Le calme semble revenu.

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Vendredi 17 juillet 2015

Cette nuit a été plus calme comparée au week-end du 14 juillet. Pas d’hélicoptère qui survolait la ville jusqu'à deux heures du matin empêchant les habitants enfermés dans des habitations surchauffées par la canicule de laisser les fenêtres ouvertes  afin de faire entrer un peu de fraicheur et pouvoir ainsi trouver le sommeil. Plus calme, ne veut pas dire sans incident, à notre connaissance il y a eu au moins un véhicule incendié sinon deux mercredi dernier . Se profile d’ici le week-end une autre fête, l’Aïd-el-fitr qui marque la clôture du jeune du ramadan, espérons que ce ne sera pas  encore une occasion pour des fauteurs de troubles de perturber la célébration d’un jour de fraternité. Nous ne sommes pas la seule ville touchée par des exactions, mais trop souvent les médias nous accordent la primeur des titres. 

Aujourd’hui  l’important ce n’est pas de savoir s’il y en a eu un nombre plus conséquent  de voitures brulées  que d’habitude, que ce soit 50 ou 150 cela ne change rien au problème,    mais de faire en sorte que cela cesse. Les politiques ont beau s’indigner, mais nous avons le sentiment que ce n’est qu’un acte de compatissance qui se perpétue chaque année et perd de sa crédibilité. Devant la désolation des évènements, il faut bien dire quelque chose, faire acte de présence. Un service minimum en sorte.  Tous les habitants se trouvent indignés et exaspérés par ces débordements à répétitions. Des individus, souvent des mineurs, commettent des actes de vandalisme et mettre en danger la sécurité des biens et des personnes. Même les pompiers et les forces de l’ordre qui interviennent sont pris à partie quand la provocation n’est pas le but recherché. En agissant de la sorte, ces individus salissent l’image de la ville,  leur ville.

Le désœuvrement ne peut être une excuse et est un résumé un peu simpliste  pour expliquer les faits. La majorité des jeunes a un comportement responsable malgré des conditions de vie pas toujours faciles. Ces mêmes jeunes sont les premiers à  pâtir de cette situation, car l’amalgame est trop rapidement fait. Nous attendons de nos politiques du courage et de la volonté. Trop souvent la seule réponse apportée consiste à demander aux forces de l’ordre de faire preuve de discernement. Ne pas provoquer de vagues quitte à laisser faire afin que la situation ne conduise pas à des émeutes telles que nous avons connu dans les années 1990. La peur de l’embrassement et le fait que les incidents soient périodiques provoquent le réflexe conditionné de « houlala  attention de ne pas aggraver la situation ».  Le fait que la justice n’apporte pas aujourd’hui  les réponses appropriées et se débatte dans des contradictions stériles n'est  pas rassurant. Il est souvent question de problèmes financiers qui sont un frein à la réflexion et à l’apport de solutions.  Nous ne pouvons pas rester continuellement dans l’expectative.   

La ville a toujours fait de son mieux pour répondre aux besoins des jeunes, notamment à travers sa politique sportive et culturelle. Mais il y a un noyau de quelques dizaines d’individus qui se sont mis en marge de la société pour des raisons que les sociologues et journalistes spécialisés vous expliqueront mieux que nous pourrions le faire. Des raisons qui conduisent souvent à la haine de notre pays et de ses institutions. C’est dans ce terreau  qu’aujourd’hui des personnes mal intentionnées ou guidées par une idéologie putride conditionnent les âmes avec les conséquences que nous découvrons de jour en jour. Nous avons l’intime conviction que ne pas prendre dès aujourd’hui ces avertissements à  bras le corps,  c’est s’exposer à des lendemains douloureux, attiser le rejet et les amalgames et faire le nid des extrémismes. Il faut avoir à l’esprit que ce n’est pas seulement notre ville qui est confrontée aux incivilités, tout autour de nous et dans la France entière se joue la même rengaine. A Villeurbanne, le maire en tentant de calmer les esprits n’a essuyé qu’insultes et quolibets, mais n’a pas souhaité porter plainte. Il donne ainsi le mauvais exemple.  

Notre municipalité a donné à l’éducation la priorité de son mandat. L’école et le savoir sont la base du développement individuel. Si construire des murs ou les rénover est une nécessité pour répondre à la croissance Vaudaise l’important c’est ce qui se passe entre ces murs et en dehors des murs en termes d’instruction. La république se veut égalitaire, mais dans les faits elle ne l’est pas du fait d’une conjoncture difficile et d’une situation sociale défavorable. C’est donc aux villes de combler ces lacunes. En disant cela, nous donnons l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais c’est pourtant la réalité de terrain. La démarche à entreprendre ne peut être que de proximité et impliquer en premier lieu la responsabilité des parents. Au plus tôt dans le cycle de vie de l’apprentissage les efforts seront concentrés pour pallier aux défaillances moins par la suite il sera nécessaire d’investir dans des scénarios le plus souvent voués à l’échec. Seulement il y a quelque chose de paradoxal. Tous nos élus s’accordent à dire qu’il est important de faire des actions préventives, notamment quand on est de gauche. Nous nous serions attendus à trouver des structures dédiées à cet effet, des médiateurs confirmés capables de déterminer quels sont les points de blocage avec un adolescent et le conduire vers les bons circuits. Mais non, surprise, nous avons quelques médiateurs qui ne dépendent pas de la ville, cependant il n’est pas certain que ce soit à la mesure des enjeux. Qu’en pense Christine Jacob notre élue Conseillère municipale déléguée à la Jeunesse. Il semble qu’il y a beaucoup trop d’élus qui se cantonnent à un rôle de plantes vertes.

C.A