Quelles seront les limites ?

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 Mardi 1er décembre 2015.

Il est toujours appréciable de faire partager à ses aficionados certaines situations sous le trait de l’humour. Philippe Zittoun se serait fait une petite frayeur dimanche matin au marché du village et le fait savoir.  Quelques dizaines de minutes avant qu’il n’arrive,  une berline noire circulant aux abords de la place Gilbert-Boissier avec à son bord deux individus d’aspect douteux puisque le visage camouflé   semblaient chercher quelqu’un. Nous espérons que ce n’est pas la lutte que se livrent les clans PS et PC pour le monopole des panneaux d’affichage qui serait monté d’un cran. Parce que de ce côté-là c’est plutôt l’effervescence. La querelle s’exporte sur les réseaux sociaux jusqu'à s’étendre sur la qualité du papier utilisé pour les affiches (Grand Luxe pour le PS et papier cigarette pour le PC). Un peu comme pour les casse-croutes de la COP21. Trois étoiles Michelin pour les uns et plateaux-repas  pour les autres.

Selon des témoins, une arme aurait été visible par la portière, Philipe Zittoun plus précis cite une kalachnikov. Des forains leur ont alors demandé de partir, mais ont été menacés en retour par cette même arme. Fort heureusement le véhicule a quitté la scène sans que la situation ne s’envenime dramatiquement. Une enquête est en cours, espérons que témoins et caméras de sécurité auront au moins relevés quelques indices pour aider les forces de l’ordre.

Avant que cet incident ne rentre dans la rubrique des faits divers,  il n’est pas sans nous poser quelques interrogations. Non-monsieur Macron, ce n’est pas la faute de la société si elle devient violente, mais la faute de ceux qui se sont partagé le pouvoir ces 30 dernières années et qui en ont établi les règles et fixé des lois qu’ils n’ont jamais fait appliquer. Nous citoyens, nous subissons et ce n’est pas une question de choix puisqu’ aucun parti politique ne respecte les engagements pour lesquels il a été élu une fois au pouvoir. Monsieur Zittoun qui fait un clin d’œil au potentiel manque de sécurité devrait indéniablement le savoir.

Il y a encore quelques années, jamais nous n’aurions vu une expédition punitive se dérouler en plein jour à la vue de tous dans un lieu fréquenté. Faire de la surenchère sécuritaire n’est pas la solution, car ce n’est qu’une réponse provisoire. Il y a un énorme travail de fond à entreprendre, un territoire à reconquérir. Ce n’est pas que l’apartheid social, c’est aussi par certains côtés le règne du non-droit.  C’est loin d’être le signe d’une société qui se porte bien. Et pendant ce temps,  pour compenser les impérities de nos dirigeants dans ce domaine, droite et gauche réunie dans une même logorrhée, nous augmentons les effectifs policiers (10 policiers municipaux supplémentaires sur le mandat à Vaulx-en-Velin, sans compter la modernisation de la vidéo surveillance). Nous ne pouvons continuer sur  un chemin qui consiste à bouger un curseur sur plus de sécuritaire et reste contre-productif.

Comme les budgets ne sont pas extensibles, c’est le système des vases communicants. On déshabille Pierre pour habiller Paul. Par exemple, au niveau national, notre service de santé reconnu comme étant un des plus performants au monde continu de se dégrader. Faute de rénovation, les locaux deviennent vétustes, le personnel se réduit, les rendez-vous sont plus longs à obtenir. Une médecine à deux vitesses s’installe. C’est la même chose au niveau scolaire.

Après cela on s’étonne que les citoyens soient excédés, ne répondent plus aux sollicitations des politiques, ne s’engagent pas dans les conseils de quartier et s’éloignent de toutes considérations civiques.        

 C.A