Comment faire du vieux avec du neuf.

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Lundi 20 juillet 2015

C’est le rêve de tout brocanteur un peu indélicat : transformer un objet contemporain en une antiquité. En général,  en matière de logements c’est l’inverse. On cherche plutôt à travers les programmes de rénovations urbaines à transformer les quartiers « un peu beaucoup » défraichis en quartiers redynamisés. Prenons la ZAC de la Grappinière par exemple. Tous ceux qui connaissent ce secteur de Vaulx-en-Velin et particulièrement son centre commercial doivent estimer nécessaire de s’attacher à lui donner un autre aspect. D’ailleurs, concernant le centre commercial proprement cela fait au moins deux décennies que le projet est dans les cartons. 

 

 « L’objectif du projet de rénovation  est de rendre le quartier plus attractif et plus convivial » peut-on lire. Seulement voilà, pour répondre à cet objectif il faut donner envie à des habitants de venir s’installer dans les nouveaux  bâtiments et surtout qu’ils ne se sauvent pas au bout de quelques mois.

Prenons un beau bâtiment (la notion de beau est relative et personnelle). Celui-ci construit pour le compte pour le compte de Foncière logement (AFL), est un programme de logements collectifs et intermédiaires - BBC (Bâtiment Basse Consommation) pour une SHON d'environ 4 750 m², soit environ une soixantaine de logements, situés ZAC de la Grappinière, avenue Jean Moulin et rue du général Ch. Delestraint à Vaulx-en-Velin (69).

Au premier abord,  l’ensemble parait séduisant et malgré la connotation négative du quartier, il  devrait trouver des locataires. Question places de parking et côté renforcement du «caractère vert de l’ensemble » nous pourrions dire qu’il y a quand même un certain manque, mais apparemment la ZAC est un projet global  et pour l’instant ce sont les espaces publics et la voirie qui constituent la priorité. Enfin, priorité relative quand même, car pour les espaces déjà créés, nous ne pouvons pas dire que l’attention est probante de la part de la ville. Ce n’est pas un terrain de jeu qu’ont les enfants pour jouer au ballon, mais un pré d’herbe à vaches où l’on aurait oublié de mettre les vaches à brouter.

En s’approchant des bâtiments dont certains appartements semblent déjà occupés, nous constatons que l’entretien laisse à désirer. Il y a même de l’ambroisie en abondance qui ne demande qu’a entrer dans l’allée. Déjà aussi mal entretenu pour du neuf qu'est à dire  ? 

Mais quelques détails ont attiré notre attention. Il semble que l’esplanade en stabilisé qui se trouve devant l’immeuble a suscité l’intérêt de quelques squatteurs. Les traces de certains excès de  convivialité laissent supposer que cette place est animée et vu le nombre de locataires c’est un peu tôt pour estimer que dû à une fête entre voisins. Curieux Médiavaulx  a  voulu en savoir un peu plus, et en fin de journée un jour de semaine nous nous sommes rendus sur les lieux.

Et là, que dire ? Que ceux qui ont pensé les espaces autour du bâtiment doivent habiter des quartiers qui ne connaissent pas la notion de nuisance et d’incivilité. En peu de temps la place est devenue un lieu de rassemblement pour les jeunes des environs. Jeudi dernier c’est une dizaine de voitures et une trentaine de personnes qui squattaient les lieux allant même jusqu'à installer une piscine gonflable et barboter dans l’eau pour se rafraichir.  Trop cool quand même…mais pas pour les habitants présents qui doivent se demander ou ils ont atterri et surtout pour ceux désireux de venir s’installer. Dans de telles conditions, parions que vous déménageriez au bout de quelques mois quand vous vous êtes installé et surtout le bailleur risque d’avoir du mal à trouver des locataires, car au niveau tranquillité publique pas certain que cela plaise beaucoup !

Il est urgent que le conseil de quartier de la Grappinière et son adjoint demandent aux concepteurs de revoir l’aménagement de la place devant l’AFL.  Il faut dire que c’est une ineptie d’avoir défini une telle configuration. Peut-être a-t-elle été pensée par souci d’économie, il faut toujours faire simple pour les Vaudais et pour le personnel municipal chargé de la voirie,   mais en attendant, elle ne répond pas aux critères permettant de garantir un certain niveau de tranquillité publique. Même en mettant des blocs de pierres sur palette. 

Si la municipalité souhaite que la mutation de la Grappinière se traduise par une réelle évolution il va falloir qu’elle s’attache à définir les conditions pour l’obtenir sous risque de rapidement faire du vieux avec du neuf. Madame la Députée-maire a réaffirmé sa « priorité affichée » « La communication faite par la députée-maire devant le conseil municipal, le 2 juillet, a montré sa détermination à faire en sorte que Vaulx-en-Velin ne soit plus une zone de non-droit. Un travail qui s’appuie sur une “étroite collaboration avec les services de l’État afin d’améliorer la tranquillité́ publique et diminuer les incivilités ”.

Pour l’instant Hélène Geoffroy nous montre qu’elle est très forte pour les discours ; il est vrai que le Bla Bla est  la partie la plus facile à mettre en œuvre. Ça fait toujours plaisir à entendre et cela n’engage que ceux qui la croient. « Il faut que tout change pour que rien ne change, refrain bien connu». C’est bien d’avoir réactivé le conseil local de sécurité́ et de prévention de la délinquance (CLSPD) en juillet de l’année dernière, mais c’est le terrain qui démontre si les objectifs sont atteints ou non. Il est clair que la méthode qui consiste à créer des commissions ou des plans permet d’élargir le cadre de la communication, mais nous savons pertinemment que cela produit rarement des résultats. Un exemple, la municipalité a souligné sa volonté de verbaliser en cas de stationnement gênant des voitures. Rappel fait par Hélène Geoffroy le 2 juillet lors du conseil municipal. Seulement voilà,  les consignes n’ont pas encore dû être données pour que ce soit effectif, car lorsque l’on circule dans la ville nous ne pouvons que constater que c’est une volonté qui est encore au point mort. C’est bien de le claironner, de l’écrire dans le journal municipal, mais si cela n’est pas suivi d’effet la municipalité perd toute crédibilité. Il y a donc la un vrai challenge pour nos élus et leur volonté d'apporter du changement.  

Le problème du politique n’est-il pas au fond de communiquer sur sa détermination puis en finalité ne rien faire pour ne pas faire de vagues, car le souci de l’embrassement est constant dans une ville comme la nôtre et d’autre part, il est nécessaire de ne pas brusquer l’électorat potentiel…. Trop fort ces politiciens !  Espérons qu'avec Hélène Geoffroy nous n'avons pas décrocher le haut de gamme.  16 mois c'est le temps de la gestation, aujourd'hui on peut considérer que le bébé vient de naître et qu'il est temps de lui donner le biberon.

V.L