages ne cesse de diminuer il n’est pas certain que la programmation Vaudaise soit au carrefour des priorités. D’autre part, cette programmation n’est pas ou prou adaptée au contexte sociologique Vaudais. Vaulx-en-Velin est populaire, la plus-part des spectacles élitistes. Il s’en trouve une contradiction jusqu'à présent compensée par la venue de spectateurs extérieurs à notre ville. Mais cette source, pour les raisons évoquées ci-dessus à tendance à se tarir. D’autant qu’un spectacle majeur, comme celui donné par la compagnie käfig est passé à deux reprises à la maison de la danse en 2010 et 2011. Le fait que le spectateur ne vient pas ne veut pas dire que le programme offert est mauvais. Mais le taux de fréquentation est, à tord peut être, l’étalon pour mesurer si le bilan de la saison est une réussite ou non. Nous nous garderons bien de porter un jugement les spectacles eux-memes, il y a tellement de critiques pour le faire et qui en ont fait leur métier. L’art est tellement impalpable. Nous regrettons que le contemporain prenne le pas sur le classique, à trop vouloir dématérialiser, il n’y a plus de matière et ce n’est pas Juliette qui nous contredira. Le spectacle ne doit pas rester insondable, bien sur il doit mener à la réflexion mais éviter quand même d’être impalpable au commun des mortels que nous sommes. Nous regrettons aussi la non présence d’un humoriste. Dans la période que nous traversons un peu de dérision ce peu nuire à la santé.

Le festival A Vaulx Jazz reste et restera la pépite qui tire la fréquentation du centre culturel vers le haut. Il attire un public capable de venir de valence, voir même de l’étranger pour assister à des représentations. Mais attention, si il n’est pas encore question de rechercher un nouveau souffle, le succès peut s’estomper rapidement car le noyau dur de la fréquentation du festival vieilli et il faut penser à le renouveler.      

La culture pour nous, revêt un aspect particulier. Nous ne pleurerons jamais pour dire que le budget de la culture est trop important, qu’il faut le réduire. Nous avons simplement conscience qu’avec les moyens que peut consacrer la ville dans ce domaine il convient de trouver les clés pour une ouverture au plus grand nombre tout en préservant quelques spectacles un peu élitistes. C'est un challenge, c'est vrai, mais c'est ainsi que le vent finira par souffler dans les voiles.  La culture est une nécessité, un impératif et doit contribuer à la réalisation de chacun d’entre nous. Elle doit donner l’envie de s’ouvrir à l’autre, de dépasser les frontières, d’apprendre à aimer, à comprendre et ne pas se solder par qu’est ce que c’est ce machin rebutant. C’est cela le défi des années à venir. Il va sans doute être nécessaire d’induire une rupture avec ce qui est bon dans les milieux autorisés, sans doute moins se faire plaisir pour penser Vaudais.

Un jour, il faudra également penser à faire un point sur les compagnies en résidence et ce qu’elle apporte réellement. Est-ce une manière pour une ville de faire du mécénat ou bien cela favorise t’il la sortie du nid après une période de tranquillité relative de créativité.